Comment contester une extradition en Lettonie : motifs, recours et délais
Pour une demande d’un État hors UE, la loi lettone de procédure pénale distingue la décision du procureur général prévue à l’article 705¹, le recours devant la Cour suprême régi par les articles 706–707 et une étape distincte prévue à l’article 708. Il ne faut pas supposer qu’un recours contre une décision conteste ou suspend automatiquement l’autre. Le délai de 10 jours indiqué pour la décision visée à l’article 705¹ doit être traité comme urgent : un avocat en Lettonie doit vérifier immédiatement la décision notifiée, le point de départ, le destinataire du recours et son éventuel effet suspensif dans le texte letton consolidé en vigueur. Un mandat d’arrêt européen émis par un autre État membre de l’UE suit une procédure de remise distincte, avec ses propres motifs de refus et voies de recours. Les motifs de refus, délais de détention et autres délais légaux ci-dessous sont des repères ; vérifiez le texte letton en vigueur et le stade procédural exact avant de vous fier à un délai ou de supposer qu’un recours suspend la remise.
Il faut d’abord identifier la décision qui peut être contestée, préserver le délai et relier chaque motif juridique à des preuves concrètes. Cette page porte sur les motifs légaux permettant de s’opposer à l’extradition, les recours et les mesures urgentes. Pour connaître le déroulement complet, de la demande à la décision, consultez le guide de la procédure d’extradition en Lettonie.
Quelle décision faut-il contester et quel est le délai de 10 jours ?
Le chapitre 66 de la loi lettone de procédure pénale (Kriminālprocesa likums) distingue l’examen de la demande de la décision effective d’extrader. Pour une demande provenant d’un pays tiers, le procureur examine le dossier en vertu des articles 704 et 705, puis transmet la décision pertinente et les pièces au procureur général. En vertu de l’article 705¹, le procureur général décide d’extrader, de refuser l’extradition ou de renvoyer l’affaire pour un examen complémentaire.
D’après la structure des dispositions indexées, le recours ordinaire sur le fond semble viser la décision du procureur général d’extrader, et non la seule appréciation antérieure de l’admissibilité. Le délai indiqué est de 10 jours à compter de la réception de cette décision, mais vérifiez le document exact et le point de départ dans le texte letton consolidé en vigueur. Selon l’article 706, une formation de trois juges de la Cour suprême examine le recours ; l’article 707 est indexé comme excluant tout recours ultérieur. Vérifiez le texte en vigueur et tout effet suspensif avant de vous fier à ces règles.
Un juge d’instruction d’un tribunal de district ou de ville peut statuer séparément sur l’arrestation provisoire ou l’arrestation en vue de l’extradition. Cette décision n’est pas la même chose que l’examen du fond par la Cour suprême. Si la personne est détenue, l’avocat doit contrôler séparément l’ordonnance de détention et son fondement juridique, tout en préparant le recours de 10 jours.
Le recours devant la Cour suprême conteste-t-il aussi la décision prévue à l’article 708 ?
Pas automatiquement. L’article 708 traite séparément d’une décision d’extradition vers un État étranger ; les articles 705¹–707 concernent une autre décision et la voie de recours correspondante devant la Cour suprême. L’autorité compétente et le recours disponible au stade de l’article 708 doivent être vérifiés dans le texte letton en vigueur et à partir du document reçu. Demandez à l’avocat d’identifier chaque décision, ses effets juridiques, le délai applicable et de vérifier si un recours suspend la remise. Ne présumez pas que le délai de 10 jours s’applique automatiquement à chaque étape ultérieure.
Quels motifs de refus s’appliquent à l’extradition vers un État hors UE ?
Le dossier conventionnel du Conseil de l’Europe relatif à la Lettonie contient une déclaration selon laquelle, depuis le 30 juin 2004, la Convention européenne d’extradition de 1957 et ses protocoles ne s’appliquent pas entre États membres de l’UE, où le régime du mandat d’arrêt européen s’applique à la place. Pour une demande d’un pays tiers, vérifiez le traité, les protocoles, réserves et déclarations effectivement en vigueur entre les deux États.
| Motif | Fondement letton | Éléments de preuve à réunir |
|---|---|---|
| L’infraction alléguée a été commise entièrement ou partiellement en Lettonie. | Article 697, paragraphe 1, point 1 : refus facultatif. | Chronologie datée des lieux, données de localisation ou de déplacement, contrats, relevés de serveurs ou de transactions et témoignages indiquant où chaque acte allégué a eu lieu. |
| La même infraction fait l’objet d’une enquête ou d’un procès en Lettonie, ou la Lettonie a décidé de ne pas engager ou de clore les poursuites. | Article 697, paragraphe 1, points 2 et 3 : refus facultatif. N’étendez pas ces dispositions à un autre État sans fondement juridique distinct. | Numéros des affaires lettones, décisions de procédure, description des accusations et comparaison expliquant pourquoi les procédures concernent la même personne et les mêmes faits. |
| La demande concerne une infraction politique ou militaire. | Article 697, paragraphe 1, point 4 : refus facultatif. Un but discriminatoire ou de persécution peut aussi relever du motif impératif distinct ci-dessous. | Accusation et faits sous-jacents, déclarations publiques, éléments sur l’activité politique, menaces et preuves fiables reliant la demande au but allégué. |
| La demande vise à faire exécuter un jugement rendu en l’absence de la personne sans garantie suffisante de nouveau procès. | Article 697, paragraphe 1, point 5 : refus facultatif si la garantie prévue par la loi fait défaut. | Jugement, preuves de notification ou d’absence de notification, règles de l’État requérant sur le nouveau procès et assurance écrite, individualisée, d’une autorité compétente. |
| La Lettonie n’a pas d’accord d’extradition avec l’État requérant. | Article 697, paragraphe 1, point 6 : refus facultatif. Ce motif ne suffit pas avant d’avoir vérifié les conventions multilatérales et les autres bases juridiques possibles. | Base juridique invoquée dans la demande et registres officiels du statut des traités pour la Lettonie et l’État requérant. |
| La personne est citoyenne lettone. | L’article 697, paragraphe 2, point 1, prévoit un obstacle, mais le traité applicable doit être vérifié. L’article 3 du traité d’extradition États-Unis–Lettonie de 2005, cité dans Čalovskis c. Lettonie, indique que la nationalité ne suffit pas à elle seule pour refuser l’extradition. | Preuve de citoyenneté et texte du traité, statut en vigueur et applicabilité à l’État et à l’infraction concernés. |
| La demande vise à poursuivre ou punir la personne pour un motif discriminatoire prévu par la loi, ou sa situation risque d’être aggravée pour un tel motif. | Article 697, paragraphe 2, points 3–5 : motifs obligatoires si les conditions applicables sont remplies. Le motif relatif à la même infraction vise une décision en Lettonie ; toute question de ne bis in idem fondée sur le droit de l’UE ou un traité doit être analysée séparément. | Décisions lettones certifiées, preuve de l’exécution de la peine ou de son impossibilité d’exécution, dates pertinentes et documents sur la prescription, l’amnistie ou la grâce ; si le droit de l’UE ou un traité est invoqué, pièces établissant cette base distincte. |
| Une décision définitive concerne la même infraction ; la prescription, une amnistie, une grâce ou un autre obstacle légal empêche l’extradition. | Article 697, paragraphe 2, points 3 à 5 : motifs impératifs si les conditions applicables sont réunies. La règle relative à la même infraction couvre certaines décisions rendues en Lettonie ou dans un autre État membre de l’UE. | Décisions certifiées, preuve qu’une peine a été purgée ou ne peut plus être exécutée, dates pertinentes et documents relatifs à la prescription, à l’amnistie ou à la grâce. |
| La peine de mort peut être prononcée sans garantie suffisante, ou la personne risque réellement d’être torturée. | Article 697, paragraphe 2, points 6–7 : l’extradition est inadmissible si la condition légale est remplie. | Les dispositions pénales applicables et une garantie fiable, ou des éléments individuels établissant un risque réel de torture. |
Le simple fait de citer un motif ne suffit pas à faire gagner le recours. Pour invoquer une infraction politique, il faut expliquer l’accusation et produire des éléments, pas seulement employer une étiquette. Des rapports généraux sur le pays doivent être reliés au traitement probable de la personne, à son statut, à ses vulnérabilités ou aux accusations concrètes. De même, l’absence d’un traité bilatéral ne règle pas la question si une convention multilatérale peut s’appliquer. La question distincte de savoir si les faits constituent une infraction dans les deux États est traitée dans le guide sur la double incrimination en matière d’extradition.
Le MAE suit-il les mêmes motifs de refus et la même voie de recours ?
Non. Les articles 714 à 721 régissent la remise en vertu d’un MAE émis par un autre État membre de l’UE. L’article 697 ne doit pas être appliqué mécaniquement. L’article 714 contient ses propres motifs facultatifs, interdictions impératives et règles particulières pour certains jugements rendus en l’absence de la personne.
- Motifs de refus possibles : les mêmes faits sont traités en Lettonie ; une décision de ne pas poursuivre ou de mettre fin aux poursuites a été prise ; les poursuites ou l’exécution de la peine sont prescrites selon le droit letton ; ou l’infraction a été commise hors de l’État d’émission et n’est pas punissable en Lettonie.
- Double incrimination : pour les infractions qui ne figurent pas à l’annexe 2 de la loi de procédure pénale, il peut être nécessaire de vérifier si les faits sont également punissables en Lettonie. Pour une infraction de l’annexe 2 passible dans l’État d’émission d’une peine privative de liberté maximale d’au moins trois ans, la Lettonie ne contrôle pas la double incrimination.
- Interdictions impératives et jugement rendu en l’absence : l’article 714, paragraphe 5, vise notamment certaines situations d’amnistie en droit letton, une décision définitive concernant la même infraction et l’âge de responsabilité pénale. L’article 714, paragraphe 4¹, traite de certains MAE visant l’exécution d’une peine ou d’une mesure privative de liberté après une décision rendue en l’absence de la personne. Le résultat dépend de la notification, de la représentation, de la réception du jugement et du fait que la personne ait renoncé à un recours ou ne l’ait pas exercé.
- Exécution d’une peine : la loi prévoit un motif facultatif dans certaines situations où une personne résidant en Lettonie est recherchée pour exécuter une peine prononcée par un autre État membre.
Pour une personne qui ne consent pas à la remise, la décision relative au MAE peut être contestée devant la Cour suprême dans un délai de 10 jours à compter de sa réception. L’article 720 prévoit que la Cour transmet sa décision au parquet général dans les 20 jours suivant la réception du recours. Si la personne consent à la remise, la décision n’est pas susceptible de recours en vertu de l’article 720, paragraphe 1. Le consentement à la remise et la renonciation à la règle de spécialité ont des conséquences distinctes : demandez conseil avant de signer. Consultez le guide consacré à la procédure du mandat d’arrêt européen.
Quelles preuves produire et quels délais de détention vérifier ?
Un mémoire utile relie chaque critère légal à un document, une date et une demande précise. En vertu de l’article 698, la personne a le droit de savoir qui a demandé l’extradition et pourquoi, d’utiliser une langue qu’elle comprend, de fournir des explications, de présenter des demandes, de consulter les pièces de l’examen et de choisir un avocat. Exercez ces droits tôt et demandez les documents manquants qui sont importants pour un motif de refus.
- Établir un tableau motif par motif. Indiquez le critère légal, le fait à l’appui, la source de preuve, les éléments contraires éventuels et la mesure demandée. Distinguez les motifs facultatifs des interdictions impératives.
- Vérifier l’identité et les faits reprochés. Comparez les données d’identité, les dates, les actes allégués, l’acte d’accusation et le mandat d’arrêt. Décrivez précisément toute incohérence.
- En cas de risque de torture ou de traitement interdit, produisez des sources indépendantes et récentes et expliquez le lien individuel : lieu probable de détention, statut, données médicales, vulnérabilité, menaces antérieures et réponse de l’État requérant.
- Pour la peine de mort ou un jugement rendu en l’absence, identifiez l’accusation et la peine exactes, vérifiez la compétence et la fiabilité de toute assurance et établissez quelle notification a été reçue et si un véritable nouveau procès est possible.
- Pour la prescription ou une décision antérieure, produisez les décisions certifiées et une chronologie. Le calcul peut dépendre du droit letton et du traité applicable : ne partez pas de la seule date d’arrestation sans vérifier la règle applicable.
| Événement | Règle à vérifier | Action immédiate |
|---|---|---|
| Arrestation initiale aux fins d’extradition | L’article 699 autorise un enquêteur ou un procureur à détenir la personne jusqu’à 72 heures dans les cas prévus. | Obtenez le procès-verbal d’arrestation, l’heure exacte, le fondement juridique et les informations données sur les droits. |
| Arrestation provisoire dans l’attente d’une demande formelle | L’article 701 prévoit normalement 40 jours à compter de l’arrestation, sauf disposition contraire d’un traité. Une disposition liée à 18 jours peut permettre une libération si aucune demande ni notification expliquant le retard n’arrive ; la libération au 18e jour n’est pas automatique. La loi exige une libération dans les cas prévus si la demande ou l’ordonnance d’arrestation en vue de l’extradition n’est pas en place dans les 40 jours. | Vérifiez le traité, la date d’arrivée de la demande, toute notification de retard et l’ordonnance d’arrestation. |
| Présentation de la demande et observations | Selon l’article 704, paragraphe 4, le procureur doit généralement présenter la demande dans les 48 heures suivant sa réception. Le paragraphe prévoit une exception précise lorsque la personne n’est pas détenue. | Notez la date de réception et la date de présentation à la personne ; documentez toute violation importante. |
| Examen d’une demande d’un pays tiers | L’article 704, paragraphe 3, prévoit 20 jours à compter de la réception, sous réserve de la règle relative aux informations complémentaires et du pouvoir du procureur général de prolonger l’examen. | Ne confondez pas ce délai d’examen avec le délai de recours ou une date garantie de remise. |
| Recours contre une décision d’extradition vers un pays tiers | 10 jours à compter de la réception de la décision du procureur général, selon l’article 705¹, paragraphe 2. | Déposez le recours sans attendre, conservez la preuve de réception et confirmez la méthode de dépôt avec un avocat letton. |
| Détention dans l’attente d’une extradition vers un pays tiers | L’article 702, paragraphe 5, fixe une limite maximale d’un an, sous réserve de la règle légale relative à une peine étrangère plus courte. Ce n’est pas une autorisation automatique de détenir pendant un an. | Contestez séparément la nécessité et la légalité du maintien en détention si elles sont douteuses. |
| Détention et recours dans le cadre d’un MAE | L’article 717 prévoit 80 jours d’arrestation en vue de l’extradition à compter de l’arrestation et autorise une prolongation exceptionnelle de 30 jours. L’article 720 prévoit un délai de recours de 10 jours et un délai de 20 jours pour l’envoi de la décision de la Cour suprême. L’article 721 contient une règle distincte de remise dans un délai de 10 jours. | Appliquez le calendrier du MAE, et non celui des pays tiers, et demandez à l’avocat de vérifier la décision et la date de remise pertinentes. |
L’asile, le non-refoulement ou une mesure urgente en matière de droits humains peuvent-ils arrêter la remise ?
L’article 3 de la loi lettone sur l’asile prévoit qu’un demandeur d’asile ne doit pas être renvoyé ou extradé vers un pays où existent les menaces visées à l’article 37, paragraphe 1, ou à l’article 40, paragraphe 1 ; une protection correspondante s’applique aux réfugiés reconnus et aux personnes bénéficiant du statut alternatif dans les limites prévues par la loi. Cela importe si l’État requérant est aussi le pays où la personne craint des persécutions ou un préjudice grave. Une demande d’asile n’annule pas automatiquement la demande d’extradition et ne remplace pas le recours prévu par la loi de procédure pénale. Informez les deux autorités des procédures parallèles, identifiez le pays de destination et produisez des éléments cohérents propres à la personne. Une décision de renvoi ou d’éloignement en droit de l’immigration est également distincte de l’extradition et doit être contestée selon sa propre procédure.
Un recours constitutionnel individuel en Lettonie n’est pas un nouvel appel sur le fond de l’extradition. Il peut viser une disposition juridique présumée porter atteinte aux droits fondamentaux, généralement après épuisement des voies de recours ordinaires disponibles. Le délai ordinaire est de six mois, mais son point de départ exact et les conditions de recevabilité doivent être vérifiés au regard de la loi sur la Cour constitutionnelle dans chaque affaire. Le dépôt ne suspend pas automatiquement la remise. Conservez la décision définitive, identifiez la norme contestée et vérifiez d’urgence le délai.
La Lettonie est liée par la Convention européenne des droits de l’homme. Une requête à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) peut soulever un risque réel de traitement contraire à l’article 3, une menace pour la vie ou une autre question grave relevant de la Convention ; la CEDH n’est toutefois pas une juridiction d’appel supplémentaire sur l’accusation étrangère. En principe, le requérant doit épuiser les recours internes effectifs ; il faut vérifier sans délai les critères de recevabilité et le délai applicable.
Les mesures provisoires de la règle 39 sont exceptionnelles et visent un risque imminent de dommage irréparable, notamment une menace grave pour la vie ou un risque réel de traitement interdit par l’article 3. Indiquez la date et la destination prévues de la remise, joignez les décisions nationales et les preuves individuelles récentes, et expliquez pourquoi une réparation ultérieure ne suffirait pas. La directive pratique de la CEDH précise que la Cour pourrait ne pas être en mesure de traiter une demande d’extradition reçue moins d’un jour ouvrable avant la remise ; dans la mesure du possible, demandez d’abord une mesure interne capable de suspendre la remise. La règle 39 ne garantit aucun résultat et ne remplace pas le recours national de 10 jours. Consultez le guide sur la saisine de la Cour européenne des droits de l’homme.
Une plainte constitutionnelle ou une demande à INTERPOL offrent-elles une autre voie ?
Une notice rouge d’INTERPOL est une demande visant à localiser une personne et à solliciter son arrestation provisoire dans l’attente d’une extradition ou d’une mesure juridique similaire. Elle ne constitue pas elle-même un mandat d’arrêt international et ne décide pas si la Lettonie peut extrader. Une contestation des données d’INTERPOL est distincte du recours contre la décision lettone d’extradition et ne doit pas le remplacer. Consultez le guide sur la suppression d’une notice rouge et la représentation liée à la CCF.
Que disent les principaux arrêts pour un citoyen de l’UE ou une personne craignant des mauvais traitements ?
Dans Čalovskis c. Lettonie, requête no 22205/13, arrêt du 24 juillet 2014, la CEDH a examiné la détention dans l’attente d’une extradition vers les États-Unis ainsi que des griefs relatifs aux mauvais traitements et à la sévérité de la peine. Elle n’a constaté aucune violation de l’article 3 concernant l’autorisation d’extrader au vu des éléments de cette affaire. Cet arrêt ne signifie pas qu’un risque individuel étayé peut être ignoré : il faut satisfaire au seuil juridique au regard des faits. La Cour avait auparavant indiqué une mesure provisoire, mais cette étape procédurale ne préjugeait pas de l’arrêt définitif.
Dans l’arrêt Hayes et autres c. Royaume-Uni (requêtes nos 56532/22, 56889/22 et 3739/23, 1er juillet 2025), une chambre de la CEDH n’a constaté aucune violation de l’article 3 au vu des faits concernant le risque allégué d’une réclusion à perpétuité obligatoire sans libération conditionnelle et d’une peine manifestement disproportionnée. Cet arrêt dépend des faits et ne signifie pas que de tels arguments échouent toujours. La défense doit examiner la peine concrète, les mécanismes de réexamen disponibles et les éléments individuels. Comme l’arrêt concerne le Royaume-Uni, il constitue un élément persuasif pour la Lettonie, et non une décision obligatoire à son égard.
Pour un citoyen de l’UE recherché par un pays tiers, l’arrêt de la CJUE Petruhhin (C-182/15, 6 septembre 2016) fait suite à un renvoi de la Cour suprême lettone. Il exige une consultation de l’État membre de nationalité afin que celui-ci ait la possibilité de demander la remise au moyen d’un MAE. L’arrêt ultérieur de Grande Chambre Generalstaatsanwaltschaft Berlin (C-398/19, 17 décembre 2020) confirme que l’État de nationalité doit recevoir les éléments de fait et de droit de la demande et disposer d’un délai raisonnable pour envisager un MAE. Il faut donc vérifier dans le dossier le respect de l’étape de notification prévue à l’article 704, paragraphe 2². Aucun de ces arrêts ne fait de la citoyenneté de l’UE une immunité automatique contre l’extradition.
Que faire maintenant et quelles erreurs éviter ?
- Identifier l’instrument : une demande d’extradition d’un pays tiers, un MAE, une décision d’éloignement et une notice INTERPOL ne sont pas interchangeables.
- Obtenir la décision susceptible de recours : pour un pays tiers, identifier la décision du procureur général prise en vertu de l’article 705¹ ; pour un MAE, vérifier la décision et l’existence d’un consentement.
- Calculer le délai à compter de la réception : conserver l’enveloppe, la notification électronique et la traduction. Traiter le délai de 10 jours comme urgent et demander à un avocat letton de confirmer la date limite et la méthode de dépôt.
- Associer chaque motif à une preuve : distinguer les interdictions impératives de l’article 697, paragraphe 2, des motifs facultatifs du paragraphe 1 et vérifier le traité avant d’invoquer la nationalité ou l’absence d’accord bilatéral.
- Soulever les risques parallèles sans confondre les recours : examiner l’asile, un recours distinct contre la détention, la règle 39 et tout mécanisme de l’ONU disponible ; aucun ne doit être présumé suspendre automatiquement la remise.
Exemple hypothétique : une personne est détenue en Lettonie à la demande d’un pays tiers. Le procureur général décide de l’extrader et la défense obtient une copie certifiée d’un jugement définitif d’un État membre de l’UE concernant la même infraction. L’avocat doit saisir la Cour suprême dans les 10 jours suivant la réception de la décision lettone, comparer les infractions et expliquer pourquoi l’article 697, paragraphe 2, point 3, s’applique. La détention et toute mesure urgente fondée sur un risque doivent être évaluées séparément. Le résultat dépend de l’identité juridique des infractions, du traité et des preuves, pas de la seule existence d’une affaire antérieure.
Les erreurs fréquentes consistent à contester le mauvais document, à compter les 10 jours depuis l’arrestation plutôt que depuis la réception, à se fier à une ancienne traduction sans vérifier le texte letton en vigueur, à traiter une notice rouge comme un mandat d’arrêt, à supposer qu’une demande d’asile suspend automatiquement la remise, à considérer tous les motifs de l’article 697 comme impératifs et à produire des rapports généraux sans les relier à la personne.
Si un proche vient d’être arrêté ou a reçu une décision, notez l’heure et le lieu, obtenez les documents d’arrestation et d’extradition, demandez un avocat et un interprète, conservez les preuves de réception de chaque décision et transmettez à l’avocat les documents d’identité, de nationalité et de résidence, les jugements antérieurs, les éléments de prescription, les dossiers médicaux et les preuves de risque. Demandez-lui de confirmer par écrit le délai applicable, le destinataire du recours, la voie de contestation de la détention et l’existence éventuelle d’un effet suspensif.
Questions fréquentes
Le recours devant la Cour suprême libère-t-il automatiquement la personne ?
Non. Le recours sur le fond et la détention sont distincts. L’avocat doit vérifier l’ordonnance de détention, les limites légales et la nécessité de demander séparément une libération ou un contrôle.
Tous les motifs de l’article 697 sont-ils impératifs ?
Non. Le paragraphe 1 énumère les motifs pour lesquels l’extradition peut être refusée ; le paragraphe 2 vise les situations où elle n’est pas admissible. Le traité applicable peut aussi influer sur l’analyse.
Une demande d’asile peut-elle remplacer le recours contre l’extradition ?
Non. L’article 3 de la loi sur l’asile peut interdire le retour ou l’extradition lorsque les menaces prévues par la loi existent, mais les procédures d’asile et d’extradition doivent être engagées et suivies séparément.
La suppression d’une notice rouge met-elle fin à l’affaire d’extradition ?
Pas nécessairement. La suppression d’une notice rouge ne tranche pas la procédure lettone d’extradition. L’avocat doit vérifier s’il subsiste une demande nationale, un mandat ou un autre fondement juridique distinct.
Sources et textes juridiques
- Lettonie, loi de procédure pénale, texte letton consolidé en vigueur du 21 avril au 27 octobre 2026, chapitre 66, articles 696 à 721.
- Lettonie, loi sur l’asile, article 3, non-refoulement.
- Bureau des traités du Conseil de l’Europe, déclarations de la Lettonie relatives à la Convention européenne d’extradition.
- CEDH, Čalovskis c. Lettonie, requête no 22205/13, arrêt du 24 juillet 2014.
- CEDH, Règlement et directives pratiques, 28 avril 2025, dont les indications de délai pour la règle 39.
- Greffe de la CEDH, résumé officiel de Hayes et autres c. Royaume-Uni, requêtes nos 56532/22, 56889/22 et 3739/23, arrêt du 1er juillet 2025.
- INTERPOL, informations sur les notices rouges.
- CJUE, Petruhhin, affaire C-182/15, arrêt du 6 septembre 2016, communiqué officiel.
- CJUE, Grande Chambre, Generalstaatsanwaltschaft Berlin, affaire C-398/19, arrêt du 17 décembre 2020, communiqué officiel.
- Cour constitutionnelle de Lettonie, droit de présenter une demande (recours constitutionnel individuel)
Ce texte fournit des informations générales et ne constitue pas une analyse d’un dossier individuel. L’équipe du site coordonne la défense transfrontalière avec des avocats locaux ; vous pouvez demander une consultation.