L’extradition par pays

Avocat en extradition à Bruxelles : tribunaux et procédure locale

À Bruxelles, un mandat d’arrêt européen (MAE) entrant est examiné par le juge d’instruction et la chambre du conseil du tribunal de première instance compétent; le recours contre une décision défavorable de cette chambre relève de la chambre linguistique compétente de la Cour d’appel de Bruxelles — chambre des mises en accusation (français) ou kamer van inbeschuldigingstelling (néerlandais). Bruxelles compte deux tribunaux de première instance distincts, francophone et néerlandophone. Dans la voie ordinaire sans consentement, la personne doit être présentée au juge d’instruction dans les 48 heures de la privation effective de liberté et la chambre doit statuer dans les 15 jours de l’arrestation; le délai d’appel peut être de 24 heures. En cas de consentement à la remise, l’article 13 prévoit une autre voie, avec décision du parquet.

Quel tribunal et quel parquet de Bruxelles sont saisis?

La formule «Tribunal de première instance francophone/Nederlandstalige rechtbank Brussel» désigne deux juridictions, et non un tribunal bilingue unique. Le Tribunal de première instance francophone de Bruxelles traite les procédures en français; la Nederlandstalige rechtbank van eerste aanleg Brussel traite celles en néerlandais. Chacun dispose d’une section d’instruction et d’une chambre du conseil ou raadkamer. Vérifiez l’attribution dans le procès-verbal d’arrestation et les notifications. La préférence linguistique de la personne ne suffit pas, à elle seule, à choisir ou à transférer le dossier.

Les cabinets des juges d’instruction et le greffe de l’instruction et de la chambre du conseil francophones se trouvent au quatrième étage du bâtiment Portalis, rue des Quatre Bras 4. Les audiences de la chambre ont lieu au Palais de Justice, place Poelaert 1. La juridiction néerlandophone est indiquée rue des Quatre Bras 13. Vérifiez l’avis d’audience le plus récent: ces adresses ne précisent pas la salle attribuée à un dossier particulier.

Le ministère public intervient, mais le magistrat et le parquet effectivement saisis doivent être identifiés à partir du dossier. Parket Halle-Vilvoorde et Parket de Bruxelles sont deux parquets distincts; le seul fait qu’une arrestation ait lieu à l’aéroport ne suffit pas à déterminer lequel est compétent. Demandez le numéro de dossier, le nom du magistrat et le tribunal déjà saisi.

Une arrestation à l’aéroport de Bruxelles relève-t-elle automatiquement des tribunaux de Bruxelles-Capitale?

Non. L’aéroport de Bruxelles se situe au nord-est de la ville et s’étend sur les territoires de Zaventem, Machelen, Steenokkerzeel et Kortenberg, dans l’arrondissement administratif de Halle-Vilvoorde. Celui-ci fait partie de l’arrondissement judiciaire plus large de Bruxelles, mais se trouve en dehors des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Un billet portant la mention «Bruxelles» ne permet donc pas d’identifier le parquet ou le tribunal chargé du dossier.

Obtenez le procès-verbal d’arrestation et vérifiez quelle autorité détient le dossier avant de vous rendre au tribunal ou d’envoyer des pièces urgentes. La géographie de l’aéroport et la répartition linguistique rendent cette vérification indispensable. Pour une arrestation ailleurs dans Bruxelles-Capitale, notez la commune exacte, le service de police et l’heure de la privation de liberté.

Que faire pendant les premières 72 heures?

Il s’agit d’un plan d’action pratique, et non d’une audience légale distincte fixée à 72 heures. Les délais du MAE partent de l’événement prévu par la loi — arrestation effective ou signification —; consignez les dates et heures exactes.

QuandAutorité ou étapeMesures de la défense
ImmédiatementPolice ou autorité d’arrestationObtenez le numéro de dossier, le fondement juridique, les informations sur le mandat, l’heure de l’arrestation, les besoins d’interprétation et le contact du parquet. Demandez sans délai l’assistance d’un avocat.
Dans les 48 heures suivant la privation effective de libertéMAE: juge d’instruction, article 11 de la loi de 2003Le juge informe la personne de l’existence et du contenu du MAE et de la possibilité de consentir à la remise, puis l’entend sur la détention. Signalez les erreurs d’identité, les besoins médicaux, les attaches locales et les conditions de mise en liberté envisageables.
Avant l’audience de la chambreChambre du conseil/raadkamerSelon l’article 16, le dossier est disponible le dernier jour ouvrable avant l’audience et la convocation doit être notifiée au moins 24 heures à l’avance. L’avocat doit consulter les pièces et préparer les éléments de preuve.
Dans les 15 jours de l’arrestation (sans consentement)Voie sans consentement: chambre du tribunal de première instance, article 16Obtenez immédiatement la décision écrite et la preuve de sa signification. Le délai de recours se calcule selon la signification légale, non à partir du moment où un proche lit le document.
Après la décisionAppel de l’article 17 dans les 24 heures; chambre linguistique compétenteL’avocat dépose une déclaration au greffe du tribunal de première instance et vérifie son enregistrement. La chambre des mises en accusation de la Cour d’appel examine l’appel.

Le consentement modifie la procédure. Selon l’article 13, si la personne consent à la remise, le procureur du Roi décide dans les 10 jours suivant ce consentement, sous réserve du contrôle prévu à l’article 14; le délai de 15 jours de la chambre décrit ci-dessus concerne la voie ordinaire sans consentement. Le consentement à la remise et la renonciation à la règle de spécialité sont deux choix distincts: le procureur doit vérifier séparément si la personne accepte aussi d’y renoncer. Demandez un avis juridique avant de consentir.

Dans la voie ordinaire sans consentement, la décision définitive sur le MAE doit être prise dans les 60 jours suivant l’arrestation. Dans les cas prévus, le parquet doit expliquer le retard et peut prolonger le délai de 30 jours; si aucune décision définitive n’est prise après 90 jours dans des circonstances exceptionnelles, une information supplémentaire est requise. Ces délais concernent la décision et n’entraînent pas une libération automatique.

Que change une demande provenant d’un État hors UE?

Le MAE est un mécanisme entre États membres de l’UE. Le Royaume-Uni, l’Islande et la Norvège relèvent d’accords distincts de remise; identifiez donc l’instrument cité dans le dossier plutôt que de vous fonder uniquement sur la géographie de l’État. Pour les autres demandes de pays tiers, la loi de 1874 et le traité applicable peuvent s’appliquer; voir le guide national sur la Belgique.

Selon l’article 3 de la loi du 15 mars 1874, la chambre du conseil du tribunal de première instance du lieu où la personne réside ou est trouvée peut rendre exécutoire un mandat étranger. Après l’incarcération, le gouvernement sollicite l’avis consultatif de la chambre linguistique compétente de la Cour d’appel de Bruxelles (chambre des mises en accusation / kamer van inbeschuldigingstelling) pour le lieu de l’arrestation; les pièces et l’avis motivé sont transmis au ministre de la Justice dans les 15 jours suivant leur réception. Cet avis consultatif n’est pas un recours contre un MAE.

L’article 5 de la loi de 1874 autorise l’arrestation provisoire en cas d’urgence, mais impose la libération si le mandat étranger n’est pas communiqué à la personne dans les 40 jours suivant l’arrestation selon cette règle légale. Le traité applicable peut prévoir un autre délai ou un autre point de départ; les 40 jours ne sont donc pas universels. Consultez le guide national sur la Belgique pour le cadre général.

La Belgique est partie à la Convention européenne d’extradition de 1957; ses réserves et déclarations doivent être vérifiées au regard de l’État requérant et du traité en vigueur. Voir le guide sur l’extradition fondée sur les traités.

Peut-on contester la détention ou faire appel de la remise?

En vertu de l’article 11, le juge d’instruction peut libérer la personne sous conditions ou contre caution si les mesures proposées réduisent le risque de fuite. Cette demande est distincte de l’appel contre l’exécution du MAE. Selon l’article 20, si le juge ne statue pas dans les 15 jours suivant une demande de mise en liberté ou s’il la rejette, la personne peut saisir la chambre du conseil. Présentez des éléments vérifiables: adresse, attaches familiales ou professionnelles, documents d’identité, proposition de pointage et justificatifs médicaux. La libération n’est jamais automatique.

Pour une décision défavorable de la chambre prise sur le fondement de l’article 16 dans la voie ordinaire sans consentement, l’article 17 accorde 24 heures à la personne et au ministère public pour faire appel. Pour la personne, le délai court à compter de la signification formelle à sa personne ou à son domicile ou domicile élu, conformément à la loi; pour le ministère public, il court à partir du jour de la décision de la chambre. L’appel est formé par déclaration au greffe du tribunal de première instance. La chambre linguistique compétente de la Cour d’appel de Bruxelles — chambre des mises en accusation (français) ou kamer van inbeschuldigingstelling (néerlandais) — doit statuer dans les 15 jours de la déclaration. Une modification entrée en vigueur le 2 août 2026 exclut le pourvoi en cassation contre cette décision d’appel; ne comptez pas sur un recours supplémentaire pour préserver un délai ou suspendre la remise.

Une autre voie s’applique lorsque le juge d’instruction refuse immédiatement le MAE parce qu’un motif manifeste de refus prévu aux articles 3 ou 4 existe: l’article 14 donne au ministère public 24 heures à compter du jour de cette décision pour faire appel. Ce n’est pas l’appel de la personne, prévu à l’article 17, contre une décision défavorable de la chambre. Avant de choisir un recours, vérifiez quelle décision a été prise, par qui et quand.

En cas de risque de traitements inhumains ou dégradants dans l’État d’émission, les arrêts de la Cour de justice de l’UE Aranyosi et Căldăraru (affaires jointes C-404/15 et C-659/15 PPU, 5 avril 2016) imposent une appréciation individualisée fondée sur des preuves. Le tribunal doit disposer d’éléments objectifs, fiables, précis et à jour sur les déficiences systémiques ou générales des conditions de détention, puis évaluer le risque réel pour cette personne; une allégation seule ne suffit pas à interdire automatiquement la remise. Si le MAE vise l’exécution d’une peine d’emprisonnement et que la remise est refusée pour ce motif de droits fondamentaux, l’arrêt ultérieur de grande chambre Rugu et Aucroix (affaires jointes C-722/23 et C-91/24, 4 juin 2026, ECLI:EU:C:2026:441) exige que l’État d’exécution demande le jugement de condamnation et le certificat normalisé afin de pouvoir organiser l’exécution de la peine sur son territoire. Cette conséquence concerne un MAE destiné à faire exécuter une peine; le refus de remise n’efface pas la condamnation. Voir la page sur les motifs de refus et les recours pour les preuves et moyens à examiner.

Où la personne peut-elle être détenue et comment l’avocat y accède-t-il?

Toutes les personnes arrêtées à Bruxelles ne sont pas conduites dans le même établissement. Le SPF Justice indique l’adresse de la prison de Haren: rue du Witloof 135, 1130 Haren, au nord de la Région de Bruxelles-Capitale. La garde initiale ou un transfert peut avoir lieu ailleurs; confirmez le lieu réel de détention avant d’organiser une visite.

À Haren, les avocats peuvent rendre visite à leurs clients chaque jour de 7 h à 20 h 30, et la consultation se termine à 21 h. Une visite ordinaire à table doit être réservée au moins 24 heures à l’avance. Ces règles pratiques ne remplacent pas une assistance juridique urgente et ne modifient pas les délais du MAE. Confirmez les modalités d’accès en vigueur auprès de la prison avant le déplacement.

Les procédures bruxelloises sont réparties entre juridictions francophones et néerlandophones selon les règles belges relatives à la langue judiciaire; la préférence de la personne ne transfère pas automatiquement le dossier. En outre, l’article 10/2 de la loi sur le MAE prévoit qu’une personne qui ne comprend pas la langue du mandat reçoit, avant que la chambre statue et au plus tard avant la décision définitive, soit une traduction écrite, soit une traduction ou un résumé oral dans une langue qu’elle comprend. Indiquez précisément à l’avocat et au juge la langue réellement comprise: langue de la procédure et droit individuel à l’interprétation sont deux questions différentes.

Quel est le rôle de chaque institution locale?

InstitutionRôle localPoint pratique
Tribunal de première instance francophone de BruxellesJuridiction francophone; juge d’instruction et chambre du conseilGreffe: Portalis, rue des Quatre Bras 4; audiences: place Poelaert 1.
Nederlandstalige rechtbank van eerste aanleg BrusselJuridiction néerlandophone, avec section d’instruction et raadkamerVérifiez l’attribution dans la convocation; adresse officielle: rue des Quatre Bras 13.
Cour d’appel de Bruxelles / Hof van beroep BrusselExamine les appels MAE et rend l’avis en matière d’extradition traditionnellePlace Poelaert 1; le site officiel indique le greffe de la chambre des mises en accusation.
Parket Halle-Vilvoorde / Parket de BruxellesParquet susceptible d’être concerné selon l’attribution du dossierUtilisez le numéro de dossier et le nom du magistrat figurant dans les documents d’arrestation.
Prison de HarenLieu de détention possibleConfirmez que la personne y est détenue; les visites ordinaires se réservent 24 heures à l’avance.

Que doivent préparer la famille ou l’avocat à l’étranger?

  • Identité, nationalité et variantes orthographiques du nom figurant dans la demande étrangère.
  • Heure et lieu de l’arrestation, référence policière, parquet, avis du tribunal et lieu de détention.
  • MAE ou mandat étranger, jugement sous-jacent, traductions et actes de signification avec dates et heures.
  • Chronologie des procédures antérieures, décisions définitives, durée déjà purgée et demandes parallèles.
  • Pour une mise en liberté: adresse, attaches familiales ou professionnelles, documents médicaux et proposition réaliste de conditions.
  • Pour une objection liée au risque: preuves actuelles propres à la personne, originaux et éléments permettant d’en vérifier l’authenticité.
  • Langue comprise, besoin d’un interprète et nécessité éventuelle d’un avocat dans l’État d’émission.

Exemple hypothétique: une personne est arrêtée à l’aéroport de Bruxelles sur la base d’un MAE. La famille ne doit pas supposer que le tribunal francophone est saisi simplement parce que le billet indique «Bruxelles». L’avocat vérifie, à partir du procès-verbal d’arrestation, l’autorité qui a arrêté la personne, le parquet saisi, le tribunal et la langue de la procédure. Si la personne ne consent pas à la remise, l’avocat calcule les délais de présentation dans les 48 heures et de décision de la chambre dans les 15 jours à partir des événements prévus par la loi; après une décision défavorable de la chambre, le délai d’appel de 24 heures doit être traité immédiatement.

Questions fréquentes sur les dossiers d’extradition à Bruxelles

Une notice rouge d’INTERPOL décide-t-elle de l’extradition?

Non. Une notice rouge d’INTERPOL n’est ni un jugement ni un MAE. Les autorités doivent identifier le fondement juridique de l’arrestation et la procédure applicable; le document présenté peut être un mandat national, un MAE ou un autre instrument.

Un membre de la famille peut-il faire appel au nom de la personne détenue?

Le droit d’appel prévu par la loi sur le MAE appartient à la personne concernée et au ministère public. Un proche doit transmettre immédiatement la décision et les informations de signification à l’avocat, sans supposer qu’un courriel familial ou une lettre informelle préserve le délai de 24 heures.

L’expiration du délai de 60 jours entraîne-t-elle la libération?

Non. Il s’agit du délai de décision définitive dans la voie ordinaire sans consentement; la loi prévoit une prolongation dans certains cas et des obligations supplémentaires en cas de retard exceptionnel. Si la personne a consenti à la remise, la voie distincte de l’article 13 prévoit une décision du parquet dans les 10 jours. La détention et la libération s’apprécient selon les dispositions distinctes relatives à la détention et les faits du dossier.

Sources et références officielles

Pour un dossier urgent, l’équipe du site coordonne la défense transfrontalière avec un avocat dans la juridiction compétente. Transmettez le procès-verbal d’arrestation, la décision et les heures exactes de notification via la page de demande sécurisée; n’attendez pas la réponse à une demande générale si un délai d’appel de 24 heures est susceptible de courir.

Dernière mise à jour: 2026-10-27

Auteur: Razmik Khachatrian

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