L’extradition par pays

Avocat en extradition à Naples : Corte d'appello di Napoli et procédure locale

À Naples, les dossiers d’extradition relèvent principalement de la Corte d'appello di Napoli (cour d’appel de Naples) et de la Procura Generale della Repubblica presso la Corte d'Appello di Napoli (parquet général près cette cour). Il faut d’abord déterminer s’il s’agit d’une extradition ordinaire ou d’une remise sur mandat d’arrêt européen (MAE) : les règles de compétence, les étapes et les délais de recours diffèrent, et certains délais après l’arrestation se comptent en heures.

La Corte d'appello di Napoli est-elle compétente ?

L’annuaire officiel indique que le ressort de la cour d’appel de Naples comprend sept circonscriptions judiciaires : Avellino, Benevento, Napoli, Napoli Nord, Nola, Santa Maria Capua Vetere et Torre Annunziata. Pour l’extradition ordinaire, l’article 701 du code italien de procédure pénale (CPP) établit un ordre de critères. En premier lieu, la compétence revient à la cour du ressort où la personne réside, séjourne ou est domiciliée au moment où la demande parvient au ministre de la Justice ; elle peut aussi revenir à la cour d’appel qui a ordonné l’arrestation provisoire en application de l’article 715 ou dont le président a validé une arrestation policière au titre de l’article 716. Si aucun de ces critères ne permet de déterminer la compétence, la cour d’appel de Rome est compétente.

Pour un MAE, l’article 5 de la loi italienne n° 69/2005 se réfère en principe au lieu de résidence, de séjour ou de domicile lorsque le mandat parvient à l’autorité judiciaire. Si la police arrête la personne sur le fondement de l’article 11 de cette loi, la cour compétente est celle du ressort où l’arrestation a eu lieu. Une arrestation sur le fondement de l’article 11 à l’aéroport de Naples-Capodichino oriente donc vers le ressort de Naples. Cela ne signifie pas que toute arrestation à Naples détermine automatiquement la compétence : il faut identifier la procédure et l’événement juridiquement pertinent.

Quel service local traite les dossiers d’extradition et de MAE ?

InstitutionRôle et accès pratique
Corte d'appello di NapoliContrôle judiciaire lorsque Naples est compétente. Adresse : Piazza Porzio, Nuovo Palazzo di Giustizia, 80143 Napoli. La page des services pénaux indique la Cancelleria della VIII Sezione Penale pour la coopération judiciaire internationale, y compris l’extradition et le MAE, à Torre C, 14e étage, salle 24. Un annuaire officiel distinct place le contact de la VIIIe section dans une entrée située à Torre C, 13e étage. Confirmez l’emplacement actuel du guichet auprès de la cour avant de vous déplacer.
Procura GeneraleLe procureur général intervient dans la procédure. Son Ufficio Affari Penali Internazionali traite les dossiers entrants d’extradition et de MAE. Adresse : Piazza Porzio, 80143 Napoli ; téléphone 081 2237111 ; courriel pg.napoli@giustizia.it.
Ruolo Generale PenaleSitué à Torre C, 13e étage. C’est le point de départ pour identifier la chambre pénale à laquelle le dossier a été attribué. Préparez le numéro de dossier et une pièce d’identité valable.

Avant d’envoyer des documents, vérifiez la chambre saisie et le mode de dépôt. Vérifiez les modalités en vigueur avant de vous déplacer : la disponibilité du greffe ne suspend pas les délais procéduraux.

Quelle procédure s’applique : extradition ordinaire ou MAE ?

L’extradition ordinaire concerne généralement les demandes d’États hors de l’Union européenne, sous réserve des articles 696 à 719 du CPP italien et du traité ou autre instrument international applicable. La procédure nationale et le cadre conventionnel sont expliqués dans le guide sur l’extradition depuis l’Italie. Le MAE est un mécanisme distinct de remise au sein de l’UE, régi par la décision-cadre 2002/584/JAI et la loi italienne n° 69/2005, modifiée par le décret législatif n° 10/2021. Une notice rouge d’INTERPOL n’est pas en soi un mandat d’arrêt international et n’ordonne pas à elle seule la remise : les autorités nationales décident des mesures autorisées par leur droit. Les motifs de refus et les recours sont traités dans le guide pour s’opposer à l’extradition depuis l’Italie ; la procédure du MAE est détaillée dans le guide sur le mandat d’arrêt européen.

Le guide publié par le parquet général de Naples sur l’extradition ordinaire indique que la requisitoria est déposée dans les 30 jours suivant la réception de la demande et que la cour d’appel statue dans les six mois suivant le dépôt de cette requisitoria. Les points de départ sont différents : vérifiez les dates dans le dossier officiel.

Que se passe-t-il après une arrestation provisoire en vue d’une extradition ordinaire ?

Il s’agit d’un plan pratique pour les premières heures, et non d’un délai légal distinct de « 72 heures ». Chaque délai a son propre point de départ.

Délai et point de départÉtape de l’extradition ordinaireAction de la défense
Dans les 48 heures suivant l’arrestationLa police informe immédiatement le ministère de la Justice et met la personne arrêtée à la disposition du président de la cour d’appel du ressort de l’arrestation, en transmettant le procès-verbal (CPP, art. 716).Consignez l’heure et le lieu exacts ; obtenez le procès-verbal et le fondement juridique indiqué ; demandez un interprète si nécessaire.
Dans les 48 heures suivant la remise à la disposition du présidentUne fois la personne mise à la disposition du président de la cour d’appel, celui-ci doit valider l’arrestation par ordonnance dans les 48 heures suivantes, sauf si la libération s’impose (art. 716, paragraphe 3). à défaut de validation dans ce délai, la personne doit être libérée. Une mesure coercitive ne peut être appliquée que si les conditions légales sont réunies.Vérifiez l’ordonnance de validation, l’identité et les éléments transmis par l’État requérant.
Dans les 10 jours suivant la validationLa mesure coercitive est révoquée si le ministre de la Justice n’en demande pas le maintien dans les dix jours suivant la validation (art. 716, paragraphe 4).Vérifiez la date de validation et le respect du délai ; ne présumez pas une libération sans consulter le dossier.
Dans les 5 jours suivant l’exécution de la mesure ou la validationLe président identifie et interroge la personne et consigne son éventuel consentement à l’extradition ou sa renonciation à la garantie de spécialité (art. 717).Ne consentez pas à l’extradition et ne renoncez pas à la spécialité sans conseil individuel dans une langue comprise par la personne. Il s’agit de choix juridiques distincts.

Il s’agit de délais successifs, et non d’une seule période de 96 heures : la police doit remettre la personne à la disposition du président dans les 48 heures suivant l’arrestation, puis le délai distinct de 48 heures pour valider l’arrestation commence lorsque la personne est mise à sa disposition. Le délai de validation peut donc expirer avant que 96 heures se soient écoulées depuis l’arrestation. Les dix jours courent à compter de la validation ; les cinq jours, à compter de l’exécution de la mesure ou de la validation. Calculez chaque délai à partir du procès-verbal officiel.

Qu’est-ce qui change si l’arrestation relève d’un MAE ?

Selon les instructions publiées par le parquet général de Naples, lorsqu’une procédure de MAE est engagée sur la base d’un signalement dans le système d’information Schengen, la police informe le ministère de la Justice et transmet le procès-verbal d’arrestation à la cour d’appel dans les 24 heures. Dans les 48 heures suivant la réception du procès-verbal, le président fixe l’audience de validation. Dans les 20 jours suivant la validation, la cour d’appel fixe l’audience destinée à statuer sur la remise. Le délai de 20 jours concerne la fixation de l’audience et ne garantit pas qu’une décision définitive sera rendue à cette date.

Si la personne ne consent pas à la remise, la cour d’appel statue par arrêt en application de l’article 17 de la loi n° 69/2005. Le pourvoi en cassation contre cet arrêt doit être formé dans les cinq jours à compter de la connaissance légale de l’arrêt ; les moyens sont limités à l’article 606, paragraphe 1, lettres a) à c), du CPP, et la Cour de cassation statue dans les dix jours suivant la réception du dossier. Si la personne consent valablement, la cour d’appel statue par ordonnance en application de l’article 14. Le délai de pourvoi contre cette ordonnance est différent : trois jours à compter de sa connaissance légale, sur les mêmes moyens limités ; la Cour de cassation statue dans les sept jours suivant la réception du dossier. Dans les deux cas, le recours suspend l’exécution. Le recours est déposé auprès de la cour d’appel qui a rendu la décision, laquelle transmet le dossier au plus tard le lendemain. Avant de calculer le délai, l’avocat doit déterminer s’il s’agit d’un arrêt ou d’une ordonnance.

Où l’avocat peut-il consulter le dossier et vérifier les règles d’accès locales ?

Le Ruolo Generale Penale, à Torre C, 13e étage, aide à identifier la section pénale chargée du dossier. L’annuaire des contacts indique l’adresse PEC dédiée au MAE mandatoarrestoeuropeo.ca.napoli@giustiziacert.it et situe l’Ufficio Unico Trasmissione Atti in Cassazione à Torre A, 1er étage ; la page des services pénaux indique encore Torre C, 1er étage pour ce bureau. L’annuaire indique depositattipenali.ca.napoli@giustiziacert.it pour les dépôts en cassation. Avant de vous déplacer, confirmez l’emplacement physique et le canal de dépôt adapté au document auprès du standard de la cour (081 2237111) ; contacter un bureau ne suspend pas un délai. Conservez la preuve du dépôt.

Comment la famille peut-elle confirmer le lieu de détention et que doit-elle préparer ?

Ne déduisez pas le lieu de détention de l’aéroport ou du ressort judiciaire. Avant de vous déplacer, demandez à l’autorité ayant procédé à l’arrestation ou à l’avocat de confirmer l’établissement où la personne est effectivement détenue et de vérifier les règles actuelles d’autorisation de visite. L’adresse d’un greffe ne prouve pas le lieu de détention d’une personne.

Le répertoire pénitentiaire du ministère italien de la Justice répertorie la Casa circondariale « Giuseppe Salvia » à Napoli-Poggioreale, via Nuova Poggioreale 177, 80143 Napoli. Cela confirme l’existence d’un établissement local, mais pas le lieu de détention d’une personne en particulier ; confirmez le lieu effectif auprès de l’autorité ayant procédé à l’arrestation ou de l’avocat avant tout déplacement ou demande de visite.

  • Nom complet, date de naissance, nationalité, données du passeport et variantes orthographiques.
  • Date, heure et lieu exacts de l’arrestation, notamment si elle a eu lieu à l’aéroport de Naples-Capodichino.
  • Tous les documents présentés par la police : procès-verbal d’arrestation, décision judiciaire, MAE, signalement SIS, référence de notice rouge et traductions disponibles.
  • État requérant, infraction alléguée, objet de la demande (poursuites ou exécution d’une peine) et numéro du dossier étranger.
  • Dossiers médicaux, médicaments urgents, besoins d’interprétation, contacts familiaux et preuves de résidence, de séjour ou de domicile.
  • Si un risque dans l’État requérant est invoqué, éléments précis et actuels sur les conditions de détention probables, les besoins de santé ou les risques du procès, et pas seulement des publications générales sur Internet.

Exemple hypothétique : si un voyageur est arrêté à Capodichino en vertu d’un MAE lié à un signalement Schengen, la famille doit communiquer à l’avocat l’heure de l’arrestation et les informations figurant sur l’avis remis par la police afin de calculer les étapes de 24 et 48 heures. Pour une demande d’un État hors UE, l’avocat doit plutôt vérifier la demande d’extradition ordinaire, le procès-verbal d’arrestation provisoire et les critères de l’article 701 du CPP italien.

Comment vérifier les limites de détention et les voies de recours ?

Selon l’article 714, paragraphe 4, du CPP italien, les mesures coercitives en matière d’extradition ordinaire sont révoquées si un an s’écoule depuis le début de leur exécution sans arrêt favorable de la cour d’appel, ou si la procédure de cassation contre un arrêt favorable n’est pas achevée dans le délai d’un an et six mois à compter du début de l’exécution de la mesure coercitive. À la demande du procureur général, ces délais peuvent être prolongés, éventuellement plusieurs fois, de trois mois au total au maximum lorsque des vérifications particulièrement complexes sont nécessaires. En vertu de l’article 714, paragraphe 4-bis, la mesure est également révoquée si la remise n’a pas eu lieu dans les trois mois suivant la décision favorable du ministre de la Justice. Le délai de trois mois n’est suspendu que si le juge administratif compétent suspend l’effet de la décision du ministre ; le simple dépôt d’un recours ne suffit pas. Il recommence à courir au dépôt de l’acte prévu par l’article 714, paragraphe 4-bis : ordonnance levant la mesure provisoire, décision accueillant le recours contre cette mesure, jugement rejetant le recours ou décision constatant l’extinction de l’instance. La suspension ne peut dépasser six mois.

L’article 706 du CPP permet un pourvoi en cassation contre l’arrêt rendu en matière d’extradition ordinaire, y compris sur le fond ; la Cour de cassation doit statuer dans les six mois suivant la réception du dossier par cette Cour. L’article 706 ne fixe pas un délai de dépôt unique pour tous les cas : l’avocat doit calculer le délai procédural ordinaire applicable à partir de la notification ou de l’acte pertinent. Cela diffère du délai de cinq jours pour un arrêt de MAE et de trois jours pour une ordonnance de MAE. Pour les motifs de refus et les recours détaillés, consultez le guide des recours en Italie.

Pourquoi les preuves doivent-elles être prêtes avant l’audience à Naples ?

Les preuves d’un risque réel lié au système pénitentiaire de l’État requérant doivent être présentées à la cour d’appel au stade où les faits peuvent encore être examinés. Dans l’arrêt n° 47148 du 19 octobre 2023, la sixième chambre de la Cour de cassation a jugé qu’un grief fondé sur l’article 705, paragraphe 2, point c), du CPP concernant les conditions de détention prévisibles ne peut pas être soulevé pour la première fois en cassation, car il exige une appréciation factuelle au stade de la cour d’appel. Pour un dossier à Naples, réunissez des éléments précis et datés et demandez à l’avocat de solliciter toute information complémentaire nécessaire avant la décision ; ne comptez pas présenter un nouveau dossier factuel seulement au stade du recours.

Que faut-il envoyer à l’avocat aujourd’hui ?

Transmettez une chronologie, tous les documents, le lieu de détention confirmé, tout délai indiqué par écrit et les coordonnées de l’avocat déjà désigné. Demandez à l’avocat de confirmer la procédure, la cour compétente, le prochain délai et son point de départ, ainsi que les preuves urgentes, les besoins d’interprétation ou les modalités d’accès. Ne consentez pas à la remise et ne renoncez pas à la spécialité sans conseil individuel ; ne traitez pas une notice rouge comme une décision définitive de remise.

Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un avis sur un dossier individuel. Lex Agency coordonne la défense transfrontalière avec des avocats locaux ; pour demander une évaluation, utilisez la page de demande de contact.

Questions fréquentes

Une arrestation à l’aéroport de Naples signifie-t-elle toujours que la cour d’appel de Naples est compétente ?

Non. Pour un MAE exécuté par la police sur le fondement de l’article 11 de la loi n° 69/2005, le ressort de l’arrestation détermine la compétence. L’extradition ordinaire suit l’ordre de critères de l’article 701 du CPP, qui peut inclure le ressort ayant ordonné ou validé l’arrestation provisoire. Vérifiez la procédure et le procès-verbal concernés.

La famille peut-elle obtenir directement le dossier ?

La page de services de la cour indique que le Ruolo Generale Penale est le point de départ pour identifier la chambre chargée du dossier. L’accès dépend de la situation procédurale de la personne et du rôle du demandeur ; l’avocat doit obtenir le dossier et confirmer les exigences actuelles du greffe.

Le pourvoi contre un MAE doit-il toujours être formé dans les cinq jours ?

Non. Le délai de cinq jours concerne le pourvoi contre un arrêt lorsque la personne n’a pas consenti à la remise. Si un consentement valable conduit à une ordonnance prise en application de l’article 14, le délai est de trois jours à compter de la connaissance légale de l’ordonnance. Le délai de recours et le délai de décision de la Cour de cassation diffèrent ; l’avocat doit donc identifier immédiatement le type de décision.

Sources

Dernière mise à jour: 2026-10-25

Auteur: Razmik Khachatrian

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