Avocat en sanctions OFAC : blocage, licences et radiation
Un dossier de sanctions OFAC doit d’abord être qualifié : inscription d’une personne sur une liste, blocage d’un bien, opération interdite ou simple correspondance de nom. L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), qui relève du département du Trésor des États-Unis, traite les demandes de licences et de réexamen administratif ; certaines décisions d’agence peuvent ensuite faire l’objet d’un contrôle judiciaire. Une licence ou une radiation n’est jamais automatique : la voie appropriée dépend du fondement juridique, des parties, des biens concernés et du lien avec la juridiction américaine.
Avant de demander la libération des fonds, établissez le lien avec les États-Unis et l’interdiction précise
Un paiement passant par une banque correspondante américaine, des biens détenus sur un compte aux États-Unis, la participation d’une personne américaine à une opération étrangère ou les services d’une société américaine peuvent créer un lien juridiquement pertinent avec les États-Unis. À l’inverse, le fait que deux sociétés étrangères contractent hors des États-Unis n’écarte pas, à lui seul, les risques de sanctions : certains programmes prévoient des sanctions secondaires ou d’autres règles visant des acteurs étrangers. Mais un paiement en dollars ne prouve pas davantage que les fonds ont été bloqués au titre des règles OFAC. Reconstituez le circuit du paiement, la juridiction de chaque intermédiaire, l’identité de tous les participants et le programme de sanctions applicable.
Partez du message effectivement reçu. La banque a-t-elle lancé un contrôle interne de conformité, bloqué officiellement un bien, refusé d’exécuter un paiement ou signalé une entrée dans la Specially Designated Nationals and Blocked Persons List (liste SDN) ? Demandez le fondement juridique invoqué et vérifiez si la banque a déclaré l’opération à l’OFAC. Si elle ne communique pas tous les éléments, consignez uniquement les faits établis : son silence ne prouve pas qu’une personne est personnellement sanctionnée. Les interdictions et autorisations varient selon les programmes ; il faut donc vérifier les textes, décrets et licences générales en vigueur à la date de l’opération envisagée.
Classificateur de l’événement : voie initiale, autorité, pièces et limite
| Événement | Voie initiale et autorité compétente | Pièces utiles | Limite importante |
|---|---|---|---|
| Simple correspondance possible de nom ou de pseudonyme | L’équipe sanctions de la banque vérifie l’identité selon la FAQ 5 de l’OFAC ; pour une question de liste, contacter si nécessaire le service de conformité de l’OFAC | Entrée complète de la liste, pièces d’identité, date de naissance ou d’immatriculation, adresse, pseudonymes et tableau comparatif | Un résultat de recherche automatisé ne vaut pas inscription ; on ne demande pas la radiation d’une autre personne |
| Fonds ou biens formellement bloqués | Le détenteur respecte le blocage ; la division des licences de l’OFAC examine la demande de licence spécifique selon 31 CFR § 501.801 | Avis reçu, valeur et emplacement du bien, détenteur, messages de paiement, intérêts de propriété et références ORS disponibles | L’OFAC ne détient pas matériellement les fonds ; la banque ne peut les libérer sur la seule demande du client |
| Bien bloqué et déclaré par erreur d’identité ou erreur typographique | La personne qui a bloqué le bien et l’a déclaré peut demander une libération pour erreur selon § 501.806 | Déclaration initiale, justificatifs d’identité, description de l’opération et preuve documentée de l’erreur | Cette procédure étroite ne remplace pas le réexamen d’une désignation valable |
| Personne, société ou bien réellement soumis aux sanctions OFAC | Demande de réexamen administratif et de radiation selon § 501.807 ; identifier l’agence d’origine si ce n’est pas l’OFAC | Entrée exacte, codes de programme, critères de désignation, chronologie, preuves contraires et mandat du représentant | Chaque fondement distinct doit être contesté ; le dépôt ne suspend pas les interdictions |
| Opération interdite sans intérêt patrimonial bloqué | Refuser ou interrompre l’opération comme l’exige le programme ; vérifier les exceptions et licences OFAC pertinentes | Objet du paiement, parties, pays, services, avis de rejet et licence générale éventuellement applicable | Le rejet n’équivaut ni à une confiscation ni à un gel ; une déclaration peut néanmoins être requise |
| Alerte provenant d’une autre liste ou d’une règle interne bancaire | Identifier l’agence ou l’établissement responsable et suivre sa procédure, plutôt que demander une radiation OFAC | Source exacte de l’alerte, explication de la banque et identifiant utilisé | Les sanctions du Royaume-Uni ou de l’UE, les restrictions à l’exportation du Commerce et les politiques privées ne sont pas des désignations OFAC |
Ce tableau aide à choisir la voie d’analyse ; il n’autorise pas à exécuter une opération douteuse pendant la vérification. Suspendez toute action susceptible d’être interdite, conservez les documents originaux et consultez un avocat qualifié en sanctions américaines lorsque l’obligation de blocage est incertaine. Une conclusion utile identifie l’interdiction exacte et la personne chargée de l’appliquer, au lieu de parler simplement d’un « problème de sanctions ».
Une alerte de filtrage ne prouve pas qu’une personne est sanctionnée
L’outil de recherche de l’OFAC utilise une correspondance approximative : une orthographe proche, une translittération ou un pseudonyme peuvent produire une alerte alors que les personnes sont différentes. La FAQ 5 recommande de comparer l’entrée réelle avec les données disponibles : date de naissance, nationalité, numéros d’identification, adresse et registre des sociétés. La question pertinente n’est pas de savoir si un logiciel a trouvé une chaîne de caractères similaire, mais si la contrepartie est bien la personne inscrite, une société bloquée par ses propriétaires ou une cible d’une autre interdiction.
Une note d’analyse d’identité devrait conserver la version de la liste consultée, la date, la correspondance possible, les documents distinctifs et les motifs de clôture ou d’escalade de l’alerte. La banque reste responsable de ses obligations réglementaires et de ses propres contrôles de risque. Si un client non inscrit a été confondu avec une personne SDN, demandez un examen documenté à l’équipe sanctions de la banque et, si nécessaire, utilisez le canal de conformité de l’OFAC. Demander la radiation d’une personne qui n’a jamais figuré sur la liste est une mauvaise procédure.
La règle des 50 % de l’OFAC modifie l’analyse de la propriété
Selon les indications publiées par l’OFAC, une entité est considérée comme bloquée lorsqu’une ou plusieurs personnes bloquées détiennent, directement ou par l’intermédiaire d’entités admissibles, au moins 50 % de son capital au total, même si le nom de l’entité ne figure pas sur la liste SDN. Deux participations distinctes de 25 % détenues par des personnes bloquées peuvent donc atteindre le seuil. Les participations de personnes bloquées au titre de différents programmes OFAC sont additionnées. Il faut établir un organigramme de propriété daté et documenté, et non seulement produire une attestation selon laquelle aucun actionnaire ne détient individuellement la moitié des parts.
La propriété et le contrôle ne sont pas synonymes. La FAQ 398 indique qu’un contrôle sans le seuil de propriété requis ne déclenche pas automatiquement le blocage au titre de cette règle précise. Une entité contrôlée peut toutefois être désignée séparément, et d’autres interdictions peuvent s’appliquer aux opérations la concernant. La propriété indirecte doit être suivie à travers la chaîne conformément à la FAQ 401. Rapprochez les registres d’actionnaires, les actions, les accords de prête-nom, les bénéficiaires effectifs et les dates des changements ; une déclaration non étayée sur le propriétaire réel ne suffit pas.
Une modification ultérieure des participations exige une seconde analyse. Selon la FAQ 402, une cession admissible réalisée entièrement hors de la juridiction américaine et sans participation de personnes américaines peut mettre fin au blocage automatique des opérations futures si la part cumulée détenue par les personnes bloquées tombe sous 50 %. Toutefois, les biens correctement bloqués auparavant ne deviennent pas librement disponibles : l’OFAC ne reconnaît pas les transferts ultérieurs non autorisés de ces biens. Une restructuration de façade peut elle-même créer des risques. Il faut distinguer le statut futur de l’entité, les actifs déjà gelés et la nécessité d’une autorisation ; ce guide ne propose aucune méthode de contournement des sanctions.
Un bien bloqué est gelé, non confisqué : obligations du détenteur
Le blocage interdit généralement les opérations sur les biens ou intérêts patrimoniaux d’une personne bloquée lorsqu’ils relèvent de la juridiction américaine ou sont en possession ou sous le contrôle d’une personne américaine. Le titre de propriété reste en principe au propriétaire ; l’OFAC ne saisit pas physiquement et ne conserve pas le solde bancaire du client. Une institution financière américaine place normalement les fonds bloqués sur un compte distinct portant intérêts et peut utiliser un compte collectif si chaque actif est enregistré de manière vérifiable. Ces effets diffèrent d’une confiscation pénale, de l’exécution d’un jugement civil ou d’une retenue décidée par la banque en vertu de son contrat.
Selon les FAQ de l’OFAC mises à jour le 26 octobre 2026, les déclarations de biens bloqués et d’opérations rejetées doivent généralement être transmises par l’OFAC Reporting System (ORS) dans les 10 jours ouvrables suivant le blocage ou le rejet, conformément à 31 CFR §§ 501.603 et 501.604. Une personne américaine détenant des biens bloqués au 30 juin doit normalement déposer le rapport annuel sur les biens bloqués au plus tard le 30 septembre de la même année. Il s’agit des obligations déclaratives du détenteur soumis aux règles, et non d’un délai de dix jours accordé au client pour obtenir la restitution. Il convient d’identifier qui a déposé le rapport et d’obtenir les références ORS disponibles.
Si une banque rejette un virement parce que la destination ou le service est interdit, sans intérêt patrimonial bloquable, elle n’a pas nécessairement gelé les biens de l’expéditeur. Une question posée à la banque n’est pas toujours un ordre de paiement exécuté. La FAQ 53 distingue une simple demande concernant une opération envisagée d’une instruction qui déclenche effectivement le blocage ou le rejet. Le refus d’un seul paiement ne prouve donc pas qu’un compte entier est bloqué.
Licences : vérifier d’abord une autorisation existante
Une licence générale est une autorisation publiée couvrant une catégorie définie d’activités si ses conditions sont respectées. Elle s’applique directement, sans lettre individuelle de l’OFAC. Une licence spécifique est délivrée par l’OFAC à des personnes ou opérations déterminées après examen d’une demande. Avant de déposer un dossier, vérifiez les exemptions, licences générales, modifications, dates d’expiration ou dispositions de clôture progressive, restrictions propres au programme et obligations déclaratives. Selon le § 501.801, la politique de l’OFAC est de ne pas accorder une licence spécifique pour une opération déjà couverte par une licence générale.
Si aucune exemption ou licence générale ne convient, une personne intéressée à l’opération peut déposer une demande électronique au titre du § 501.801. Le dossier doit identifier toutes les parties et banques, les intérêts de propriété, la localisation et la nature des biens, décrire précisément l’activité demandée et expliquer son rapport avec chaque interdiction applicable. Pour des fonds bloqués, exposez les mesures prises par le détenteur et joignez les documents de transfert et les références ORS si elles existent. La demande en cours ne vaut pas autorisation d’exécuter l’opération ; l’OFAC peut demander d’autres pièces ou assortir la licence de conditions étroites.
Le refus d’une licence spécifique n’est pas le refus d’une radiation. Le § 501.801(b)(5) permet une nouvelle demande ou un réexamen du refus sur la base de faits nouveaux ou d’un changement de circonstances ; la FAQ 76 explique qu’une nouvelle demande doit faire référence au refus antérieur. Aucun délai d’approbation ni résultat positif n’est garanti. Même après délivrance, la banque peut exiger la licence, les pièces d’identité et l’achèvement de ses propres contrôles avant d’exécuter l’opération.
Quand la procédure de libération pour erreur du § 501.806 est préférable à une licence
Le § 501.806 prévoit une procédure administrative spécifique pour un bien bloqué et déclaré par erreur en raison d’une confusion d’identité, d’une faute de frappe ou d’une erreur similaire. La personne qui a bloqué le bien et l’a déclaré à l’OFAC peut demander une « compliance release » en utilisant l’objet d’e-mail prescrit et les justificatifs pertinents. Le dossier devrait identifier le détenteur, la date du blocage, la valeur, les références ORS initiales si elles sont connues, les pièces d’identité, l’opération et les raisons documentées de l’erreur. L’OFAC décide s’il convient d’ordonner la libération. Cette voie ne permet pas d’annuler une désignation SDN valable et ne remplace pas une licence spécifique autorisant une opération autrement interdite.
La radiation exige des preuves répondant à chaque motif de désignation
Lorsqu’une personne ou un bien est réellement sanctionné, le § 501.807 permet de demander un réexamen administratif. Le portail actuel de l’OFAC distingue deux arguments : le fondement initial de la sanction était insuffisant dès l’origine, ou des circonstances importantes ont changé de sorte que les critères de désignation ne s’appliquent plus. Ce sont deux questions factuelles différentes. Une démission antérieure à la désignation peut étayer l’absence de fondement initial ; un changement réel d’activité après l’inscription peut étayer le changement de circonstances. Une simple promesse de réforme future ne remplace pas la preuve d’un changement pertinent.
La demande doit identifier l’entrée exacte, les codes du programme, la date de désignation, chaque loi ou décret applicable et chacun des critères distincts invoqués. Réunissez les registres sociaux, les dates vérifiables, les documents financiers et opérationnels, l’historique des relations et les éléments qui répondent aux allégations de l’administration. L’OFAC demande des données d’identification et, si un représentant intervient, la preuve de son mandat. Le demandeur peut solliciter les éléments probatoires non classifiés et non protégés par un privilège au moyen de la procédure de « courtesy document » ; des occultations peuvent subsister. Une demande au titre du Freedom of Information Act (FOIA) est une voie distincte d’accès aux documents, non un droit automatique à toutes les pièces classifiées.
L’OFAC indique qu’il s’efforce d’effectuer le contrôle initial de complétude d’une demande dans un délai de 7 à 10 jours ouvrables. Il s’agit d’un objectif administratif, non d’un délai obligatoire pour la décision finale de radiation. Le réexamen au fond peut être long, impliquer des questionnaires et une coordination entre agences, sans date d’achèvement promise. Les difficultés financières ne suffisent pas à obtenir une radiation. Pendant l’examen, les interdictions restent applicables ; il faut également vérifier si les services juridiques et leur paiement sont autorisés par le programme concerné.
Le portail officiel précise aussi que tous les fondements juridiques ou critères qui maintiennent l’inscription doivent être traités. Certaines entrées affichées sur une liste administrée par l’OFAC résultent d’une décision du département d’État. Il faut alors identifier l’agence à l’origine de la désignation et les pouvoirs de l’autorité qui statue sur la demande de retrait, plutôt que de supposer que l’OFAC décide seul de toute désignation et de tout réexamen.
Quel rôle pour le tribunal fédéral, et quelles limites résultent des précédents ?
Les demandes de licence et de réexamen administratif relèvent d’abord de l’OFAC selon les règles applicables ; elles ne sont pas introduites en première instance devant un juge. Une contestation judiciaire d’une décision administrative finale peut être envisagée au titre de l’Administrative Procedure Act, 5 U.S.C. §§ 701–706, ou d’un autre fondement applicable, selon la désignation, le programme, le dossier, le recours disponible et la compétence. Le tribunal fédéral de district compétent, la qualité pour agir, le caractère définitif de la décision, l’épuisement des voies administratives et les délais doivent être examinés au cas par cas. Un juge fédéral ne délivre pas automatiquement une licence commerciale et ne remplace pas l’appréciation de politique publique de l’OFAC par la sienne.
Dans Fares v. Smith, 901 F.3d 315 (D.C. Cir. 2018), la cour d’appel fédérale du circuit du District de Columbia a examiné l’information donnée et la possibilité de répondre à une désignation au titre du Kingpin Act. Cet arrêt ne crée pas un droit universel à toutes les pièces classifiées. Plus tard, dans Lopez Bello v. Gacki, n° 23-5036 (12 mars 2024), la même cour a confirmé la désignation en cause au titre du Kingpin Act et jugé suffisants, dans cette affaire, le dossier expurgé, le résumé non classifié et les autres informations communiquées après le blocage. Elle a également rejeté l’argument selon lequel certaines désignations liées de trafiquants de stupéfiants ne pourraient jamais être simultanées. En pratique, il faut examiner les éléments effectivement divulgués, les critères légaux et la possibilité de les réfuter, et non promettre une victoire au seul motif qu’aucun avertissement préalable n’a été donné.
Dans 3Nod Digital (Hong Kong) Ltd. v. U.S. Department of State, n° 25-cv-968 (D.D.C., 18 mars 2026), le tribunal de district a annulé le refus de radiation rendu par un service du département d’État faute de preuve de sa compétence déléguée ; la désignation initiale est restée en vigueur et la demande a été renvoyée pour un examen régulier. Il s’agit d’une décision de première instance, et non d’un précédent obligatoire de la cour d’appel du circuit. Elle ne signifie pas que l’OFAC est seul compétent pour toutes les désignations d’origine étatique. Elle montre qu’il faut vérifier tant l’autorité ayant prononcé la sanction que celle qui a statué sur le réexamen.
Il faut aussi tenir compte de la décision du D.C. Circuit du 14 juillet 2026 dans Diegelmann v. Bessent, n° 24-5277. La cour a confirmé la désignation de l’OFAC au vu du dossier et décrit le contrôle au titre de l’Administrative Procedure Act comme déférent, voire « extrêmement déférent » en matière de sécurité nationale. Elle a jugé que l’acquisition de métaux précieux finis pouvait relever de l’« acquisition de matières géologiques » au titre de la détermination spécifique du secteur des métaux et des mines lié à la Russie ; l’argument alternatif distinguant les métaux raffinés des matières brutes n’avait pas été soulevé devant le tribunal inférieur et n’a donc pas été examiné en appel. Cet arrêt lie les juridictions du D.C. Circuit sur les questions tranchées, mais ne règle pas tous les programmes de sanctions ni tous les litiges factuels. Pour une action dans ce circuit, il faut tenir compte de la déférence judiciaire et des règles de préservation des arguments, plutôt que de supposer que le juge réévaluera librement les faits de l’OFAC.
Les circuits fédéraux peuvent appliquer des précédents différents. Avant d’agir, il faut vérifier les décisions contraignantes pour le tribunal effectivement compétent, leur portée, toute décision ultérieure restrictive, les règles de finalité et de contrôle judiciaire, ainsi que les délais applicables au dossier. Aucune date limite nationale uniforme n’est affirmée ici pour toute action en justice.
Une décision plus récente du tribunal fédéral de district du District de Columbia, concernant directement l’OFAC, Martinez Morales v. U.S. Department of the Treasury, n° 24-2519 (24 juillet 2026), a accordé au gouvernement le jugement sommaire sur le recours fondé sur l’APA contre le maintien de l’inscription au titre du décret exécutif 13818. Le requérant demandait également un mandamus pour imposer la radiation, mais le tribunal a expressément indiqué qu’après avoir rejeté la contestation au fond, il n’avait pas à examiner les objections subsidiaires du gouvernement concernant la forme de la réparation demandée. Le tribunal a appliqué un contrôle très déférent et estimé que les informations publiques et non classifiées fournissaient un avis suffisant ; il n’a pas exigé la divulgation d’éléments classifiés, sensibles pour les enquêtes ou protégés par un privilège. Il s’agit d’une décision de première instance, non d’un précédent obligatoire pour une cour d’appel, dont le résultat dépend du dossier et du programme concernés. Elle rappelle qu’une pétition ou une action en justice n’entraîne pas à elle seule la radiation et qu’un recours au fond fondé sur l’APA, une contestation des garanties procédurales et une demande de mandamus sont des moyens distincts soumis à des conditions différentes.
Documents à conserver et résultat concret attendu du travail juridique
- Virement interrompu : conservez les messages de la banque et références de paiement, chaque intermédiaire, les dates de retenue ou de retour, le titulaire du compte, les bénéficiaires effectifs et l’explication indiquant s’il s’agissait d’un blocage ou d’un rejet.
- Question de propriété : rassemblez une chaîne de détention datée, extraits de registres, relevés d’actions et identifiants fiables de chaque propriétaire bloqué direct ou indirect ; distinguez la structure actuelle de celle existant au moment du gel.
- Désignation : conservez l’entrée SDN complète et actuelle, les codes de programme, l’avis de désignation, les motifs publiés s’ils existent, l’historique de la société, les preuves contraires et les échanges antérieurs avec l’OFAC.
- Licence : préparez la description précise de l’opération, la liste de toutes les parties, l’analyse de toute licence générale applicable, les coordonnées bancaires, les contrats et les éléments expliquant pourquoi une licence spécifique est nécessaire.
- Évaluation d’un recours : gardez la décision administrative, la date de notification, la demande et les réponses, les demandes de dossier administratif et les preuves du préjudice ; l’avocat doit vérifier la compétence et les délais avant tout dépôt.
Le premier livrable utile peut être une note écrite qui classe l’événement, précise le programme et le lien américain, analyse l’identité et la propriété, expose les interdictions et exceptions, désigne la procédure administrative OFAC appropriée, identifie le décideur, les preuves manquantes et les prochaines étapes licites. Le travail ultérieur peut comprendre une demande complète de licence spécifique, une demande motivée de réexamen ou la coordination avec un avocat habilité à plaider aux États-Unis. Aucun de ces documents ne garantit que la banque, l’OFAC ou un tribunal libérera les fonds.
Si le litige porte uniquement sur une restriction bancaire générale, consultez notre page sur le blocage de compte bancaire ; si des propriétaires cherchent à récupérer civilement des actifs à l’étranger, voyez la page sur le recouvrement transfrontalier d’actifs. Ces questions ne transforment pas chaque retenue bancaire ou litige patrimonial en demande de radiation OFAC. Il faut aussi vérifier que les services juridiques envisagés et leur mode de paiement sont autorisés par le programme de sanctions concerné. Aucun bureau aux États-Unis, admission au barreau américain ni accord de représentation local n’est présumé ici.
Questions fréquentes après une interruption liée à l’OFAC
La banque peut-elle libérer les fonds dès le dépôt d’une demande de licence ?
Non. Le dépôt ne vaut pas autorisation. Il faut une exemption, une licence générale ou spécifique applicable, ou un autre fondement légal de libération.
L’absence d’une société sur la liste SDN prouve-t-elle qu’elle n’est pas bloquée ?
Non. Une propriété directe ou indirecte cumulée d’au moins 50 % par des personnes bloquées peut bloquer une entité non inscrite ; les autres règles du programme doivent également être vérifiées.
L’OFAC garantit-il un délai de radiation ?
Non. Le bref objectif de contrôle initial de complétude n’est pas un délai légal pour obtenir une décision favorable de radiation.
Une déclaration de rejet équivaut-elle à une confiscation ?
Non. Le rejet empêche l’exécution d’une opération interdite ; le blocage gèle un bien dans lequel une personne bloquée a un intérêt, tandis que la confiscation relève d’une autre procédure.
Textes primaires et décisions utilisés
- OFAC, FAQ 5 : vérifier les correspondances de noms (mise à jour 2026)
- OFAC, FAQ 49 : déclaration des blocages et rejets (26 octobre 2026)
- OFAC, FAQ 50 : déclaration annuelle des biens bloqués (26 octobre 2026)
- OFAC, FAQ 399 : agrégation des participations détenues par des personnes bloquées
- OFAC, FAQ 398 : contrôle et propriété
- OFAC, FAQ 401 : propriété indirecte
- OFAC, FAQ 402 : cession de participations et biens déjà bloqués
- 31 CFR § 501.801 : licences générales et spécifiques
- 31 CFR § 501.806 : libération après blocage erroné
- 31 CFR § 501.807 : retrait de liste et réexamen
- OFAC : procédure actuelle de retrait de liste et portail
- D.C. Circuit : Fares v. Smith (2018)
- D.C. Circuit : Lopez Bello v. Gacki (2024)
- D.D.C. : 3Nod Digital c. Département d’État (2026), copie officielle de la décision
- D.C. Circuit : Diegelmann v. Bessent, n° 24-5277 (14 juillet 2026)
- D.D.C. : Martinez Morales v. OFAC (24 juillet 2026), décision officielle
- OFAC, FAQ 53 : simple demande et ordre de paiement
- OFAC, FAQ 76 : réexamen après refus de licence (mise à jour du 9 septembre 2026)
- OFAC, FAQ 7 : licences générales et spécifiques
- OFAC, FAQ 75 : demandes de licence spécifique (mise à jour du 9 septembre 2026)
Pour une première qualification d’un événement de sanctions et la liste des pièces nécessaires à une prochaine étape licite, demandez une consultation. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un avis juridique individualisé en droit américain.