Comment empêcher une extradition depuis la Lituanie : motifs, recours et délais
En Lituanie, une demande d’extradition ordinaire est examinée par le Vilniaus apygardos teismas (tribunal régional de Vilnius), après saisine par un procureur du Lietuvos Respublikos generalinė prokuratūra (Bureau du procureur général de la République de Lituanie). Si le tribunal autorise l’extradition, la personne recherchée ou son avocat dispose de sept jours à compter du prononcé de la décision pour saisir le Lietuvos apeliacinis teismas (Cour d’appel de Lituanie) ; ce recours suspend l’exécution. Il faut d’abord identifier la procédure applicable, étayer un motif précis de refus et préserver immédiatement le délai.
Commencez par distinguer l’extradition, le mandat d’arrêt européen et l’éloignement
Pour une demande provenant d’un État hors UE, les principales dispositions sont l’article 9 du Code pénal lituanien et l’article 71 du Code de procédure pénale (CPP), lus avec le traité applicable. Un mandat d’arrêt européen (MAE) émis par un autre État membre de l’UE relève d’un régime distinct, notamment de l’article 9¹ du Code pénal et des articles 71¹ à 75 du CPP. N’appliquez pas automatiquement au MAE les motifs prévus pour l’extradition vers un État tiers.
L’extradition et l’éloignement en droit de l’immigration relèvent de décisions et de recours différents ; contester l’une des mesures n’arrête pas automatiquement l’autre. Identifiez le document, l’autorité émettrice et l’État de destination. Consultez le guide général sur l’extradition depuis la Lituanie pour la procédure complète et Extradition ou expulsion pour la distinction.
Quelle autorité lituanienne décide et quel est le délai d’appel ?
Selon l’article 73 CPP, un procureur du Bureau du procureur général de Lituanie saisit le tribunal régional de Vilnius, qui doit tenir une audience dans les sept jours en présence de la personne recherchée, de son avocat et du procureur. L’article 73 prévoit ce délai de sept jours sans préciser expressément, dans cette phrase, l’événement qui en déclenche le calcul ; vérifiez avec l’avocat la date de réception au greffe et le dossier. C’est le juge, et non le seul procureur, qui décide de l’extradition.
L’article 74 permet à la personne concernée ou à son avocat de faire appel d’une décision autorisant l’extradition ; le procureur peut contester un refus. La Cour d’appel de Lituanie peut confirmer ou annuler la décision. Son arrêt est définitif et ne peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation. Le délai spécial de sept jours prévaut sur les délais ordinaires d’appel pénal.
| Étape ou recours | Autorité et délai | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Audience de première instance | Tribunal régional de Vilnius ; audience dans les sept jours selon l’article 73 CPP. | Présentez les motifs de refus et les pièces dès le début, et pas seulement après une décision défavorable. |
| Appel de la décision d’extradition | Cour d’appel de Lituanie, dans les sept jours suivant le prononcé (article 74(1)). | L’appel suspend l’exécution selon l’article 74(4). Ne calculez pas le délai à partir d’un rendez-vous ultérieur et ne supposez pas qu’une date de notification remplace le point de départ légal. |
| Examen de l’appel | Au plus tard 14 jours après le dépôt ; présence du procureur obligatoire (article 74(2)). | Précisez les erreurs de droit, de fait ou de preuve et la décision demandée. |
| Détention provisoire | L’article 130 CPP prévoit un recours distinct contre le placement ou la prolongation de la détention provisoire, ou contre le refus de la prononcer accompagné d’une autre mesure de contrôle ; délai de 20 jours à compter du prononcé, par l’intermédiaire du tribunal ayant rendu la décision. | Ce recours porte sur la détention, pas sur le bien-fondé de l’extradition. Si l’extradition est autorisée, déposez séparément l’appel prévu à l’article 74. |
| Procédure simplifiée | Consentement écrit requis ; pour une extradition, approbation du Bureau du procureur général. Audience devant le tribunal régional de Vilnius dans les trois jours (article 75). | La décision rendue selon la procédure simplifiée n’est pas susceptible d’appel. Le délai de trois jours pour l’audience suit la saisine du tribunal par le procureur ; vérifiez la date de réception au greffe. Le retrait du consentement entraîne l’application de la procédure ordinaire de l’article 73 ; demandez conseil avant de signer. |
L’appel sur l’extradition dans les sept jours et le recours relatif à la détention dans les 20 jours sont distincts. L’article 74 suspend l’exécution de la décision d’extradition ; ne présumez pas qu’un recours sur la détention, une demande d’asile, une démarche auprès d’INTERPOL ou une plainte constitutionnelle produit le même effet. Obtenez rapidement la décision écrite et ne supposez pas qu’une demande de traduction prolonge le délai.
L’arrestation provisoire obéit à un délai conventionnel distinct. Si la Convention européenne d’extradition s’applique, son article 16(4) permet de mettre fin à l’arrestation provisoire si la demande formelle et les pièces de l’article 12 ne sont pas reçues dans les 18 jours suivant l’arrestation ; cette arrestation ne peut en aucun cas dépasser 40 jours à compter de l’arrestation au titre de cette Convention. Ces délais concernent l’arrestation provisoire avant réception de la demande formelle, et non une durée maximale universelle de toute détention après réception. Vérifiez immédiatement le traité liant les deux États, le mandat d’arrêt et toute décision de prolongation ; une remise en liberté au titre de l’article 16(4) n’empêche pas une nouvelle arrestation si la demande arrive ensuite.
Quels motifs peuvent justifier le refus de l’extradition ?
L’article 9(3) du Code pénal et l’article 71(3) CPP énumèrent des motifs possibles de refus. Leur effet dépend du texte du motif et du traité applicable ; identifiez le traité liant la Lituanie et l’État requérant.
L’article 9(3) emploie une formulation facultative : il permet à la Lituanie de refuser l’extradition pour les motifs énumérés, qui ne constituent donc pas tous des interdictions automatiques. Un traité contraignant ou la Convention européenne des droits de l’homme peut imposer séparément un refus selon les faits.
| Motif | Fondement juridique | Pièces à préparer | Effet juridique |
|---|---|---|---|
| Absence de double incrimination | Article 9(3)(1) ; comparez les faits, et pas seulement l’intitulé de l’infraction étrangère, au droit lituanien et au traité. | Description des faits, droit étranger et comparaison motivée avec l’infraction lituanienne. Voir la double incrimination en matière d’extradition. | Motif possible ; pas d’interdiction automatique au titre de l’art. 9(3). |
| Faits commis en Lituanie | Article 9(3)(2) ; les faits transfrontaliers peuvent compliquer l’analyse. | Itinéraires, données de localisation, communications et témoignages indiquant où chaque acte a été commis. | Motif possible ; pas d’interdiction automatique au titre de l’art. 9(3). |
| Infraction politique, distincte d’un grief de persécution | Article 9(3)(3) du Code pénal ; l’article 3(1)–(2) de la Convention européenne d’extradition (CEE) traite des infractions politiques et de la persécution. La déclaration lituanienne relative à l’article 3(3) porte sur les actes précis visés dans ce paragraphe. | Expliquez pourquoi l’infraction alléguée est politique. Des preuves qu’une accusation ordinaire dissimule une persécution politique peuvent soutenir un argument conventionnel ou fondé sur les droits humains ; le simple désaccord avec l’accusation ne suffit pas. | Motif légal possible ; un traité ou les obligations de droits humains peuvent imposer le refus. |
| Condamnation antérieure, acquittement ou dispense de responsabilité | Article 9(3)(4) ; les règles conventionnelles de ne bis in idem peuvent aussi s’appliquer. | Décision définitive, preuve de son caractère définitif, identité de la personne et comparaison des faits dans les deux procédures. | Motif légal possible ; vérifier la règle ne bis in idem du traité applicable. |
| Peine de mort | Article 9(3)(5) ; l’article 11 CEE concerne l’insuffisance des garanties que la peine ne sera pas exécutée. | Textes de peine applicables et garanties écrites, avec leur portée et leur fiabilité. | Motif légal possible ; la CEDH ou le traité peut imposer le refus si le risque est établi. |
| Prescription, amnistie ou grâce | Article 9(3)(6)–(7) ; vérifiez le traité et les règles de prescription applicables. | Dates pertinentes, calcul du délai, jugement définitif et acte d’amnistie ou de grâce. | Motif légal possible ; vérifier les règles de prescription du traité applicable. |
| Autre motif prévu par un traité | Article 9(3)(8) du Code pénal et article 71(3)(8) CPP. | Disposition du traité liant la Lituanie et faits satisfaisant son critère, y compris un éventuel obstacle lié aux droits humains. | Dépend du traité applicable ; certaines règles conventionnelles ou de droits humains imposent le refus. |
| Santé, âge, circonstances personnelles ou tribunal spécial | La réserve lituanienne à l’article 1 CEE concerne les effets défavorables liés à la santé, à l’âge ou à la motivation personnelle, ainsi que le jugement par un tribunal spécial. | Documents médicaux, vulnérabilité liée à l’âge, conséquences concrètes et informations fiables sur le tribunal envisagé. | Réserve à la CEE : clause du tribunal spécial comme condition ; santé, âge ou motivation personnelle relèvent d’une faculté de refus. |
| Asile ou protection temporaire déjà accordés en Lituanie | Article 9(4) du Code pénal et article 71(4) CPP, sous réserve de l’exception renvoyant à l’article 7 du Code pénal. | Décision définitive de protection, pays où la personne craint des persécutions et analyse de l’exception éventuelle. | Interdiction légale si l’asile/la protection temporaire est accordé, sous réserve de l’exception de l’art. 7 ; une demande pendante ne vaut pas octroi. |
Pour une demande fondée sur la CEE, vérifiez les règles conventionnelles sur la nationalité, les infractions militaires et fiscales, les procédures pendantes, les jugements antérieurs, la prescription, les documents et la spécialité. La Convention est entrée en vigueur pour la Lituanie le 18 septembre 1995. La déclaration lituanienne relative à l’article 6 indique que les ressortissants lituaniens ne sont pas extradés. Les réserves à l’article 1 concernent le tribunal spécial et les effets défavorables liés à la santé, à l’âge ou à la motivation personnelle. La déclaration relative à l’article 3 ne porte que sur la classification des actes visés à l’article 3(3), et non sur toute allégation d’infraction politique. Le MAE est un régime distinct de remise au sein de l’UE.
Comment établir un risque de violation des droits humains ?
Les articles 2 et 3 de la Convention européenne des droits de l’homme peuvent interdire un transfert exposant une personne à un risque réel pour sa vie, à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants. Il ne s’agit pas d’une exemption générale aux poursuites à l’étranger : démontrez un risque réel, personnel et prévisible. Pour les conditions de détention, identifiez l’établissement probable, le statut de détention, les conditions attendues et les raisons pour lesquelles cette personne est particulièrement exposée. Une vulnérabilité médicale, des menaces précises et des violences antérieures documentées sont plus probantes que des rapports généraux seuls.
Le critère conventionnel général ressort notamment de Soering c. Royaume-Uni : l’article 3 peut interdire l’extradition s’il existe des motifs sérieux de croire à un risque réel de torture ou de traitement inhumain ou dégradant. Pour invoquer un risque de procès inéquitable, Harkins c. Royaume-Uni confirme le seuil exceptionnellement élevé du « déni flagrant de justice » ; des irrégularités ordinaires ou des critiques générales des tribunaux de l’État requérant ne suffisent pas. Ces arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme éclairent l’analyse conventionnelle, sans remplacer le test légal lituanien ni trancher un cas individuel.
En cas de persécution politique, reliez l’accusation aux événements politiques, aux déclarations officielles, à des poursuites sélectives ou à des menaces. Pour un grief relatif à l’équité du procès, identifiez le défaut et expliquez pourquoi il risque d’entraîner un déni flagrant de justice. Si la peine de mort est possible, évaluez les garanties et la possibilité de contrôler leur respect.
Lorsque le droit de l’UE s’applique, la jurisprudence de la CJUE peut ajouter des garanties. Dans l’arrêt Petruhhin (C‑182/15), lorsqu’un État tiers demande l’extradition d’un citoyen de l’UE ressortissant d’un autre État membre et résidant légalement dans l’État requis, ce dernier doit informer l’État de nationalité et lui permettre d’envisager un MAE si les conditions juridiques sont réunies. L’arrêt C‑398/19 précise qu’il n’existe pas d’interdiction automatique de l’extradition : l’État requis peut fixer un délai raisonnable pour l’émission d’un MAE par l’État de nationalité. En l’absence de MAE, l’extradition peut être envisagée seulement après vérification des risques pertinents au regard de l’article 19 de la Charte de l’UE. Ces règles ne s’appliquent que si les faits relèvent du droit de l’UE.
Pour un MAE, appliquez ses propres motifs de non-exécution et les critères du droit de l’UE. Les objections relatives aux conditions de détention ou à l’indépendance judiciaire exigent des éléments actuels, fiables et individualisés. Un rapport général peut ne pas suffire. Consultez le guide sur la procédure du mandat d’arrêt européen.
Une demande d’asile arrête-t-elle l’extradition ?
L’asile et l’extradition sont deux procédures distinctes. L’article 9(4) du Code pénal et l’article 71(4) du CPP interdisent expressément l’extradition d’une personne ayant déjà obtenu l’asile ou la protection temporaire, sous réserve de l’exception de l’article 7 ; une demande pendante ne vaut pas octroi. Toutefois, la procédure d’asile en cours peut affecter ou suspendre la procédure d’extradition : dans I.A. c. Lituanie, les autorités lituaniennes ont indiqué au Comité des Nations Unies que la procédure d’asile en cours entraînait la suspension de l’extradition. Cette affaire historique concernait les années 2014–2017 et ne garantit pas le même résultat dans chaque affaire actuelle. Informez immédiatement par écrit le Département des migrations, le Bureau du procureur général et le tribunal de l’extradition, joignez la preuve de la demande et sollicitez une confirmation écrite de la suspension au regard des règles actuellement applicables. Respectez les délais et les convocations tant qu’une autorité compétente n’a pas confirmé la suspension.
Dans I.A. c. Lituanie (Comité des droits de l’homme de l’ONU, communication no 2989/2017, constatations adoptées le 26 juillet 2019), le Comité a déclaré irrecevable la communication concernant une extradition vers le Bélarus, au titre de l’article 2 du Protocole facultatif, faute d’allégations suffisamment étayées. Il a aussi considéré que la dissimulation intentionnelle d’une procédure nationale d’extradition en cours constituait un abus du droit de présenter une communication à propos de la demande de mesures provisoires. Révélez l’historique procédural complet et produisez des éléments actuels propres à la personne. Cette décision ne signifie pas que toute extradition est sûre.
Une publication officielle des juridictions lituaniennes indique qu’en 2016 le tribunal régional de Vilnius a refusé d’extrader vers le Kazakhstan un ressortissant kazakh au motif de l’infraction politique. Cette notice n’est pas la décision motivée complète et ne fournit pas de numéro d’affaire vérifié ; elle rapporte un refus mais n’établit pas un critère généralement contraignant. Dans Abu Zubaydah c. Lituanie (CEDH, no 46454/11, 31 mai 2018), la Cour a constaté des violations de la Convention liées à une détention secrète et à un transfert exposant le requérant à un risque de mauvais traitements. Ce n’était pas une affaire d’extradition et l’arrêt n’interprète pas les motifs légaux lituaniens d’extradition ; il constitue seulement un contexte sur les obligations de l’État en matière de droits humains lors d’un transfert.
La nationalité ou une plainte constitutionnelle peut-elle empêcher le transfert ?
L’article 13 de la Constitution renvoie l’extradition des citoyens lituaniens aux accords internationaux. La déclaration lituanienne relative à l’article 6 CEE indique que les demandes d’extradition de ressortissants lituaniens doivent être refusées. Cela n’empêche pas toute forme de transfert : la remise en vertu d’un MAE est un mécanisme distinct de l’UE qui peut s’appliquer aux citoyens lituaniens.
Pour un citoyen de l’UE recherché par un État tiers, la jurisprudence Petruhhin peut obliger la Lituanie à informer l’État de nationalité et à lui permettre d’envisager un MAE si les conditions de compétence et les autres conditions sont réunies. Cela ne fait pas automatiquement obstacle à l’extradition. Soulevez tôt la nationalité, la résidence légale et le lien avec le droit de l’UE.
La plainte constitutionnelle individuelle est un recours ultime, et non un nouvel appel sur les faits. Selon l’article 106 de la Constitution, une personne peut saisir la Cour constitutionnelle après épuisement des recours applicables si un acte juridique appliqué dans son affaire a violé ses droits constitutionnels. Le délai général est de quatre mois à compter de l’entrée en vigueur de la décision judiciaire définitive et insusceptible de recours. Le rétablissement du délai est exceptionnel. Le dépôt ne suspend pas l’extradition et la plainte doit identifier un défaut constitutionnel de l’acte juridique.
La Cour de Strasbourg ou un organe de l’ONU peut-il ordonner une mesure provisoire ?
Si des preuves établissent un risque imminent de dommage irréparable à un droit garanti par la Convention, la personne peut demander une mesure provisoire au titre de l’article 39 du règlement de la CEDH. Ces mesures sont exceptionnelles ; une demande ou une requête ne suspend pas à elle seule le transfert. Agissez rapidement, joignez les décisions nationales, toute date de transfert connue et des preuves du risque individuel, tout en poursuivant les recours internes effectifs. Consultez le guide de saisine de la CEDH.
Une demande de mesures provisoires au Comité des droits de l’homme de l’ONU peut être possible si le Comité est compétent pour examiner une communication individuelle contre la Lituanie. Elle n’est pas automatique et ne remplace pas les recours internes. L’affaire I.A. c. Lituanie montre qu’il faut révéler les procédures pendantes et produire des preuves propres à la personne.
La Commission de contrôle des fichiers d’INTERPOL (CCF) peut examiner une contestation portant sur le traitement de données dans le système d’information d’INTERPOL. Elle ne statue pas sur le bien-fondé de l’extradition, n’est pas une juridiction d’appel et ne suspend pas une décision lituanienne. Protégez d’abord le délai interne de sept jours. Pour la contestation distincte des données, voir Retrait d’une notice rouge INTERPOL et représentation devant la CCF.
Que faut-il déposer devant le tribunal régional de Vilnius ?
Classez les preuves par motif juridique plutôt que de déposer un dossier sans structure :
- la demande, le mandat, l’acte d’accusation ou le jugement traduit, le traité et les pièces complémentaires ;
- une chronologie datée des faits, procédures antérieures, menaces, activités politiques et démarches d’asile ;
- la disposition légale et l’article du traité invoqués pour chaque motif, avec les faits qui satisfont au critère ;
- les jugements définitifs, calculs de prescription, actes d’amnistie ou de grâce et preuves de localisation ;
- des informations récentes sur le pays, liées à l’établissement probable, au procès, aux besoins médicaux ou au risque personnel ;
- les dossiers médicaux et avis spécialisés si la santé ou l’âge sont pertinents ;
- les garanties écrites complètes et les questions sur leur portée et leur contrôle ;
- la date de la décision, le délai de sept jours prévu à l’article 74, la juridiction d’appel et le délai distinct relatif à la détention.
Conservez les originaux et utilisez des traductions fiables. Indiquez l’auteur et la date de chaque rapport ainsi que les passages pertinents. Expliquez le lien entre les éléments contestés et la personne et demandez au tribunal de statuer expressément sur chaque motif important.
Quelles erreurs affaiblissent une contestation pourtant valable ?
- Manquer le délai : sept jours à compter du prononcé, et non le délai de 20 jours relatif à la détention.
- Supposer qu’un motif est automatique : chaque motif légal, conventionnel ou fondé sur les droits humains a ses propres critères.
- Invoquer uniquement des rapports généraux : reliez-les aux conditions probables et au risque pour cette personne.
- Confondre demande d’asile et protection accordée : précisez le statut et demandez une décision sur une éventuelle suspension.
- Assimiler MAE et extradition : les motifs et délais diffèrent.
- Signer un consentement simplifié sans conseil : l’article 75 ne prévoit pas d’appel.
- Supposer qu’une autre démarche suspend le transfert : identifiez une règle ou une décision qui produit effectivement cet effet.
- Utiliser des affaires non vérifiées : contrôlez la juridiction, la date, le numéro et la solution ; une décision étrangère ne lie pas nécessairement les juridictions lituaniennes.
Arbre de décision pratique
- Identifiez le mécanisme : extradition, MAE, remise à la Cour pénale internationale ou éloignement.
- Notez les dates : obtenez la décision et calculez les délais d’appel et de détention.
- Reliez chaque motif à une preuve : indiquez la disposition, le critère, les faits et le résultat demandé.
- Faites appel dans les sept jours si l’article 74 s’applique : exposez les erreurs ; l’appel suspend l’exécution.
- Traitez parallèlement le risque urgent : envisagez une mesure au titre de l’article 39 ou de l’ONU si un dommage irréparable est imminent, tout en poursuivant les recours internes.
- Suivez séparément les autres procédures : asile, éloignement, données INTERPOL et détention.
Exemple hypothétique : un ressortissant bélarussien affirme que les poursuites sont politiquement motivées et que sa détention l’exposerait à des mauvais traitements. Il devrait produire les actes d’accusation, une chronologie des menaces et activités politiques, des informations récentes sur l’établissement probable et des preuves de son risque personnel. Si l’extradition est autorisée, il doit saisir la Cour d’appel de Lituanie dans les sept jours du prononcé ; l’appel suspend l’exécution. Cet exemple illustre la procédure, pas son issue.
Comment cette page s’articule avec le guide général
Cette page traite des motifs de refus, des délais et des recours parallèles, et non de toute la procédure. Si la demande repose sur un MAE, utilisez l’analyse distincte de la remise.
Pour une évaluation adaptée au dossier, l’équipe coordonne la défense transfrontalière avec un conseil local. Transmettez la décision écrite, sa date, la demande ou le mandat et les preuves urgentes du risque via la demande de consultation.
Questions fréquentes
Un appel arrête-t-il automatiquement l’extradition ?
L’appel prévu à l’article 74 CPP contre la décision du tribunal régional de Vilnius a un effet suspensif. Ne supposez pas qu’un recours sur la détention, une demande d’asile, une plainte auprès d’INTERPOL ou une plainte constitutionnelle produit le même effet.
Peut-on faire appel de la décision de la Cour d’appel devant la Cour suprême ?
Le pourvoi en cassation n’est pas ouvert contre la décision prévue à l’article 74. Une plainte constitutionnelle ou une requête internationale obéit à d’autres conditions de recevabilité et ne suspend pas automatiquement le transfert.
Une notice rouge est-elle un ordre d’extradition ?
Non. Une notice rouge est une alerte d’INTERPOL, pas une décision judiciaire d’extradition. La contestation des données devant la CCF est distincte et ne remplace pas le délai d’appel interne.
Une demande d’asile pendante empêche-t-elle l’extradition ?
Une demande pendante ne constitue pas la protection prévue par l’article 9(4) du Code pénal et l’article 71(4) du CPP, qui visent l’asile ou la protection temporaire déjà accordés. Mais une procédure d’asile en cours peut affecter ou suspendre l’extradition : dans I.A. c. Lituanie, les autorités ont indiqué qu’elle entraînait une suspension. Cette affaire historique porte sur 2014–2017 et ne règle pas chaque cas actuel. Informez par écrit le Département des migrations, le Bureau du procureur général et le tribunal, joignez la preuve de la demande et demandez une confirmation écrite de toute suspension au regard des règles en vigueur. Continuez à respecter les délais et convocations tant qu’une autorité compétente n’a pas confirmé la suspension.
Sources et textes juridiques
- Code de procédure pénale de la République de Lituanie, articles 71–77 et 130 (portail officiel de la législation).
- Code pénal de la République de Lituanie, articles 9 et 9¹ (portail officiel de la législation).
- Constitution de la République de Lituanie, articles 13 et 106.
- Bureau des traités du Conseil de l’Europe : Convention européenne d’extradition, traité no 024 ; catalogue des réserves et déclarations de la Lituanie.
- Cour constitutionnelle de Lituanie : délai de la plainte constitutionnelle individuelle.
- Cour européenne des droits de l’homme : mesures provisoires au titre de l’article 39.
- Comité des droits de l’homme de l’ONU, I.A. c. Lituanie, communication no 2989/2017, constatations du 26 juillet 2019.
- Juridictions lituaniennes : refus rapporté en 2016 pour motif politique ; CEDH, Abu Zubaydah c. Lituanie, no 46454/11, 31 mai 2018 (contexte relatif aux transferts, pas une affaire d’extradition).
- CJUE, Petruhhin, C‑182/15 ; CJUE, affaire C‑398/19.
- INTERPOL, Commission de contrôle des fichiers : limites de son mandat.
- CEDH, Soering c. Royaume-Uni, requête no 14038/88, 7 juillet 1989 (risque au titre de l’article 3 en matière d’extradition).
- CEDH, Harkins c. Royaume-Uni, requête no 71537/14 (seuil du déni flagrant de justice).
- Convention européenne d’extradition (STE no 24), article 16(4), texte officiel du Conseil de l’Europe (arrestation provisoire : délai de 18 jours et limite absolue de 40 jours).