L’extradition par pays

Arrêté à Genève pour extradition ou notice rouge : premières démarches et tribunal compétent

Si vous êtes arrêté à Genève à la suite d’une demande d’extradition ou d’une notice rouge d’INTERPOL, la police genevoise peut intervenir en premier, mais l’Office fédéral de la justice (OFJ), à Berne, coordonne la procédure fédérale et décide de l’extradition. La Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral, à Bellinzone, examine le recours contre le mandat d’arrêt extraditionnel et le recours contre la décision finale de l’OFJ ; un procureur genevois ne décide pas de l’extradition.

Une notice rouge demande aux services de police de localiser une personne et, lorsque le droit national le permet, de procéder à une arrestation provisoire. Elle ne constitue pas elle-même un mandat d’arrêt international. La suite dépend du droit suisse et du traité applicable à l’État requérant. Il faut agir rapidement, sans confondre le plan pratique des premières 48 heures ci-dessous avec un délai légal imposant une audience dans les 48 heures.

Que se passe-t-il si la police vous arrête à l’aéroport de Genève ?

Une alerte peut apparaître lors d’un contrôle d’identité ou d’un contrôle frontalier à l’aéroport de Genève. La gendarmerie cantonale comprend l’Unité diplomatique et aéroportuaire (UDIPA), dont les missions publiées comprennent la sécurité du site aéroportuaire et certaines tâches migratoires déléguées par la Confédération. Des services de la police judiciaire sont également présents à l’aéroport. Les informations publiques ne désignent pas une seule unité pour toutes les arrestations liées à une extradition : demandez quelle autorité détient la personne et obtenez la référence du dossier.

Une alerte peut parvenir aux autorités suisses par le système d’information Schengen (SIS), par un canal INTERPOL ou directement par le ministère de la Justice d’un État étranger. Le canton doit informer rapidement l’OFJ de l’arrestation et organiser l’audition prévue. Lors de la notification formelle du mandat écrit d’arrêt en vue d’extradition, l’autorité cantonale vérifie l’identité, explique la procédure ordinaire et la procédure simplifiée, informe la personne de son droit de recours et de choisir un avocat, puis met la demande et ses pièces à la disposition de la personne et de son conseil. Elle doit également l’informer de son droit de contacter son consulat.

Qui prend le relais : la police genevoise, l’OFJ à Berne ou un tribunal ?

InstitutionRôle lors d’une arrestation à GenèveQue faire pour la famille ou la personne détenue ?
Police cantonale genevoise, y compris les unités liées à l’aéroportPrend les mesures locales, identifie la personne et signale l’arrestation ; l’unité dépend des circonstances.Demandez qui assure la garde, la référence, le fondement juridique et la destination.
Office fédéral de la justice (OFJ), unité Extraditions, BerneCoordonne la procédure fédérale, examine la demande, délivre le mandat d’arrêt extraditionnel et décide de l’extradition.Demandez à l’avocat la référence OFJ et les copies des documents.
Tribunal pénal fédéral, Cour des plaintes, BellinzoneExamine les recours contre le mandat d’arrêt et la décision d’extradition de l’OFJ.Utilisez la voie fédérale ; une plainte à un procureur genevois ne la remplace pas.
Tribunal fédéral, LausanneUn recours ultérieur est limité aux affaires « particulièrement importantes » selon l’article 84. Il n’existe pas de troisième recours automatique.L’avocat doit démontrer que le seuil légal élevé est atteint.
Prison de Champ-Dollon, canton de GenèveLe canton indique que l’établissement accueille des personnes détenues à titre extraditionnel, mais toutes les arrestations à l’aéroport n’y conduisent pas.Confirmez le lieu de détention avant d’envoyer des documents ou de vous déplacer.

En bref : la police genevoise gère les premières mesures ; l’OFJ à Berne traite le dossier fédéral ; les autorités cantonales organisent l’audition et notifient le mandat ; le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone examine le recours. Il s’agit du circuit du dossier, pas d’un transfert physique obligatoire à Berne ou à Bellinzone : la personne peut rester en détention cantonale. Voir Extradition depuis la Suisse pour les étapes nationales.

Les premières 48 heures : un plan pratique, pas un délai légal

MomentCe qui peut se passerMesure immédiate et légale
Lors du contrôle ou de l’arrestationLes agents vérifient l’identité et l’alerte ou la demande ; la personne peut être conduite au poste.Restez calme. Demandez l’autorité, le fondement juridique et un interprète si nécessaire ; ne résistez pas et ne mentez pas.
Dès que possibleLe canton informe l’OFJ et organise l’audition.Demandez un avocat et un contact consulaire. Notez l’heure de l’arrestation et la date de notification du mandat.
Lors de la première auditionL’autorité vérifie l’identité, explique les procédures ordinaire et simplifiée et demande les circonstances et objections.Ne consentez pas et ne renoncez pas à des droits sans conseil indépendant. Demandez les pièces et faites consigner les objections.
Après la première auditionL’OFJ peut délivrer le mandat d’arrêt extraditionnel ; les autorités cantonales exécutent la décision et peuvent organiser le maintien en détention ou un transfert.Obtenez le mandat écrit et la preuve de notification. Le délai de recours de dix jours commence à la notification écrite, pas au contrôle à l’aéroport.
Dans les jours suivantsLa personne peut rester détenue ou être transférée. L’État requérant doit envoyer la demande formelle et les pièces dans le délai conventionnel.Transmettez le mandat, la date de notification, les documents d’identité et de résidence, les informations familiales et médicales et une chronologie. Calculez le délai selon le traité et le droit suisse.

Cette liste est pratique, non un délai légal d’audience de 48 heures. Le délai de la demande provisoire court généralement dès l’arrestation ; le recours de dix jours commence à la notification écrite du mandat.

Combien de temps la détention provisoire peut-elle durer ?

Selon les indications actuelles de l’OFJ, sauf disposition contraire du traité applicable, la demande formelle d’extradition et les pièces justificatives doivent normalement lui parvenir dans les 18 jours suivant l’arrestation ; le délai peut être prolongé jusqu’à 40 jours. Les indications de l’OFJ prévoient la libération de cette détention provisoire si la demande n’arrive pas dans le délai applicable. Cela ne constitue toutefois pas une interdiction définitive de poursuivre la procédure : le traité et l’historique procédural comptent, et une demande ultérieure peut fonder une nouvelle décision de détention. Le délai de 18/40 jours n’est pas la durée maximale de toute la procédure d’extradition.

Dans l’arrêt 1C_768/2025 (Tribunal fédéral suisse, 5 janvier 2026), le Tribunal n’est pas entré en matière sur un recours ultérieur, faute de « cas particulièrement important ». En appliquant l’article 16, paragraphe 4, de la Convention européenne d’extradition, il a expliqué que le dépassement du délai de la demande formelle n’empêche pas nécessairement une arrestation ou une extradition ultérieure fondée sur une nouvelle demande. Il ne faut donc pas supposer que ce délai garantit la clôture définitive de l’affaire ; l’avocat doit examiner le traité applicable, le fondement actuel de la détention et la chronologie des demandes.

L’extradition suisse est régie par l’EIMP et par le traité applicable à l’État requérant. La Suisse est partie à la Convention européenne d’extradition de 1957. Des protocoles additionnels, des traités bilatéraux et des réserves ou déclarations peuvent modifier les règles applicables ; il faut vérifier les instruments en vigueur entre la Suisse et l’État requérant. Dans sa déclaration relative au troisième protocole additionnel, la Suisse permet le retrait du consentement à l’extradition simplifiée jusqu’à ce que l’OFJ autorise la remise, lorsque ce protocole s’applique. La Suisse n’est pas membre de l’UE : un mandat d’arrêt européen ou une alerte SIS peut déclencher une vérification suisse, mais ne remplace pas la procédure suisse d’extradition.

Quel tribunal examine le mandat d’arrêt ?

Le recours contre le mandat d’arrêt en vue d’extradition doit être déposé auprès de la Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral, à Bellinzone, dans les dix jours suivant la notification écrite du mandat (EIMP, art. 48, al. 2). Le délai ne commence pas au moment où la personne est arrêtée à l’aéroport de Genève. Transmettez immédiatement à l’avocat le mandat et la preuve de sa notification ; le recours doit exposer ses motifs et les conclusions demandées, et toute instruction du tribunal doit être respectée. Une demande distincte de mise en liberté peut être adressée à l’OFJ, mais la libération reste exceptionnelle. Les motifs de refus, les demandes de mise en liberté et les recours ultérieurs sont traités dans « Comment empêcher une extradition depuis la Suisse ».

Où une personne arrêtée à Genève peut-elle être détenue ?

Le canton confirme que la Prison de Champ-Dollon accueille des personnes détenues à titre extraditionnel. Adresse : Chemin de Champ-Dollon 22, 1241 Puplinge ; téléphone général : +41 22 546 82 00. Ces coordonnées aident à vérifier le lieu de détention, mais ne prouvent pas qu’une personne précise s’y trouve. Sinon, demandez à l’autorité d’arrestation le lieu actuel et la référence du dossier.

Les visites familiales exigent une autorisation préalable et un rendez-vous. Appelez au moins 72 heures après la demande pour vérifier si l’autorisation est accordée et fixer la visite ; présentez-vous au moins cinq minutes avant l’heure prévue. Le service des visites répond tous les jours de 7 h 30 à 11 h 30 au +41 22 546 82 89 ; les créneaux habituels sont 14 h–15 h et 15 h 30–16 h 30, sous réserve d’autorisation. Les avocats peuvent appeler le +41 22 546 82 88 ; leurs visites ont lieu les jours ouvrables de 7 h 45 à 10 h 30 et de 13 h 45 à 16 h 30, sur rendez-vous le jour même ou le lendemain. Pour la détention avant jugement, Genève indique plusieurs autorités possibles — Ministère public, Tribunal pénal ou Cour de justice — selon le dossier. L’extradition étant une procédure fédérale, confirmez auprès de l’autorité de garde quelle voie s’applique avant de vous déplacer.

La police genevoise travaille 24 heures sur 24, sept jours sur sept. L’UDIPA assure la sécurité aéroportuaire et certaines tâches migratoires déléguées par la Confédération ; la police judiciaire est aussi présente à l’aéroport. Ces repères aident la famille à identifier le contact local, mais ne décident pas de l’extradition. Si la personne n’est pas à Champ-Dollon, demandez à l’autorité responsable de confirmer le lieu.

Que doivent transmettre maintenant la famille ou l’avocat étranger ?

  • Nom complet, date et lieu de naissance, nationalité, passeport et variantes orthographiques.
  • Date, heure et lieu de l’arrestation ; unité de police, autorité de détention et référence, si connus.
  • Mandat, demande ou notice étrangère, procès-verbal d’audition et preuves des dates de notification.
  • Preuves d’identité et de résidence, responsabilités familiales, emploi ou études et besoins médicaux pertinents.
  • État requérant, infraction alléguée, objet de la demande et procédures antérieures portant sur les mêmes faits.
  • Chronologie claire et traductions utilisables. Conservez les originaux et ne fabriquez aucun document.

Exemple hypothétique : un ressortissant géorgien est arrêté à Genève après une alerte SIS. L’avocat doit vérifier l’autorité de garde, la délivrance et la notification du mandat suisse, le début du délai de dix jours, les motifs et conclusions du recours et le délai conventionnel de la demande formelle.

Une notice inexacte ou politiquement motivée peut nécessiter une contestation distincte des données auprès d’INTERPOL, sans suspension automatique de la détention. Voir comment vérifier une notice rouge et la représentation devant la CCF.

Sources officielles et jurisprudence

Pour un avis adapté au dossier, l’équipe du site peut coordonner la défense transfrontalière avec un conseil local. Transmettre les éléments du dossier pour une première évaluation.

Dernière mise à jour: 2026-10-25

Auteur: Razmik Khachatrian

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