L’extradition par pays

Avocat en extradition à Bucarest : Curtea de Apel București et la procédure locale

Lorsqu’une personne est localisée à Bucarest dans une procédure d’extradition vers un État tiers, la première juridiction à vérifier est normalement la Curtea de Apel București (cour d’appel de Bucarest), où un juge de la section pénale intervient avec le parquet près cette cour. La loi roumaine n° 302/2004 attribue à Bucarest un rôle supplémentaire particulier : le parquet près cette cour est compétent lorsque le lieu où se trouve la personne est inconnu, et la cour traite aussi certaines demandes liées visant des personnes localisées dans les ressorts de différentes cours d’appel. Il n’existe pas de calendrier unique pour toutes les affaires : l’instrument applicable, la mesure de détention et la date de chaque acte de procédure sont déterminants.

Un mandat d’arrêt européen (MAE) émis par un autre État membre de l’Union européenne est un mécanisme judiciaire distinct de remise, régi par le titre III de la loi n° 302/2004, et non une extradition classique relevant du titre II. Pour le droit national dans son ensemble et les motifs de refus, consultez le guide sur l’extradition depuis la Roumanie et le guide sur les motifs de refus et les recours. Si un MAE est exécuté à l’égard d’une personne localisée dans ce ressort, la phase judiciaire de remise relève également de la cour d’appel compétente au titre III ; vérifiez la juridiction effectivement saisie et le dossier dans la notification ou le dossier judiciaire.

Quelle cour et quel parquet de Bucarest interviennent au début ?

L’article 42(1) attribue la procédure d’extradition passive à la cour d’appel dans le ressort de laquelle la personne est localisée et au parquet près cette cour. Selon l’article 42(3), un juge de la section pénale de la cour compétente statue sur les demandes d’arrestation provisoire et d’extradition ; la loi ne garantit pas qu’un dossier soit toujours attribué à la section I ou à la section II.

Institution ou lieuRôle local et vérification pratique
Curtea de Apel BucureștiPhase judiciaire lorsque la personne se trouve dans son ressort. Demandez le numéro de dossier et la section pénale saisie. L’adresse publiée du siège est Splaiul Independenței 5, secteur 4 ; vérifiez la salle et les modalités d’accès sur la convocation ou le portail officiel.
Parchetul de pe lângă Curtea de Apel BucureștiLe parquet rattaché à la cour participe à la procédure locale. Demandez le nom du procureur et la référence du dossier ; un avis de police ne contient pas nécessairement l’intégralité du dossier d’extradition.
Ministère de la JusticeAutorité centrale pour l’extradition classique. L’article 40 lui accorde jusqu’à 48 heures pour transmettre la demande et ses annexes au procureur compétent, sauf certains cas de restitution prévus par la loi.
Police et centres de rétentionSelon l’article 43(4), l’arrestation provisoire aux fins d’extradition est exécutée dans un centre de rétention et de détention provisoire relevant du ministère de l’Intérieur, sauf si la personne purge déjà une peine dans un établissement pénitentiaire relevant de l’administration nationale des établissements pénitentiaires. Avant une visite, confirmez le lieu exact auprès de la police, de l’avocat ou du document de détention ; ne le déduisez pas du seul nom de la ville.
Aéroport Henri-Coandă (OTP) et Haute CourL’aéroport Henri-Coandă est généralement indiqué comme situé à Otopeni, dans le județ d’Ilfov, hors de la municipalité de Bucarest ; pour déterminer la compétence territoriale, c’est le procès-verbal d’arrestation — et non l’appellation courante « aéroport de Bucarest » — qui doit établir le lieu exact. L’annexe 1 de la loi n° 304/2022 inclut Ilfov dans le ressort de la Curtea de Apel București. Une décision d’extradition vers un État tiers est contestée devant la section pénale de la Haute Cour de cassation et de justice.

Pourquoi le parquet de Bucarest peut-il recevoir une demande lorsque le lieu où se trouve la personne est inconnu ?

L’article 40 prévoit que, si le lieu où se trouve la personne est inconnu, le ministère de la Justice transmet la demande au parquet près la Curtea de Apel București. En vertu de l’article 42(2), cette cour traite également les demandes simultanées d’extradition concernant au moins deux personnes poursuivies dans la même affaire ou dans des affaires connexes et localisées dans les ressorts de différentes cours d’appel. Dans ce cas précis, l’article 43 autorise l’audition par visioconférence devant la cour de Bucarest ; après l’audition, le dossier du parquet local est transmis au parquet de Bucarest.

Il s’agit d’exceptions légales, non d’une règle applicable à toute affaire ayant un lien avec la capitale. En principe, la compétence territoriale dépend du lieu où la personne est localisée. Si elle est trouvée à Brașov, consultez la page consacrée à la cour de Brașov ; pour Cluj-Napoca, consultez la page locale de Cluj-Napoca.

Les 72 premières heures : un plan d’action pratique, pas un délai légal

Les « 72 premières heures » constituent une liste pratique et non un délai légal unique. Les délais légaux commencent à des moments différents ; l’avocat doit identifier la procédure applicable, le fondement de la détention et les dates de chaque décision.

MomentAction et règle applicable
ImmédiatementIdentifiez le fondement : MAE, demande formelle d’extradition, demande urgente d’arrestation provisoire ou alerte INTERPOL/SIS (système d’information Schengen). Demandez un avocat et un interprète ; obtenez le procès-verbal de détention et les références de l’alerte ou du mandat.
Détention initialePour l’extradition classique, l’article 45 limite la « reținere » (rétention initiale) à 24 heures et exige que la personne soit entendue en présence d’un avocat. Les enquêteurs doivent la présenter au procureur compétent dans les dix premières heures. Il ne s’agit pas de la durée maximale de l’arrestation provisoire ultérieure.
Deux délais distincts de 48 heuresL’article 40 fixe un délai distinct de 48 heures pour la transmission par le ministère de la Justice de la demande et de ses annexes au parquet compétent, sauf les cas de retour prévus à l’article 38(4). Cette phrase ne précise pas un événement de départ distinct pour ce délai de transmission ; ne le calculez donc pas à partir de l’arrestation ou de l’information de la famille et vérifiez les dates de réception/traitement par le ministère. Séparément, le délai de 48 heures prévu à l’article 43(1) court expressément à partir de la réception de la demande et de ses annexes par le parquet.
À la première audienceSelon l’article 46(1), la personne bénéficie gratuitement d’un interprète et, si elle n’a pas choisi d’avocat, d’un avocat commis d’office. La présence du procureur est obligatoire. L’audience est orale et contradictoire, et publique sauf opposition de la personne ou du procureur. Pour des motifs suffisamment justifiés, l’un ou l’autre peut demander une audience supplémentaire dans un délai de huit jours au titre de l’article 46(2) ; ce délai n’est pas automatique.
Après l’accès au dossierAprès l’audition, le dossier est mis à la disposition de la défense ; l’article 49 accorde huit jours pour déposer une opposition écrite et motivée et désigner des preuves admissibles en droit roumain. Les motifs sont limités à une erreur d’identité ou au non-respect des conditions d’extradition, et deux témoins au maximum peuvent être proposés. Le procureur peut demander huit jours supplémentaires pour répondre ou produire des preuves. L’avocat doit calculer chaque délai à partir des actes de procédure ; les motifs détaillés de refus relèvent du guide distinct sur les recours.

Combien de temps la détention peut-elle durer et quelles décisions peuvent être contestées ?

L’article 43(3) plafonne à 180 jours la durée totale de l’arrestation provisoire en extradition jusqu’à la remise effective. Le tribunal réexamine la nécessité du maintien de la détention à des intervalles ne dépassant pas 30 jours et peut la remplacer par une assignation à résidence, un contrôle judiciaire ou une mise en liberté sous caution dans un cas dûment justifié, s’il estime que la personne ne cherchera pas à se soustraire à la procédure. Ni le trentième ni le cent-quatre-vingtième jour ne garantit une libération si un autre fondement légal de détention existe. Ce pouvoir de substitution concerne une mesure d’arrestation déjà ordonnée ; il ne garantit pas qu’une mesure non privative de liberté sera choisie dès le départ. Par sa décision n° 332/2022 du 26 mai 2022, la Cour constitutionnelle roumaine a rejeté comme irrecevable un recours lui demandant d’ajouter expressément le pouvoir d’ordonner d’autres mesures préventives au stade initial ; elle n’a pas tranché le fond de cette demande.

Avant réception de la demande complète, l’article 44 permet une arrestation provisoire urgente. Une notice rouge ou une diffusion INTERPOL peut valoir demande d’arrestation provisoire si le traité applicable le prévoit expressément ou s’il existe une réciprocité. La loi prévoit aussi des exceptions précises : l’article 44(3) interdit une arrestation sur cette base pour les personnes visées à l’article 19, tandis que l’article 44(2) permet de traiter la notice comme une demande malgré l’absence de réciprocité lorsque cela est nécessaire pour lutter contre des formes graves de criminalité. L’article 44(8) fixe une durée maximale de 40 jours, sauf délai plus long prévu par le traité. Une notice rouge n’est pas une décision définitive d’extradition ; une libération n’empêche pas qu’une demande ultérieure soit examinée.

Il faut distinguer les recours. La contestation d’une ordonnance ordonnant, maintenant, remplaçant ou mettant fin à l’arrestation provisoire d’extradition doit être déposée dans les 48 heures suivant son prononcé ; elle est examinée dans les cinq jours suivant l’enregistrement. L’article 43(9) exige séparément la transmission du dossier dans les 48 heures ; il ne précise pas un événement de départ distinct pour ce délai, de sorte que l’avocat doit vérifier les dates procédurales dans le dossier. Pour une ordonnance rendue par la Curtea de Apel București, la juridiction supérieure est la Haute Cour de cassation et de justice. Le recours contre une ordonnance ordonnant ou maintenant l’arrestation n’a pas d’effet suspensif (article 43(9)). Le recours contre le jugement d’extradition est distinct : la personne et le procureur compétent disposent de cinq jours à compter du prononcé pour saisir la section pénale de la Haute Cour de cassation et de justice (articles 52(8) et 53). La Haute Cour statue dans un délai maximal de dix jours, en formation de trois juges. Le recours contre un jugement accordant l’extradition suspend la remise, mais pas l’arrestation provisoire.

Le mandat d’arrêt européen (MAE) suit une procédure propre aux articles 109 à 111 et ne doit pas être assimilé à un recours en extradition vers un État tiers. Selon l’article 110, le jugement ordonnant la remise peut être contesté dans les cinq jours suivant son prononcé, sauf si la personne a consenti à la remise, auquel cas le jugement est définitif. L’article 110 impose également la transmission du dossier à la juridiction supérieure dans les 24 heures ; l’avocat doit vérifier dans le dossier l’événement qui déclenche ce délai. Un recours contre un jugement ordonnant la remise suspend celle-ci, mais pas la mesure de détention ; certains recours contre des décisions incidentes ont un délai distinct de 24 heures. Le recours est examiné en priorité dans un délai maximal de trois jours à compter de son enregistrement (article 111). La personne a droit à un avocat et à un interprète gratuit si elle ne comprend pas ou ne parle pas roumain, ainsi qu’à être informée dans une langue qu’elle comprend. Le MAE doit lui être communiqué dans une langue qu’elle comprend et, le cas échéant, il en va de même du jugement de condamnation rendu par défaut. L’avocat doit vérifier immédiatement le dispositif de la décision.

Que décide la cour de Bucarest ?

En matière d’extradition classique, la cour vérifie les conditions légales. L’article 52(2) lui interdit de se prononcer sur le bien-fondé des poursuites ou de la condamnation à l’étranger, ou sur l’opportunité de l’extradition. Le ministère de la Justice assure les communications de l’autorité centrale ; il ne constitue pas une seconde audience judiciaire. L’éloignement ou l’expulsion en droit des étrangers relève d’une procédure différente : demandez quel acte ou instrument précis est appliqué.

La Convention européenne d’extradition et ses protocoles s’appliquent lorsqu’ils sont pertinents ; le régime du MAE concerne les États membres de l’UE. Le dossier conventionnel de la Roumanie comprend une déclaration relative au MAE et d’autres déclarations propres à certains États : il faut donc vérifier l’instrument applicable à l’État requérant. Le consentement à l’extradition et la renonciation à la règle de spécialité sont deux décisions distinctes : l’article 47 permet d’examiner séparément la spécialité. Ne signez aucun consentement ni renonciation sans en comprendre les effets juridiques. Les motifs détaillés de refus et les recours sont traités dans le guide distinct sur les recours.

Que doivent préparer la famille et l’avocat étranger ?

  • Nom complet, date de naissance, nationalité, données du passeport et variantes d’orthographe utilisées dans les documents étrangers.
  • Date et lieu exacts de l’arrestation (notamment si elle a eu lieu à OTP/Otopeni), unité de police, lieu de détention et décision écrite de placement en détention.
  • Tous les documents reçus : MAE, référence de notice rouge, demande d’arrestation provisoire, mandat étranger, jugement ou décision d’une juridiction roumaine.
  • Coordonnées de l’avocat en Roumanie et, si nécessaire, de l’avocat dans l’État requérant. Coordonnez les conseils sans retarder un délai roumain.
  • Besoins médicaux urgents, médicaments, handicap ou besoins linguistiques, avec des justificatifs succincts transmis légalement par l’intermédiaire de l’avocat.
  • Chronologie des notifications, interrogatoires, audiences, décisions et dates de réception. Elle permet de distinguer la rétention de 24 heures, le recours de 48 heures contre l’arrestation, l’opposition de huit jours et le recours de cinq jours contre le jugement d’extradition.
  • Avant d’organiser une visite, confirmez le centre de détention exact et ses règles en vigueur. Les documents de contrôle public font état de plusieurs centres de police à Bucarest ; le seul nom de la ville ne permet pas d’identifier le lieu de détention.

Exemple hypothétique à Bucarest

Exemple hypothétique : un citoyen géorgien est contrôlé à l’aéroport Henri-Coandă après une notice rouge demandée par un État hors UE. Sa famille doit demander quel fondement juridique la police a consigné, si l’article 44 traite la notice comme une demande d’arrestation provisoire, quel procureur a reçu le dossier, où la personne est détenue et si le procureur a saisi la cour d’une demande d’arrestation provisoire. L’avocat vérifie ensuite le traité applicable, les documents formels et les délais. Si l’alerte est en réalité un MAE émis par un État membre de l’UE, la procédure distincte de remise s’applique.

Comment vérifier l’audience et déposer des documents ?

Le portail de la cour répertorie des greffes distincts pour les sections pénales et précise que la boîte générale d’information du public n’est pas un canal de dépôt pour les affaires pendantes. Confirmez la section saisie, le canal officiel de dépôt, la salle d’audience et les modalités d’accès à partir de la convocation ou auprès du greffe. Les heures d’ouverture publiées sont des horaires administratifs et ne prolongent pas les délais légaux. Si la personne est en garde à vue ou en détention policière, confirmez le centre exact avant de prévoir une visite.

L’équipe du site coordonne la défense transfrontalière avec un conseil local. Pour demander cette coordination, utilisez la page de demande de contact ; une demande de renseignements ne remplace pas un dépôt dans les délais auprès de l’autorité roumaine compétente.

Questions fréquentes des familles

Une notice rouge signifie-t-elle que l’extradition a déjà été approuvée ?

Non. Il s’agit d’une alerte policière internationale, pas d’un jugement définitif d’extradition en Roumanie. L’article 44 ne lui donne un effet de demande d’arrestation provisoire que sous certaines conditions et exceptions.

La cour de Bucarest décidera-t-elle si l’accusation étrangère est vraie ?

Non. L’article 52(2) exclut, dans la procédure d’extradition classique, l’examen du bien-fondé des poursuites ou de la condamnation à l’étranger.

Les 72 premières heures constituent-elles un délai légal d’extradition ?

Non. Il s’agit d’un plan d’action pratique. Les délais légaux commencent à des moments différents, notamment à la réception d’une demande, au prononcé d’une ordonnance d’arrestation ou à l’accès au dossier.

Un proche peut-il envoyer des documents à l’adresse générale du tribunal ?

Ne vous fiez pas à une boîte générale d’information. Confirmez la section pénale saisie et le canal officiel de dépôt, puis demandez à l’avocat de vérifier la réception avant l’expiration du délai.

Sources et informations officielles

Dernière mise à jour: 2026-10-28

Auteur: Razmik Khachatrian

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