Avocat en extradition à Brasília : procédure devant le STF
Pour une demande d’extradition présentée par un État étranger à Brasília, la juridiction compétente est le Supremo Tribunal Federal (STF, Cour suprême fédérale du Brésil), en vertu de l’article 102(I)(g) de la Constitution. Un tribunal de première instance du District fédéral ne statue pas sur le fond de la demande. Il n’existe pas de délai légal unique pour toute la procédure : la défense dispose de 10 jours après l’interrogatoire, tandis que des délais distincts de 60 jours peuvent s’appliquer à la formalisation de la demande et au transfert après autorisation.
La première démarche locale consiste à confirmer qui détient la personne, à retrouver le numéro du dossier STF et le nom du ministre rapporteur, puis à lire l’ordonnance fixant l’interrogatoire avant tout déplacement. Cette page décrit les démarches pratiques à Brasília. La procédure nationale est exposée dans Extradition depuis le Brésil ; les motifs de refus et les recours sont traités dans Comment empêcher une extradition depuis le Brésil.
Quelle juridiction traite une extradition liée à Brasília ?
L’article 102(I)(g) de la Constitution attribue au STF la compétence originaire pour les demandes d’extradition présentées par un État étranger. Il n’existe pas de tribunal local du District fédéral qui tranche le fond de cette demande, ni de juridiction régionale ordinaire au-dessus du STF pour former un appel sur le fond.
Les dossiers publics récents montrent que les première et deuxième chambres du STF (Primeira Turma et Segunda Turma) statuent sur des extraditions. La première chambre a rendu les décisions EXT 1821 et EXT 1836 le 6 février 2024, puis EXT 1902 en mars 2026 ; la deuxième chambre a traité EXT 1796. Ces exemples illustrent la pratique actuelle mais ne préjugent pas de la formation qui traitera un dossier particulier. Il faut vérifier le ministre rapporteur et les ordonnances du dossier concerné.
Le portail public du STF permet une recherche par classe, numéro de procédure, partie ou avocat. Le dossier principal est souvent classé « Ext » ; une demande d’arrestation provisoire en vue d’extradition peut être classée « PPE ». Conservez le numéro exact : en cas de secret, la recherche par nom peut ne pas fonctionner et l’index public peut ne pas afficher toutes les pièces. L’accès aux pièces et le dépôt des actes doivent passer par les canaux officiels auxquels l’avocat est habilité.
Quelles institutions de Brasília sont utiles et quel est leur rôle ?
| Institution | Rôle et point pratique |
|---|---|
| STF | Statue sur la légalité de la demande ; le ministre rapporteur fixe l’interrogatoire selon l’article 91. Adresse : Praça dos Três Poderes, Brasília–DF. Accueil en personne publié : 11 h–19 h ; accueil téléphonique : 8 h–20 h. Le standard n’est pas un canal de dépôt d’actes. |
| PGR/MPF | Le procureur général de la République (Procurador-Geral da República) donne un avis sur la légalité et le bien-fondé de la demande. Vérifiez au dossier si cet avis ou une demande de pièces complémentaires a été déposé ; ce n’est pas la décision du tribunal. |
| DRCI/Senajus, ministère de la Justice | L’autorité centrale coordonne les communications du pouvoir exécutif et le contrôle formel. Adresse publiée : Esplanada dos Ministérios, Bloco T, Anexo II, 3e étage, Brasília–DF, CEP 70.064-901 ; courriel extradicao@mj.gov.br. Il s’agit d’un contact administratif, pas d’un substitut au dépôt devant le STF ou à un avocat. |
| Police fédérale à l’aéroport de Brasília | La Delegacia Especial de Polícia Federal est indiquée à l’aéroport international de Brasília, arrivées internationales, rez-de-chaussée, zone publique. Téléphone : +55 61 3364-9327 ; permanence : +55 61 3364-9203 ; courriel : deain.srdf@pf.gov.br. Ces coordonnées servent à identifier le service qui a exécuté le mandat et le gardien actuel. |
| DCCP / CDP | Le TJDFT indique la carceragem DCCP à Setor de Áreas Isoladas Sudoeste, Bloco D, Brasília–DF, pour certaines catégories de détention, notamment des mandats exécutés par la police du District fédéral. Le CDP, Rodovia DF-465, km 04, Fazenda Papuda, sert à l’accueil et au classement des personnes en détention provisoire. Ces informations générales ne prouvent pas que tout extradé y est détenu : confirmez le lieu réel avant de vous déplacer. |
Que faire pendant les 72 premières heures ? Un plan pratique, pas un délai légal
Il s’agit d’une liste d’organisation, et non de l’affirmation que la loi sur l’extradition impose un interrogatoire dans les 24 ou 72 heures. L’article 91 exige que le ministre rapporteur fixe une date et une heure, mais ne fixe pas, à lui seul, un nombre d’heures entre l’arrestation et l’interrogatoire. Les règles de contrôle judiciaire de la détention peuvent dépendre du fondement de l’arrestation ; l’avocat doit vérifier le mandat et les ordonnances applicables.
| Moment | Action |
|---|---|
| Immédiatement | Notez le nom légal complet, la date et le lieu de l’arrestation, le service intervenant, l’État requérant, la référence du mandat et le lieu de détention confirmé. Obtenez les documents disponibles et déterminez si le dossier est une demande d’arrestation provisoire (souvent PPE), l’affaire d’extradition principale (Ext) ou une autre mesure de détention. |
| Dans les 6 à 24 heures | En cas d’arrestation à l’aéroport, contactez l’unité de la Police fédérale de Brasília pour identifier le service et le gardien. Organisez l’assistance d’un avocat brésilien et vérifiez si un avocat a été désigné ou si la Défense publique fédérale a été avisée. |
| Dans les 24 à 48 heures | Recherchez le dossier STF par numéro et classe Ext/PPE. L’avocat doit examiner le mandat, la demande étrangère et la preuve de la date à laquelle l’État requérant a été informé de l’arrestation ; cette notification peut déclencher le délai de 60 jours si aucun traité ne prévoit un autre délai. |
| Dans les 48 à 72 heures | Préparez les pièces d’identité et de nationalité, les passeports, les traductions disponibles, les dossiers médicaux et les informations sur les procédures brésiliennes. Confirmez le lieu de l’interrogatoire, le besoin d’un interprète et le mode de dépôt de la défense. |
Quels délais s’appliquent dans un dossier d’extradition devant le STF ?
Il faut appliquer la loi sur les migrations nº 13.445/2017, et non d’anciens résumés de la loi abrogée nº 6.815/1980 qui peuvent mentionner 90 jours. Les principaux délais dépendent de leur point de départ :
| Événement | Délai et point de départ | Vérification utile |
|---|---|---|
| Formalisation de la demande après une arrestation provisoire | 60 jours si aucun traité applicable ne fixe un délai différent ; le délai court à compter de la notification de l’arrestation à l’État requérant (art. 84(4)). | Vérifiez le traité, la preuve de notification et les ordonnances. Si la demande n’est pas présentée à temps, l’art. 84(5) impose la libération de cette détention provisoire, sauf autre fondement légal de détention. |
| Défense après l’interrogatoire | 10 jours à compter de la date de l’interrogatoire (art. 91(1)) ; les questions prévues incluent l’identité, les vices formels et l’illégalité de l’extradition. | Calculez le délai à partir du procès-verbal de l’interrogatoire, et non du jour où la famille a appris l’arrestation. |
| Pièces complémentaires ordonnées par le STF | Le MPF dispose d’un délai non prorogeable de 60 jours après notification à la mission diplomatique de l’État requérant (art. 91(2)–(4)). | Ce n’est pas le délai de la défense ; lisez l’ordonnance de complément d’instruction. |
| Transfert après décision favorable et autorisation exécutive | 60 jours à compter de la communication diplomatique (art. 92) ; l’art. 93 prévoit la libération si le transfert n’a pas lieu dans ce délai. | Ne partez pas de la date du jugement du STF : le délai est lié à la communication diplomatique après l’autorisation exécutive de remise. |
La durée totale ne peut pas être déduite du seul nom de la ville. Un traité avec l’État requérant peut modifier certains détails ; en l’absence de traité, le ministère brésilien indique qu’une demande peut reposer sur une promesse de réciprocité. Le Brésil n’est pas membre de l’Union européenne : le mandat d’arrêt européen ne s’applique donc pas. La Convention européenne d’extradition ne doit pas non plus être considérée comme liant le Brésil au seul motif que l’État requérant est européen.
L’interrogatoire doit-il nécessairement avoir lieu dans les locaux du STF ?
Non. L’article 91 oblige le ministre rapporteur à fixer la date et l’heure, mais ne garantit pas que l’interrogatoire se tiendra dans le bâtiment du STF. L’ordonnance propre au dossier, y compris toute délégation à un autre juge ou toute instruction relative à une audience à distance, détermine le lieu. Les résumés publics ne révèlent pas nécessairement toutes les pièces. Demandez à l’avocat de vérifier l’ordonnance avant de réserver un déplacement ou de vous rendre au STF.
Signalez à l’avance le besoin d’un interprète et conservez la convocation ainsi que le procès-verbal. Ces documents permettent de confirmer le point de départ du délai de défense de 10 jours.
La personne peut-elle être libérée pendant l’examen de la demande ?
L’article 86 permet au STF, après avoir entendu le ministère public, d’envisager une détention en régime spécial ou à domicile, ou une mise en liberté assortie de la rétention du document de voyage ou d’autres mesures de précaution. La décision est discrétionnaire et la demande doit être présentée dans le dossier STF existant ; les ordonnances en vigueur et tout autre fondement de détention au Brésil comptent. Dans EXT 1796, la deuxième chambre a maintenu la détention préventive jusqu’à la phase administrative de remise : la libération n’est donc pas automatique.
Peut-on faire appel de la décision d’extradition du STF ?
L’article 90 prévoit qu’aucun recours n’est ouvert contre la décision d’extradition du STF ; une demande de clarification n’est pas un appel au fond (dans EXT 1796, la deuxième chambre l’a rejetée le 20 février 2024). L’habeas corpus est une voie distincte et limitée ; la juridiction compétente et sa portée dépendent de l’acte contesté. Selon la Súmula 692 et HC 92.664 AgR, les arguments fondés sur le droit ou les faits étrangers doivent d’abord être soumis au juge rapporteur du dossier d’extradition. Pour les motifs et délais détaillés, voir Comment empêcher une extradition depuis le Brésil.
Que doivent préparer la famille et l’avocat à l’étranger ?
- Nom complet et variantes d’orthographe, date de naissance, nationalités, passeports et numéro d’identité brésilien, le cas échéant.
- Date et lieu de l’arrestation, autorité intervenante, référence du mandat et lieu de détention confirmé.
- Numéro STF Ext/PPE, ministre rapporteur, dernière ordonnance, date d’interrogatoire et dates de notification ou de remise des documents.
- Coordonnées des avocats brésilien et étranger, ainsi que du représentant consulaire s’il intervient.
- Pièces d’identité, médicales, de nationalité et relatives aux procédures au Brésil ; conservez les originaux et envoyez d’abord des scans lisibles.
N’envoyez pas de preuves confidentielles à une boîte publique et ne supposez pas que les proches peuvent consulter directement les pièces protégées. L’avocat doit vérifier l’accès au dossier et utiliser le canal de dépôt autorisé.
Que faire si l’arrestation a eu lieu à l’aéroport international de Brasília ?
La Police fédérale indique son unité à l’aéroport, aux arrivées internationales, au rez-de-chaussée, dans la zone publique (tél. +55 61 3364-9327 ; permanence +55 61 3364-9203 ; courriel deain.srdf@pf.gov.br). Utilisez ces coordonnées pour identifier le service responsable et le gardien actuel, sans supposer que la personne se trouve encore à l’aéroport. Ne présumez pas non plus qu’elle est détenue au DCCP ou au CDP de Fazenda Papuda : le TJDFT décrit leurs fonctions générales, mais n’établit pas un lieu unique pour tous les détenus d’extradition du STF. Confirmez le lieu actuel avant tout déplacement ou toute demande de visite.
Exemple hypothétique : pourquoi l’ordonnance compte plus que la ville
Hypothèse : un ressortissant géorgien est arrêté à son arrivée à l’aéroport de Brasília après une demande étrangère. Sa famille identifie le service intervenant et le gardien, obtient le numéro PPE/Ext et le nom du ministre rapporteur, puis demande à l’avocat de vérifier le traité et la date de notification. Si aucun traité ne prévoit un autre délai, les 60 jours de l’article 84(4) courent à compter de la notification de l’arrestation à l’État requérant. Il ne faut présumer ni un interrogatoire dans les 24 heures, ni une prison déterminée, ni une audience au bâtiment du STF : l’ordonnance fixe le lieu et la date consignée de l’interrogatoire déclenche le délai de défense de 10 jours.
Où consulter les règles nationales et les pages connexes ?
Cette page porte sur l’accès au dossier à Brasília, les contacts de l’aéroport, la vérification de la détention et l’organisation de l’interrogatoire. Pour la procédure nationale, consultez Extradition depuis le Brésil ; pour les motifs de refus et les recours, consultez Comment empêcher une extradition depuis le Brésil. Pour le parcours d’arrestation à l’aéroport de São Paulo, voir Arrestation à São Paulo à la suite d’une demande d’extradition.
Questions fréquentes
Brasília possède-t-elle un tribunal distinct de l’extradition ?
Non. Le STF exerce la compétence constitutionnelle originaire pour les demandes d’extradition présentées par un État étranger. Un tribunal local de première instance ne tranche pas le fond de la demande.
Le premier interrogatoire doit-il toujours avoir lieu dans les 24 heures ?
Il ne faut pas le déduire de la loi sur l’extradition. L’article 91 impose au ministre rapporteur de fixer une date et une heure, mais ne fixe pas lui-même un délai horaire. Vérifiez le mandat et les règles de contrôle de la détention applicables.
La famille peut-elle rendre visite à une personne détenue au CDP ?
Seulement si la personne y est effectivement détenue et si les règles actuelles de l’établissement autorisent la visite. Confirmez le lieu exact et les conditions d’accès avant de vous déplacer.
La décision du STF peut-elle faire l’objet d’un appel ?
L’article 90 exclut l’appel contre la décision d’extradition du STF. Une demande procédurale limitée ou une contestation constitutionnelle distincte n’équivaut pas à un appel sur le fond et doit être évaluée selon le dossier.
Sources
- Constitution de la République fédérative du Brésil, art. 102(I)(g).
- Loi nº 13.445/2017 (loi sur les migrations), notamment les art. 81–96.
- Ministère de la Justice et de la Sécurité publique : extradition et autorité centrale.
- Ministère de la Justice : procédure d’extradition.
- Ministère public fédéral : extradition et Secrétariat de coopération internationale.
- STF, autorisation de l’extradition de deux personnes vers la Colombie et le Portugal, 6 février 2024 (EXT 1821 et EXT 1836).
- STF, dossier EXT 1902, décision de la première chambre du 6 mars 2026.
- STF, dossier EXT 1796 et rejet des demandes de clarification.
- STF, Constitution annotée, art. 102 et jurisprudence relative à l’extradition et à l’habeas corpus.
- Police fédérale : superintendance régionale du District fédéral et unité de l’aéroport de Brasília.
- TJDFT : établissements pénitentiaires du District fédéral, dont DCCP et CDP.
- Bureau des traités du Conseil de l’Europe : état de la Convention européenne d’extradition, traité nº 024.
- Union européenne : liste actuelle des États membres.
- STF, Súmula 692 et décisions sélectionnées sur l’habeas corpus en matière d’extradition.
- Loi abrogée nº 6.815/1980, ancien art. 82(3) (délai historique de 90 jours ; texte non applicable aujourd’hui).
- Portail officiel de consultation des procédures du STF.
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