Extradition du Mexique : procédure et rôle de l’avocat
Au Mexique, une demande d’extradition étrangère suit une procédure fédérale qui associe l’exécutif et le pouvoir judiciaire : la Secretaría de Relaciones Exteriores (SRE, ministère des Affaires étrangères) examine la demande et prend la décision finale, tandis qu’un Juzgado de Distrito (tribunal fédéral de district) conduit l’étape judiciaire prévue par la loi. La Fiscalía General de la República (FGR, parquet général de la République) transmet la demande au juge. La loi fixe des délais pour certaines étapes, mais ceux-ci ne constituent pas un délai global fiable pour achever toute l’affaire.
Si vous-même ou un membre de votre famille avez été arrêté, avez appris qu’une demande étrangère existe ou avez été repéré à la suite d’une alerte policière internationale, la priorité est d’identifier la procédure juridique réellement utilisée, d’obtenir le numéro de dossier mexicain et les documents, puis de faire intervenir un avocat avant de consentir à l’extradition ou de fournir des déclarations sur le fond.
Qui décide : le tribunal de district ou le ministère des Affaires étrangères ?
Au Mexique, un juge ne décide pas seul de la remise définitive à un État étranger. La procédure comporte plusieurs étapes distinctes. La SRE reçoit et examine la demande formelle ; la FGR saisit le tribunal de district compétent ; le juge entend la personne recherchée et rend un avis juridique ; la SRE décide ensuite d’accorder ou de refuser l’extradition. L’avis judiciaire est important, mais il ne constitue pas la décision exécutive finale.
L’article 22 de la Ley de Extradición Internacional attribue normalement l’affaire au juge de district du ressort où se trouve la personne recherchée. Si le lieu où elle se trouve est inconnu, la règle subsidiaire de la loi vise le juge de district en matière pénale de permanence dans l’ancien District fédéral — une appellation historique toujours présente dans le texte — ; il faut donc confirmer le tribunal effectivement saisi plutôt que le déduire d’une ancienne adresse ou dénomination. L’article 23 prévoit que les actes du juge dans cette procédure d’extradition ne font pas l’objet d’un recours ordinaire et qu’aucune contestation de compétence n’est admise dans cette procédure.
Quels textes régissent une demande adressée au Mexique ?
Il faut d’abord vérifier s’il existe un traité d’extradition en vigueur entre le Mexique et l’État requérant. L’article 1 de la Ley de Extradición Internacional (LEI) définit le caractère fédéral et d’ordre public de la loi et son rôle en l’absence de traité ; l’article 2 prévoit que la procédure légale s’applique aux demandes reçues de gouvernements étrangers. Un traité peut ajouter des exigences ou modifier certaines règles : il faut donc lire ensemble le traité applicable et le texte national en vigueur. Un traité utilisé dans une autre affaire ne s’applique pas automatiquement à celle-ci.
| Instrument | Quand il importe | Point pratique |
|---|---|---|
| Constitution mexicaine, article 119 | Pour les demandes d’extradition d’un État étranger | L’extradition est traitée par l’exécutif fédéral avec intervention judiciaire ; l’ordonnance du juge peut justifier une détention pendant une durée maximale de 60 jours calendaires. |
| Ley de Extradición Internacional, articles 1–2 et 16–35 | Procédure nationale, notamment lorsqu’aucun traité ne prévoit une règle différente | Règle les pièces de la demande, les mesures provisoires, l’étape judiciaire, la décision de la SRE et la remise. |
| Articles 6–10 Bis de la LEI | Conditions préalables et limites obligatoires | Prévoient notamment la double incrimination et un seuil de peine, des motifs légaux de refus, la spécialité et des garanties relatives aux peines, ainsi qu’une interdiction en cas de risque fondé de torture ou de disparition forcée. |
| Traité bilatéral d’extradition et protocole applicable, le cas échéant | Demandes d’un État lié par un traité | Vérifier le texte actuellement en vigueur, les protocoles, déclarations et réserves propres à cet État ; des délais ou conditions conventionnels peuvent s’appliquer. |
| Ley de Amparo, notamment articles 17, 126 et 127 | Contrôle juridictionnel constitutionnel et suspension | L’amparo est une procédure constitutionnelle distincte, et non un appel ordinaire contre l’avis du juge de district. |
À titre d’exemple, la base officielle des traités du Mexique indique que le traité d’extradition conclu avec les États-Unis en 1978 est en vigueur et que le protocole de 1997 l’est également. Il ne s’agit que d’un exemple : il faut vérifier l’instrument applicable à l’État requérant concerné. La même base recense les traités avec d’autres États et constitue un point de départ pour contrôler leur statut actuel ainsi que les déclarations enregistrées.
Le Mexique n’étant pas membre de l’Union européenne, le mandat d’arrêt européen (MAE) n’est pas le mécanisme de remise applicable au Mexique. Il ne faut pas non plus supposer que la Convention européenne d’extradition ou la procédure de mesures provisoires prévue par l’article 39 du règlement de la Cour européenne des droits de l’homme s’applique au Mexique. Le cadre international pertinent doit être établi à partir des relations conventionnelles entre le Mexique et l’État requérant, ainsi que des conventions universelles applicables, et non emprunté à une affaire relevant de l’Union européenne ou du Conseil de l’Europe.
Comment la procédure se déroule-t-elle, de la demande provisoire à la décision de la SRE ?
Le tableau ci-dessous distingue les délais fixés par la loi des étapes pour lesquelles aucun nombre de jours n’est imposé. Le traité applicable peut prévoir des règles supplémentaires. Les périodes indiquées ne garantissent pas que l’affaire sera terminée en un nombre déterminé de semaines.
| Étape | Autorité | Délai légal | Action de la défense |
|---|---|---|---|
| 1. Mesures provisoires avant la demande formelle | La SRE transmet la demande ; la FGR saisit le juge de district | Après la mise en œuvre des mesures provisoires, l’article 18 de la LEI exige que la demande formelle parvienne à la SRE dans les deux mois, faute de quoi les mesures doivent être levées. L’article 119 de la Constitution prévoit séparément une détention pouvant aller jusqu’à 60 jours calendaires. Il faut calculer les délais à partir de leur déclencheur exact et ne pas considérer qu’un mois calendaire équivaut toujours à 30 jours. | Noter la date exacte et la base juridique de chaque mesure. Vérifier si la demande formelle a été déposée et à quelle date le délai a commencé. |
| 2. Examen de la demande formelle par la SRE | SRE | Les articles 19–20 régissent l’examen et la correction des pièces manquantes exigées par le traité ou l’article 16. Si des mesures provisoires sont en vigueur, la correction doit intervenir dans le délai de l’article 18. | Obtenir la demande et ses annexes. Vérifier l’identité, le mandat d’arrêt ou le jugement définitif, les dispositions sur l’infraction et la peine, la prescription, les traductions et les pièces exigées par le traité. |
| 3. Ordonnance judiciaire et première comparution | La FGR saisit le tribunal ; le Juzgado de Distrito compétent intervient | Après l’arrestation, la personne doit comparaître devant le juge sans délai (article 24). La loi ne fixe pas de calendrier universel pour l’ensemble de cette audience. | Demander que la demande et les pièces soient expliquées dans une langue comprise par la personne. Faire désigner un avocat et, si nécessaire, un interprète. |
| 4. Exceptions et preuves | La personne recherchée et sa défense devant le juge de district ; le Ministerio Público peut également présenter des preuves | Après que la personne a été entendue, elle dispose de jusqu’à 3 jours pour soulever les deux exceptions prévues à l’article 25 ; 20 jours pour les prouver. Le juge peut prolonger ce délai si nécessaire, après avoir entendu le Ministerio Público. | Vérifier la conformité de la demande au traité ou à la LEI et l’exactitude de l’identité. Les motifs détaillés de refus sont traités dans la page distincte consacrée aux recours. |
| 5. Avis juridique du juge | Le Juzgado de Distrito transmet l’avis et le dossier à la SRE | Dans les 5 jours suivant la fin du délai de l’article 25, ou plus tôt si les actes nécessaires sont terminés (article 27). Si aucune exception n’est soulevée ou si la personne consent expressément à l’extradition, l’article 28 prévoit un avis dans les 3 jours. | Comprendre qu’il s’agit d’un avis et non de la décision exécutive finale. Vérifier que les observations de la défense et l’examen des exceptions légales figurent au dossier. |
| 6. Décision exécutive finale | SRE, compte tenu du dossier et de l’avis du juge | L’article 30 prévoit que la SRE décide d’accorder ou de refuser l’extradition dans les 20 jours suivant la réception du dossier et de l’avis. | Conservez la décision écrite et la preuve de sa notification. Vérifiez la date à laquelle elle peut produire ses effets et les conditions de remise prévues par le traité applicable. |
| 7. Remise physique après que la décision est exécutoire | FGR et représentants autorisés de l’État requérant | L’article 35 prévoit 60 jours calendaires à compter du lendemain du jour où la personne est mise à la disposition de l’État requérant. Si l’État ne la prend pas en charge dans ce délai, elle recouvre sa liberté et ne peut être de nouveau arrêtée ni remise à ce même État pour la même infraction. Il s’agit d’un délai de remise, non d’une durée maximale pour toute l’affaire. | Consigner la date à laquelle la personne a officiellement été mise à la disposition de l’État requérant et demander conseil en cas de retard. Ne pas confondre ce délai avec un plafond général de détention. |
Que doit contenir la demande formelle ?
L’article 16 de la LEI énumère les pièces requises lorsque cette loi s’applique. En résumé, la demande doit identifier l’infraction ; fournir des éléments établissant l’existence de l’infraction et la responsabilité probable, ou une copie authentifiée du jugement définitif si la personne a déjà été condamnée ; inclure les dispositions pertinentes du droit pénal étranger relatives à l’infraction, à la peine et à la prescription, accompagnées d’une attestation autorisée de leur validité à la date pertinente ; produire le mandat d’arrêt authentique lorsqu’il existe ; et fournir les données personnelles et les éléments d’identification. En l’absence de traité, l’article 16 exige aussi les engagements mentionnés à l’article 10. Les pièces conventionnelles peuvent différer et la demande peut devoir être corrigée conformément à l’article 20.
Il ne s’agit pas de simples formalités. Une divergence dans le nom, la date de naissance, le passeport ou les empreintes peut soulever une question d’identité ; un document non traduit peut empêcher de comprendre les faits allégués ; et une présentation inexacte ou incomplète du droit de l’État requérant peut affecter la conformité de la demande au texte applicable. L’avocat doit comparer le dossier réel au traité, plutôt que de se fier uniquement à un résumé policier ou à une copie d’une notice rouge d’INTERPOL.
Que peut-il se passer avant l’arrivée de la demande formelle ?
L’article 17 permet d’adopter des mesures de précaution lorsqu’un État indique son intention de présenter une demande formelle d’extradition et sollicite des mesures concernant une personne nommément désignée. La demande préliminaire doit identifier l’infraction et indiquer qu’une autorité compétente a délivré un mandat d’arrêt. Si la SRE estime qu’il existe une base suffisante, elle transmet la demande à la FGR, qui saisit rapidement le juge de district compétent afin qu’il ordonne les mesures permises par le traité ou la loi. Il peut s’agir d’un arraigo ou d’une autre mesure légalement disponible ; l’ordonnance précise dépend des faits et de l’instrument applicable.
Le délai essentiel commence à courir à la mise en œuvre des mesures provisoires, et non simplement lorsque la famille apprend l’existence d’une enquête étrangère. L’article 18 de la LEI fixe deux mois pour la réception de la demande formelle par la SRE ; l’article 119 de la Constitution prévoit une détention fondée sur l’ordonnance judiciaire pouvant durer jusqu’à 60 jours calendaires. Le juge doit informer la SRE du début du délai, puis la SRE doit en informer l’État requérant. Si la demande formelle ne parvient pas à la SRE dans le délai légal, les mesures provisoires doivent être levées immédiatement. L’avocat doit obtenir l’ordonnance et la date officielle plutôt que calculer le délai à partir d’une rumeur, d’une conversation à l’aéroport ou d’un avis provenant d’un autre pays.
Cette règle concerne les mesures provisoires en attendant une demande formelle. Elle ne signifie pas que toute personne engagée dans une procédure formelle doit être libérée après 60 jours. Une fois la procédure formelle engagée, d’autres dispositions régissent l’étape judiciaire, la décision de la SRE, un éventuel amparo et la remise finale. La LEI ne prévoit pas un plafond général unique de détention couvrant toutes les étapes cumulées. Il faut également vérifier les dispositions du traité applicable et toute autre base juridique de détention de la personne.
La personne peut-elle être libérée pendant l’examen de la demande ?
L’article 26 permet à la personne recherchée de demander au juge de district une mise en liberté sous caution, évaluée selon les conditions qui s’appliqueraient si l’infraction avait été commise au Mexique. Le juge tient compte des informations contenues dans la demande formelle, de la situation personnelle et de la gravité de l’infraction alléguée. La caution est donc possible en vertu de la loi, mais elle n’est pas automatique et ne doit pas être présentée comme un droit dans tous les cas. Le traité applicable, la base juridique de la détention, l’ordonnance réelle et l’existence éventuelle d’un autre mandat mexicain peuvent modifier l’analyse.
Demandez à l’avocat d’identifier par écrit le fondement exact de la détention. Une personne peut être détenue en vertu d’une mesure provisoire d’extradition, d’une ordonnance rendue après l’admission de la demande formelle ou d’un mandat pénal mexicain distinct. Contester une ordonnance ne met pas nécessairement fin à une autre. De même, une procédure d’éloignement ou d’expulsion en droit de l’immigration est juridiquement distincte de l’extradition ; l’arrêt d’une procédure ne met pas automatiquement fin à l’autre.
La nationalité mexicaine empêche-t-elle l’extradition ?
Pas automatiquement. L’article 14 de la LEI prévoit qu’un ressortissant mexicain ne peut être remis à un État étranger que dans des cas exceptionnels, selon l’appréciation de l’exécutif. L’article 15 ajoute que l’acquisition de la nationalité mexicaine après les faits à l’origine de la demande n’empêche pas la remise. Ces dispositions doivent être lues avec le traité applicable : certains traités bilatéraux autorisent expressément, à la discrétion de l’État requis, l’extradition de ses ressortissants et peuvent prévoir qu’une poursuite nationale soit envisagée si la remise est refusée uniquement en raison de la nationalité.
Pour une personne ayant une double nationalité, l’avocat doit vérifier quelle nationalité le traité applicable considère comme pertinente et si la nationalité mexicaine a été acquise avant ou après les faits allégués. Le passeport, l’acte de naissance, la décision de naturalisation et leurs dates peuvent compter. Il ne faut pas supposer qu’un passeport mexicain crée une interdiction absolue ni que l’exécutif doit exercer son pouvoir discrétionnaire d’une manière prédéterminée.
Quelles garanties et conditions conventionnelles faut-il vérifier dès le départ ?
L’article 6 de la LEI fixe un seuil de double incrimination et de peine lorsque la loi s’applique : une infraction intentionnelle doit en règle générale être punissable au Mexique et dans l’État requérant d’une peine d’emprisonnement dont le terme moyen arithmétique est d’au moins un an. Pour les infractions non intentionnelles, la loi vise les infractions considérées comme graves et punissables d’emprisonnement dans les deux États. Un traité peut formuler le seuil autrement ; lorsqu’il régit la demande, l’avocat doit commencer par l’appliquer.
Les conditions de fond de la LEI doivent être lues avec son article 1, qui définit les conditions d’extradition prévues par cette loi lorsqu’il n’existe pas de traité. Les articles 7 à 9 concernent notamment l’acquittement antérieur, la grâce, l’amnistie ou la peine déjà purgée, la prescription, les infractions relevant de la juridiction mexicaine, les persécutions politiques, l’esclavage et les infractions militaires. L’article 10 Bis énonce une interdiction d’extradition lorsqu’il existe des raisons fondées de croire que la personne risque la torture ou la disparition forcée. Les engagements prévus à l’article 10 s’appliquent en l’absence de traité. Lorsqu’un traité régit la demande, il faut en vérifier les clauses ainsi que les obligations indépendantes du Mexique en matière de droits humains ; ce guide n’analyse pas chaque motif de refus.
Si plusieurs États demandent la même personne, l’article 12 fixe un ordre de préférence qui prend notamment en compte l’existence d’un traité, le lieu de commission de l’infraction, la gravité relative et, à défaut, la première demande d’extradition ou d’arrestation provisoire. L’article 11 permet de différer la remise si la personne fait l’objet d’une procédure mexicaine en cours ou purge une peine pour une autre infraction. Ces règles peuvent influer sur le calendrier et sur l’État auquel la personne sera remise, même si la demande est par ailleurs recevable.
Le consentement, la spécialité et une notice rouge sont trois choses différentes
En vertu de l’article 28, si la personne ne soulève aucune exception dans le délai légal ou consent expressément à l’extradition, le juge rend son avis juridique dans les trois jours. Le consentement peut raccourcir l’étape judiciaire ; il ne doit donc jamais être donné à la légère ou avant que la personne comprenne la demande, ses conséquences et les possibilités d’interprétation. Consentir à l’extradition n’équivaut pas automatiquement à renoncer à l’audience, et aucun de ces actes ne doit être considéré comme une renonciation à la règle de spécialité. Celle-ci concerne les infractions pour lesquelles l’État requérant peut poursuivre après la remise ; sa portée et toute renonciation dépendent du traité applicable, des termes du consentement et de la conduite ultérieure. Demandez conseil avant de signer un formulaire de consentement ou de renonciation.
Une notice rouge d’INTERPOL est une alerte policière internationale demandant aux pays membres de localiser une personne et de l’arrêter provisoirement en vue d’une extradition, d’une remise ou d’une mesure juridique similaire, sous réserve du droit national. Elle n’est pas elle-même un mandat d’arrêt international universel et ne remplace pas la demande formelle d’extradition ni la procédure judiciaire mexicaine. Si la personne a été arrêtée après une alerte de base de données, demandez aux autorités d’identifier l’ordonnance nationale et les documents d’extradition réellement invoqués. Une notice, une demande provisoire et une demande formelle sont des actes de procédure distincts, susceptibles d’avoir des dates différentes.
Que doit faire un avocat en extradition à chaque étape ?
- Au premier contact : établir le lieu exact où se trouve la personne, l’autorité et le fondement de la détention, le numéro de dossier, la nationalité, les besoins linguistiques et l’existence d’autres mandats mexicains. Demander une copie ou une description écrite de l’ordonnance au lieu de supposer qu’une alerte résume toute la base juridique.
- Pendant l’examen par la SRE : comparer la demande formelle au traité et aux articles 16–20 de la LEI ; contrôler l’identité, l’authentification, les traductions, la prescription et la date de départ de tout délai provisoire.
- Avant et lors de la première comparution : organiser l’assistance d’un avocat et d’un interprète, expliquer la demande et distinguer le rôle du juge de la décision finale de la SRE. Ne pas laisser prendre une décision de consentement avant que ses effets juridiques soient compris.
- Pendant les délais de l’article 25 : organiser les pièces et preuves admissibles liées aux exceptions limitées prévues par la loi, établir une chronologie précise et demander une prolongation lorsque les circonstances et les conditions légales le justifient. Les motifs détaillés de refus et les voies contentieuses relèvent de la page distincte.
- Après l’avis du juge : suivre la décision écrite de la SRE et sa notification. Si la SRE accorde l’extradition, l’article 33 de la LEI désigne l’amparo comme voie de contestation ; les motifs détaillés de refus, les délais et la suspension sont traités dans le guide distinct : sur le refus de l’extradition du Mexique et les recours. Demandez rapidement un conseil au Mexique ; contester la remise ne règle pas automatiquement une mesure de détention ou d’immigration distincte.
- Avant la remise : vérifier que la décision exécutoire, les conditions conventionnelles, les éventuelles ordonnances judiciaires et les représentants autorisés de l’État requérant correspondent au dossier. Conserver une copie du procès-verbal de remise et la date à laquelle la personne a été mise à la disposition de l’État requérant.
Exemple hypothétique : arrestation avant la demande formelle
Hypothèse : un voyageur est détenu au Mexique après une demande provisoire d’un État étranger, mais le dossier complet d’extradition n’est pas encore arrivé. L’avocat ne doit pas dire à la famille que la libération est automatique au soixantième jour ni que l’alerte étrangère prouve à elle seule qu’une demande recevable existe. Il faut d’abord obtenir l’ordonnance judiciaire mexicaine, identifier la date de mise en œuvre de la mesure provisoire, confirmer que la SRE a informé l’État requérant du délai légal et vérifier si la demande formelle est parvenue à la SRE dans les deux mois. Si elle n’est pas arrivée, l’avocat peut demander aux autorités compétentes de lever la mesure provisoire en vertu de l’article 18. Si la demande formelle est arrivée à temps, l’affaire suit le calendrier de la procédure formelle et la défense doit préparer la comparution judiciaire.
Quels documents la personne et sa famille doivent-elles réunir maintenant ?
- L’ordonnance mexicaine d’arrestation ou de mesure provisoire, le nom du tribunal, le numéro de dossier et la date de mise en œuvre de la mesure.
- Toute notification de la SRE, de la FGR, de la police ou du tribunal, ainsi que la demande formelle d’extradition complète et toutes les annexes pouvant être obtenues légalement.
- Passeport, acte de naissance, documents de nationalité ou de naturalisation, variantes du nom et pièces fiables permettant d’établir l’identité.
- Le mandat d’arrêt étranger ou le jugement définitif, les dispositions définissant l’infraction et la peine, ainsi que les extraits des règles de prescription joints à la demande.
- Traductions certifiées, demandes d’interprète, dossiers médicaux pertinents pour la détention et coordonnées de l’avocat choisi et du représentant familial.
- Documents relatifs à une autre procédure pénale au Mexique, à une condamnation, à une procédure d’immigration ou à toute autre ordonnance de détention susceptible d’influer sur le délai ou le fondement juridique de la détention.
Conservez les originaux et transmettez des copies à l’avocat. Ne modifiez pas les documents, ne contactez pas des témoins pour coordonner leurs déclarations, ne cherchez pas à vous soustraire à une procédure légale et ne vous fiez pas au seul récit informel d’un membre de la famille plutôt qu’au dossier officiel.
Quelle page consacrée à une ville mexicaine la famille doit-elle consulter ?
La séquence juridique nationale est la même, mais les modalités pratiques du tribunal, de la détention et de l’accès dépendent du lieu où se trouve la personne. Pour les aspects locaux, consultez la page consacrée à Cancún, Guadalajara, Mexico, Monterrey ou Tijuana selon le lieu concerné. Ces pages portent sur la pratique locale ; le présent guide explique la procédure nationale.
Questions fréquentes
Existe-t-il une durée totale fixe pour l’extradition depuis le Mexique ?
La LEI ne fixe pas de délai global garantissant une décision finale à une date précise. Elle prévoit des délais pour certaines étapes : deux mois pour la demande formelle après les mesures provisoires, jusqu’à 3 jours pour soulever les exceptions, 20 jours pour les prouver, 5 jours pour l’avis du juge et 20 jours pour la décision de la SRE. L’article 119 de la Constitution traite séparément de la détention pouvant aller jusqu’à 60 jours calendaires. Le traité applicable et une procédure d’amparo peuvent modifier le calendrier réel.
Une notice rouge d’INTERPOL signifie-t-elle que le Mexique doit extrader la personne ?
Non. La notice ne remplace ni le traité ou la loi applicables, ni une demande formelle d’extradition, ni l’étape judiciaire mexicaine et la décision de la SRE. Il faut identifier et vérifier l’ordonnance nationale et les documents concernés.
La personne peut-elle demander une mise en liberté sous caution ?
L’article 26 permet une demande de caution au stade formel ; le juge tient compte de la situation personnelle, des éléments de la demande et de la gravité de l’infraction alléguée. La caution n’est pas automatique, et d’autres ordonnances de détention ou dispositions conventionnelles peuvent compter.
Un ressortissant mexicain peut-il être extradé ?
L’article 14 ne prévoit pas une interdiction absolue : il permet la remise uniquement dans des cas exceptionnels, selon l’appréciation de l’exécutif. L’article 15 traite de la nationalité acquise après les faits, et le traité applicable doit également être vérifié.
Que se passe-t-il si l’État requérant ne vient pas chercher la personne ?
L’article 35 donne à l’État requérant 60 jours calendaires à compter du lendemain de la mise à disposition pour prendre en charge la personne. À défaut, celle-ci recouvre sa liberté et ne peut être de nouveau arrêtée ni remise à cet État pour la même infraction. Ce délai ne constitue pas la durée maximale de détention pour toute l’affaire.
Sources principales et faisant autorité
- Ley de Extradición Internacional, texte consolidé officiel de la Chambre des députés ; dernière réforme du 20 mai 2021.
- Constitution politique des États-Unis mexicains, texte consolidé officiel ; article 119, version intégrant les réformes jusqu’au 7 octobre 2026.
- Ley de Amparo, texte consolidé officiel ; dernière réforme du 16 octobre 2025.
- Fiche SRE : traité d’extradition Mexique–États-Unis et protocole de 1997, recherche du statut des traités.
- INTERPOL : les notices rouges, expliquant qu’une notice est une alerte et une demande de coopération, non un mandat d’arrêt international.
- Bureau des traités du Conseil de l’Europe : Convention européenne d’extradition, statut du traité et parties.
- Portail européen e-Justice : mandat d’arrêt européen
- Cour européenne des droits de l’homme : mesures provisoires selon la règle 39
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