L’extradition par pays

Avocat en extradition à Dnipro : cour d’appel et procédure locale

À Dnipro, la cour d’appel de Dnipro (Дніпровський апеляційний суд) examine uniquement les recours autorisés par la loi en matière d’extradition. Elle ne décide ni, en principe, de la première détention, ni de la remise définitive à l’État requérant. Le juge d’instruction territorialement compétent statue sur la détention; l’autorité centrale ukrainienne décide de l’extradition. Le premier renseignement indispensable est double : où la personne a-t-elle été arrêtée et où est-elle détenue maintenant ? Les deux lieux peuvent désigner des tribunaux de première instance différents.

Quelles autorités interviennent réellement dans un dossier à Dnipro ?

AutoritéFonctionVérification locale
Juge d’instruction du tribunal de district (слідчий суддя)La détention provisoire dans l’attente de la demande est examinée au lieu de l’arrestation; la détention aux fins d’extradition et le recours contre la décision de remise dépendent normalement du lieu de détention actuel.Si la personne est à l’établissement pénitentiaire de Dnipro n° 4, vérifier la compétence du tribunal de district de Tchetchelivskyï (Чечелівський районний суд міста Дніпра), 77-b, avenue Lessia Oukraïnka, ainsi que son greffe pénal.
Cour d’appel de DniproRéexamine certaines ordonnances du juge d’instruction dans les seuls cas autorisés par le chapitre 44 du Code de procédure pénale (CPP).13, rue Kharkivska; chambre pénale et service des procédures pénales répertoriés sur son site officiel.
Parquet régional de Dnipropetrovsk (Дніпропетровська обласна прокуратура)Assure les notifications régionales et, lorsqu’il en est chargé, la vérification d’extradition.38, avenue Dmytra Iavornytskoho; identifier le procureur signataire dans le dossier.
Autorité centrale ukrainienneDécide d’accorder ou non la demande étrangère après examen, et non la cour d’appel locale.Selon l’article 574 CPP, identifier le Bureau du procureur général pour l’enquête préliminaire ou le ministère de la Justice pour le procès ou l’exécution des peines.

La cour d’appel dispose aussi d’une unité à Kryvyï Rih. Les coordonnées officielles distinguent cette unité du service pénal de Dnipro. Une affaire provenant de la région ne sera donc pas nécessairement entendue rue Kharkivska. Il faut confirmer l’attribution au collège, le lieu de l’audience, les modalités de dépôt et tout transfert de compétence lié à la guerre, avant tout déplacement.

Arrestation à Dnipro : 60 heures, 72 heures et les décisions à obtenir

Selon l’article 582 CPP, l’agent qui arrête une personne recherchée à l’étranger informe immédiatement le procureur. Le parquet régional avise l’autorité centrale dans les 60 heures après l’arrestation; celle-ci dispose ensuite de trois jours pour informer l’autorité étrangère. Si la personne n’est pas présentée à un juge d’instruction dans les 60 heures suivant l’arrestation pour examiner une détention temporaire ou d’extradition, l’article 582(6) prévoit sa libération immédiate. L’article 583(5) impose séparément l’examen de la demande de détention temporaire au plus vite et au plus tard 72 heures après l’arrestation. Les 72 heures ne permettent pas de reporter la présentation au juge au-delà des 60 heures.

MomentPoint à établirAction utile de la famille ou de l’avocat
ImmédiatementHeure exacte, quartier, service de police, procureur, motif du signalement étranger.Conserver le procès-verbal, solliciter un entretien confidentiel avec l’avocat et un interprète; prévenir la famille ou le consulat si nécessaire.
Avant 60 heuresPrésentation au juge compétent et preuve des notifications au parquet et à l’autorité centrale.Identifier le greffe saisi; distinguer la détention temporaire avant la demande formelle de la détention d’extradition après réception de celle-ci.
Au plus tard à 72 heures pour la demande temporaireDécision motivée et pièces justifiant la mesure.Produire identité, nationalité, santé, liens familiaux; signaler les défauts d’interprétation et toute privation illégale de liberté.

Il s’agit d’un plan pratique pour les premières 72 heures, et non d’un calendrier identique dans chaque affaire. En vertu de l’article 583, la détention temporaire avant réception de la demande est normalement limitée à 40 jours, sauf autre durée prévue par le traité applicable. Après la demande officielle, l’article 584 régit la détention d’extradition : 12 mois maximum, contrôle judiciaire demandé par le procureur au moins tous les deux mois et examen demandé par le détenu au plus une fois par mois. L’ordonnance et le traité doivent être lus ensemble. La déclaration officielle ukrainienne du 25 avril 2025 évoque par ailleurs une vérification de la demande en 60 jours, prolongeables par l’autorité centrale : ce n’est pas un délai d’audience devant le tribunal de district.

Établissement n° 4 : lieu de détention et tribunal à contacter

L’établissement pénitentiaire de Dnipro n° 4 (Дніпровська установа виконання покарань № 4), placé sous le ministère de la Justice, se trouve 80, rue Nadii Aleksieienko. Une visite du Médiateur ukrainien les 16 et 17 octobre 2025 atteste la présence de prévenus détenus, mais ne prouve nullement que la personne recherchée s’y trouve actuellement. Demander à l’avocat ou à l’autorité de détention une confirmation avant d’envoyer des documents ou de se présenter sur place.

Les convocations officielles de 2026 situent le tribunal de district de Tchetchelivskyï au 77-b, avenue Lessia Oukraïnka. Puisque l’établissement n° 4 est signalé dans ce secteur, il faut vérifier auprès du greffe sa compétence territoriale exacte et les éventuels transferts dus à la guerre. Le juge initial de l’article 583(3) peut être celui d’un autre district, au lieu de l’arrestation; le contrôle ultérieur des articles 584 et 591 peut relever du district du lieu de détention. Il faut demander le numéro de dossier et la décision d’attribution, et non supposer que toute affaire de Dnipro passe devant le même tribunal.

Lors de sa visite de 2025, le Médiateur a aussi rapporté surpopulation de certaines cellules, problèmes d’hygiène et plaintes relatives aux soins. Ce constat documenté justifie de réunir des dossiers médicaux, ordonnances et demandes de traitement ou d’accès confidentiel à l’avocat. Il ne permet pas d’affirmer que chaque détenu connaît aujourd’hui ces conditions. En cas de maladie urgente, noter les symptômes, prescriptions et réponses de l’administration.

Une mesure moins restrictive est-elle possible ?

L’article 585 CPP permet au juge d’instruction de choisir une mesure non privative de liberté lorsque les circonstances suffisent à prévenir la fuite et à assurer une éventuelle remise. Il examine notamment une éventuelle soustraction antérieure à la justice, le respect des conditions d’une précédente libération, la peine encourue, l’âge, la santé, la famille et les personnes à charge. Une preuve d’adresse à Dnipro, de travail, de soins ou d’enfants dépendants peut éclairer l’examen, sans garantir la liberté.

Attention aux voies de recours. Dans l’arrêt du 31 août 2023, affaire 947/23713/22, la Cour suprême ukrainienne a jugé non susceptible d’appel, au titre du chapitre 44, un refus de placement en assignation à résidence sollicité sur le fondement de l’article 585. La synthèse officielle de sa jurisprudence 2018–2025 reproduit expressément ce raisonnement : les décisions d’arrestation temporaire (article 583), de détention d’extradition (584) et celles rendues après un recours contre la remise (591) obéissent à des règles distinctes. Cette lecture de la juridiction suprême concerne également la cour d’appel de Dnipro. Il faut lire le dispositif précis de l’ordonnance et vérifier les décisions postérieures avant d’interjeter appel; la liste ordinaire des appels d’enquête ne se transpose pas automatiquement.

Lorsqu'une ordonnance du juge d'instruction est effectivement susceptible d'appel selon le chapitre 44 (notamment certaines ordonnances d'arrestation provisoire ou de détention aux fins d'extradition), l'article 395 du CPP exige en principe un appel déposé directement devant la juridiction d'appel compétente dans les cinq jours suivant le prononcé. Pour une personne détenue, ce délai court à compter de la remise d'une copie de l'ordonnance ; pour une personne contre laquelle l'ordonnance a été rendue sans convocation, à compter de la réception de cette copie. À Dnipro, il s'agit normalement de la Cour d'appel de Dnipro, sous réserve de vérifier la compétence territoriale actuelle. Ce délai de dépôt de cinq jours est différent des cinq jours dont dispose le juge d'instruction pour examiner une contestation au titre de l'article 591 après sa réception par le tribunal, ainsi que des dix jours suivant la notification de la décision centrale de remise visés à l'article 590. Conservez les justificatifs de chaque date et vérifiez d'abord la recevabilité de l'appel. Il faut aussi identifier la nature exacte de l'ordonnance : arrestation provisoire initiale, détention extraditionnelle ultérieure ou refus d'une mesure alternative. Ces décisions n'ouvrent pas toutes la même voie d'appel. Le défenseur devrait obtenir le texte de l'ordonnance, sa date de prononcé et les pièces attestant sa notification, plutôt que de déduire le délai d'une information orale.

La décision centrale de remise a été signifiée : où contester ?

L’article 590 attribue la décision de remettre ou non la personne à l’autorité centrale, pas à la cour d’appel de Dnipro. Une copie de la décision favorable à l’extradition doit être remise à l’intéressé. Le Code n’organise la remise matérielle que si la décision n’a pas été contestée en justice dans les 10 jours suivant sa notification : noter la date et le mode de remise de la copie, vérifier le point de départ et le calcul du délai avec un avocat. Ces dix jours ne sont pas le délai applicable à tout appel d’une ordonnance de détention.

Selon l’article 591, sous réserve de l’exception de la procédure simplifiée de l’article 588, la personne détenue saisit le juge d’instruction du lieu de détention. Si elle subit une mesure non privative de liberté, la compétence dépend du lieu de l’autorité centrale, qui peut être hors de Dnipro. Le juge examine le recours dans les cinq jours de sa réception au tribunal, sans rejuger la culpabilité ni la légalité de la procédure étrangère. Le recours contre son ordonnance appartient à la cour d’appel compétente et suspend l’entrée en vigueur et l’exécution de cette ordonnance. Le pourvoi ultérieur est spécialement limité par l’article 591 aux hypothèses que le texte réserve au procureur. Si une demande de statut de réfugié ou de protection complémentaire, ou son recours, reste pendante, l’article 590(4) doit aussi être vérifié avant la décision de remise. Les moyens détaillés relèvent du guide de contestation ukrainien.

Si la personne détenue présente elle-même une contestation au titre de l'article 591 par l'intermédiaire du lieu de détention, l'article 591, paragraphe 2, oblige l'agent habilité à transmettre immédiatement la plainte au juge d'instruction et à informer le parquet régional concerné. Conservez la preuve de la date de remise et de la transmission. Un simple appel téléphonique de la famille ne constitue pas une contestation judiciaire déposée.

Accéder au détenu, obtenir un interprète et vérifier l’audience

L’article 581 garantit à la personne une défense, des échanges confidentiels avec son avocat, l’information des proches après arrestation, un interprète lorsqu’elle ne parle pas ukrainien et la traduction des décisions judiciaires et centrales pertinentes. Une personne étrangère détenue peut également rencontrer son représentant diplomatique ou consulaire. Pour signaler une arrestation au dispositif public d’aide juridique, appeler le 0 800 213 103 : les signalements de détention sont reçus 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, contrairement aux consultations ordinaires. Le site officiel indique également un numéro pour les appels depuis l’étranger.

Avant une visite au tribunal ou à l’établissement n° 4, contacter le greffe ou l’administration pour les règles d’accès actualisées, la sécurité, une éventuelle visioconférence et les possibilités de visite. Le personnel administratif peut renseigner sur l’audience mais ne communique pas librement un dossier protégé. Selon la déclaration gouvernementale de juillet 2026, l’espace aérien civil ukrainien restait fermé : ne pas organiser d’arrivée par un vol commercial à l’aéroport de Dnipro; vérifier le trajet terrestre et surtout le véritable lieu de garde à vue.

Exemple hypothétique : transfert de détention à Dnipro

Exemple fictif : un ressortissant géorgien est interpellé lors d’un trajet routier à Dnipro à la suite d’une alerte étrangère. En l’absence de demande formelle, le procureur peut solliciter l’arrestation temporaire auprès du juge du lieu de l’interpellation. Après transfert éventuel à l’établissement n° 4, l’avocat vérifie si le tribunal de Tchetchelivskyï est compétent pour la détention d’extradition et le recours ultérieur à la décision centrale; un appel admissible serait alors porté devant la cour d’appel de Dnipro, sous réserve d’attribution. Le signalement ne constitue pas la décision de remise. L’ordonnance de détention, le consentement à l’extradition et la renonciation distincte à la règle de spécialité sont également des actes différents.

Documents à transmettre dès maintenant à l’avocat

  • Nom sous toutes ses graphies, date de naissance, passeports, preuve de citoyenneté ukrainienne ou de double nationalité.
  • Heure, lieu, service d’arrestation, procès-verbal, ordonnance du juge et numéro de dossier.
  • Lieu actuel de détention et greffe du tribunal de district, à reconfirmer après chaque transfert.
  • État étranger requérant, référence du dossier, mandat, jugement et éventuelle demande formelle d’extradition.
  • Langue d’interprétation, proches et enfants à charge, problèmes de santé, ordonnances médicales et souhaits consulaires.
  • Date de notification des décisions, éventuel consentement à la remise et éventuelle renonciation séparée à la spécialité.

L’Ukraine est liée par la Convention européenne d’extradition de 1957 depuis le 9 juin 1998. Ses déclarations enregistrées excluent l’extradition de ses ressortissants; une réserve concerne les graves conséquences sanitaires de la remise. Sa déclaration de 2022 signale des difficultés d’exécution des engagements conventionnels liées à l’agression russe et à la loi martiale, sans abolir automatiquement tout traité. Vérifier l’État requérant, le traité bilatéral éventuel et les réserves. Le mandat d’arrêt européen de l’Union européenne ne s’applique pas à l’Ukraine comme à un État membre; la citoyenneté et l’état de santé restent des preuves décisives pour le dossier local.

Pour la procédure nationale complète, voir Extradition depuis l’Ukraine; pour les motifs de refus, le guide des contestations ci-dessus. Les procédures relatives au signalement INTERPOL relèvent du guide INTERPOL, pas de la cour d’appel de Dnipro.

Questions fréquentes des familles à Dnipro

La cour d’appel est-elle le premier tribunal après l’interpellation ?

Non. Le juge d’instruction du district territorialement compétent intervient en premier; seuls certains types de décisions peuvent être portés devant la cour d’appel.

L’établissement n° 4 impose-t-il toujours le tribunal de Tchetchelivskyï ?

Non. Il faut confirmer la nature de la requête, le lieu réel de détention et l’attribution territoriale. Le premier juge, au lieu d’arrestation, peut être différent du juge du lieu de détention après transfert.

Un parent peut-il déposer les actes à la place de l’avocat ?

Il peut rassembler des pièces et contacter l’aide juridique, mais la recevabilité d’un recours dépend de la qualité pour agir, de la représentation et des règles procédurales du tribunal.

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Sources primaires et documents institutionnels

Dernière mise à jour: 2026-10-25

Auteur: Razmik Khachatrian

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