L’extradition par pays

Avocat en extradition à Dijon : Cour d’appel et procédure locale

Pour une demande d’extradition ordinaire traitée à Dijon, le parcours judiciaire passe par le parquet général et la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Dijon. Selon les règles françaises en vigueur au 28 octobre 2026, une personne arrêtée à la suite d’une demande formelle d’extradition doit être présentée au procureur général territorialement compétent dans les 48 heures. Ce délai ne s’applique pas automatiquement à toute arrestation provisoire : le traité applicable et la date de réception des pièces officielles peuvent modifier le calendrier. Il faut obtenir un avocat, identifier la base juridique de l’arrestation et noter chaque date avant toute déclaration de consentement.

Quelles institutions dijonnaises prennent en charge le dossier ?

Pour une extradition de droit commun dans le ressort de Dijon, l’autorité judiciaire compétente est la Cour d’appel de Dijon, et l’examen de la demande relève de sa chambre de l’instruction. Le parquet général intervient au premier stade, reçoit les déclarations de la personne réclamée et transmet la procédure à la chambre. Le tribunal judiciaire de Dijon n’est pas une juridiction d’extradition de remplacement au seul motif que l’arrestation a eu lieu dans la ville.

Institution ou serviceRôle dans une procédure d’extraditionDétail pratique local
Cour d’appel de DijonSa chambre de l’instruction examine la demande et rend l’avis judiciaire prévu par la procédure ordinaire.Adresse officielle : 8 rue Amiral Roussin, 21000 Dijon ; téléphone 03 80 44 61 00.
Parquet généralLe procureur général reçoit la personne, explique la demande et les droits applicables, consigne les déclarations et déclenche l’étape suivante.Il est rattaché à la Cour d’appel de Dijon. Ne le confondez pas avec le procureur de la République près le tribunal judiciaire.
Maison d’arrêt de DijonSi une détention extraditionnelle est ordonnée, l’article 696-11 prévoit un placement dans la maison d’arrêt située au siège de la cour d’appel.L’annuaire officiel Service Public indique la Maison d’arrêt de Dijon au 72 bis rue d’Auxonne, 21000 Dijon (03 80 66 47 32). Confirmez le lieu effectif de détention avant d’organiser une visite ou d’envoyer des documents.
Barreau de DijonPoint de contact local pour demander comment trouver un avocat de la défense.Vérifiez les coordonnées et les permanences à jour sur le site officiel du Barreau ; demandez expressément si l’extradition est couverte, sans supposer qu’une permanence de garde à vue s’applique.

À Dijon, deux points locaux donnent accès à de l’information juridique, et le Barreau constitue une voie distincte pour trouver un avocat de la défense. Le ministère de la Justice répertorie le Point-justice Maison des avocats au 13 boulevard Georges Clemenceau, 21000 Dijon (03 80 70 40 70), rattaché à la Cour d’appel de Dijon et au tribunal judiciaire de Dijon. Le Conseil départemental de l’accès au droit de Côte-d’Or (CDAD) répertorie aussi un Point-justice à la Maison d’arrêt de Dijon, 72 bis rue d’Auxonne, 21000 Dijon, destiné aux personnes détenues ; les rendez-vous se prennent uniquement par téléphone au 03 80 66 47 32. Ce service facilite l’accès au droit mais ne remplace pas l’avocat chargé de la défense, et sa fiche ne prouve pas qu’une personne précise y est détenue. Pour trouver un avocat, demandez au Barreau de Dijon ses coordonnées à jour et si une permanence couvre les dossiers d’extradition ; ne présumez pas qu’une permanence de garde à vue couvre automatiquement cette procédure. Avant tout déplacement ou envoi de documents, confirmez l’autorité chargée du dossier et le lieu effectif de détention.

Que se passe-t-il dans les 48 premières heures et en cas d’arrestation provisoire ?

L’article 696-10 du Code de procédure pénale impose qu’une personne appréhendée à la suite d’une demande formelle d’extradition soit conduite devant le procureur général territorialement compétent dans les 48 heures suivant l’arrestation. Elle doit être informée, dans une langue qu’elle comprend, de l’existence et du contenu de la demande ainsi que de son droit à un avocat choisi ou commis d’office. L’avocat peut consulter immédiatement le dossier et communiquer librement avec elle. Demandez un interprète si nécessaire : comprendre un peu le français ne suffit pas pour mesurer les conséquences juridiques d’un consentement. Si la personne a seulement fait l’objet d’une arrestation provisoire dans l’attente des pièces officielles, n’appliquez pas automatiquement le délai de 48 heures. Le 4 mars 2015, la Cour de cassation (pourvoi n° 14-88.211) a jugé que ce délai de l’article 696-10 ne régit pas cette phase lorsque la demande formelle arrive dans le délai applicable. Si une notice rouge d’INTERPOL est en cause, demandez à l’avocat d’identifier le fondement juridique français de l’arrestation et de vérifier si les pièces formelles d’extradition sont arrivées ; ne calculez pas les délais à partir de la seule notice.

ÉtapeRègle ou délaiAction pratique
Demande formelle d’extradition déjà reçuePrésentation au procureur général compétent dans les 48 heures suivant l’arrestation (article 696-10).Notez l’heure et le lieu de l’arrestation ; demandez les références de la demande, un avocat et un interprète.
Arrestation provisoire dans l’attente des piècesNe présumez pas que le délai de 48 heures de l’article 696-10 s’applique. Selon l’article 696-24, le délai interne par défaut est de 30 jours pour recevoir les pièces de l’article 696-8 ; un traité applicable peut prévoir un autre délai. L’article 16(4) de la Convention européenne d’extradition de 1957 prévoit un maximum de 40 jours, sous réserve de la situation conventionnelle et des déclarations applicables.Faites vérifier par l’avocat la base juridique, le traité, les réserves et la date de réception de la demande formelle par les autorités françaises. Ne calculez pas le délai à partir d’une alerte seule.
Entretien initialLe procureur général explique les options, notamment consentir à l’extradition ou s’y opposer, ainsi que la question distincte de la renonciation à la règle de spécialité.Ne signez rien que vous ne compreniez pas : le consentement à la remise et la renonciation à la spécialité sont deux décisions différentes.
Décision sur la détentionAprès notification de la demande, le premier président de la cour d’appel ou un magistrat désigné peut ordonner l’écrou extraditionnel. Le contrôle judiciaire ou l’assignation à résidence sous surveillance électronique peuvent être envisagés (article 696-11).Demandez la décision écrite, les obligations imposées et le tribunal compétent pour une demande de mise en liberté.
Demande de mise en libertéLa mise en liberté peut être demandée à tout moment à la chambre de l’instruction. Elle statue dans les 20 jours suivant la réception de la demande, ou dans les 15 jours si la demande a été déposée dans les 48 heures suivant l’écrou extraditionnel (article 696-19).Conservez la preuve de la date de dépôt. Il s’agit d’une demande de libération, non d’un recours contre l’avis d’extradition.

L’article 696-11 prévoit, en cas d’incarcération, un placement dans la maison d’arrêt au siège de la cour d’appel. Pour une procédure effectivement traitée à Dijon, cela désigne en principe la Maison d’arrêt de Dijon, mais ne prouve pas que toute personne arrêtée dans l’ensemble du ressort y soit encore détenue. Un transfert, un autre fondement de détention ou une autre juridiction compétente peut modifier la situation. La famille doit d’abord obtenir confirmation du lieu de détention, du numéro de dossier et de l’autorité qui délivre les permis de visite.

Quels sont les délais d’audience en cas de consentement ou de refus ?

Le délai de comparution devant la chambre court à compter de la présentation de la personne au procureur général, et non du jour où la famille apprend l’arrestation. Les articles 696-13 à 696-15 fixent deux calendriers différents dans la procédure d’extradition de droit commun.

Position déclarée au procureur généralDélai de comparution devant la chambreSuite de la procédure
La personne déclare consentir à l’extradition.Comparution dans les 5 jours ouvrables suivant la présentation au procureur général (article 696-13).Si le consentement est maintenu à l’audience et que les conditions légales sont réunies, la chambre en donne acte dans les 7 jours suivant la comparution, sauf complément d’information (article 696-14). La décision constatant le consentement n’est pas susceptible de recours.
La personne déclare ne pas consentir à l’extradition.Comparution dans les 10 jours ouvrables suivant la présentation au procureur général (article 696-15).La chambre rend un avis motivé, normalement dans le mois suivant la comparution, sauf si elle ordonne un complément d’information.

À l’audience, la chambre vérifie l’identité de la personne et consigne ses déclarations. L’audience est publique, sauf si la publicité risque de nuire au bon déroulement de la procédure, aux intérêts d’un tiers ou à la dignité de la personne ; elle peut alors se tenir en chambre du conseil. Le ministère public et la personne réclamée sont entendus, avec l’assistance d’un avocat et, si nécessaire, d’un interprète. Si un complément d’information est ordonné, l’avocat doit suivre sa date de retour et conserver l’ordonnance ainsi que le procès-verbal de l’audience reprise.

Qui décide de la remise et que signifie l’avis de la chambre ?

Dans la procédure ordinaire, la chambre de l’instruction rend un avis judiciaire motivé ; elle ne prend pas toujours elle-même la décision exécutive finale de remise. Si un avis défavorable devient définitif, l’article 696-17 interdit l’extradition et prévoit la mise en liberté, sauf autre cause de détention. Dans les autres cas, l’article 696-18 prévoit un décret du Premier ministre sur le rapport du ministre de la Justice. L’avis judiciaire et le décret exécutif sont deux décisions distinctes, avec des voies de contestation différentes.

L’article 696-18 prévoit aussi une règle distincte de remise : si les agents de l’État requérant n’ont pas reçu la personne dans le mois suivant la notification du décret à cet État, la libération doit être ordonnée, sauf force majeure empêchant la remise. Ce délai est différent du délai d’un mois pour contester le décret devant le Conseil d’État, qui court en principe à compter de la notification du décret à la personne. L’avocat doit confirmer la date de notification juridiquement valable et conserver la preuve des deux notifications ; une demande de réexamen administratif ne suspend pas le délai contentieux.

Le mandat d’arrêt européen (MAE) relève d’une procédure de remise distincte de l’extradition de droit commun. Cette procédure est régie par les dispositions du Code de procédure pénale commençant à l’article 695-11 ; si les documents mentionnent un « mandat d’arrêt européen », l’avocat doit identifier cette voie avant d’appliquer les délais d’extradition ordinaire exposés ici. D’autres instruments internationaux peuvent régir les demandes d’États hors UE : il faut vérifier l’État requérant et le traité applicable dans le dossier concerné.

Ne présumez pas que la Convention européenne d’extradition ou un traité bilatéral s’applique simplement parce que les deux États sont parties à une convention. L’avocat doit vérifier les relations conventionnelles en vigueur et les réserves ou déclarations de chacun des États, puis établir la date à laquelle les autorités françaises ont reçu la demande formelle et les pièces requises. Cela peut modifier le délai d’arrestation provisoire par rapport au délai interne de 30 jours. Il faut vérifier le traité applicable, les réserves éventuelles et la date exacte de réception dans le dossier concret, sans supposer qu’un délai unique s’applique.

Que peut-on contester après l’audience de la chambre ?

Le recours dépend de la décision visée. En vertu de l’article 696-15, un pourvoi en cassation contre l’avis d’extradition ne permet pas de rejuger librement le fond : il est limité aux vices de forme privant l’avis des conditions essentielles de son existence légale. Le délai ordinaire du pourvoi est de dix jours francs après le jour du prononcé, selon l’article 568, sous réserve des exceptions légales concernant son point de départ. L’avocat doit vérifier le procès-verbal et agir sans délai. Le décret du Premier ministre se conteste séparément devant le Conseil d’État ; l’article 696-18 prévoit un délai d’un mois. Vérifiez immédiatement la date et la preuve de notification : une demande gracieuse de réexamen adressée à l’administration n’interrompt pas le délai contentieux.

Deux décisions de la Cour de cassation rendues en 2026 précisent la règle de la même formation dans les procédures d’extradition. Le 14 avril 2026, n° 25-86.772, la Cour a jugé que chaque moyen de défense doit être examiné, plaidé et tranché par une même formation. Le 27 mai 2026, n° 25-84.904, elle a précisé qu’un avis final peut néanmoins être rendu par une formation différente si chaque moyen déjà tranché a été examiné, plaidé et jugé par une même formation. Ces décisions intéressent la chambre de Dijon, mais elles ne signifient pas que tout changement de formation invalide automatiquement la procédure. Conservez les procès-verbaux d’audience ; l’avocat doit vérifier quelle formation a examiné et tranché chaque moyen.

Les motifs de refus détaillés, les arguments fondés sur les risques dans l’État requérant et la stratégie complète des recours relèvent de la page Comment arrêter une extradition depuis la France. Le déroulement national complet est exposé dans Extradition depuis la France. Cette page reste centrée sur le parcours et les démarches locales à Dijon.

Que doivent préparer la famille et l’avocat étranger ?

  • La date, l’heure et le lieu exacts de l’arrestation, ainsi que tout avis, procès-verbal, mandat ou document identifiant l’État requérant.
  • Le passeport, les données d’identité et les nationalités de la personne, son adresse actuelle, son historique de résidence et toute procédure pénale française en cours.
  • Tous les documents reçus du parquet général ou de la cour : date d’audience, décision écrite de détention, informations sur l’interprète et numéro de dossier.
  • Pour le dossier étranger : mandat d’arrêt ou jugement, qualification des faits ou condamnation, textes étrangers pertinents et traductions fiables déjà disponibles.
  • Pour une demande de mise en liberté ou un argument lié à un risque : des éléments datés, et non de simples affirmations. Selon le fondement, des dossiers médicaux, responsabilités familiales, justificatifs de domicile ou éléments précis sur la procédure et les conditions de détention dans l’État requérant peuvent être utiles.
  • Pour les visites : confirmation du lieu de détention et de l’autorité qui délivre le permis dans ce statut procédural précis. Le service public français indique que l’autorité varie selon le statut ; ne supposez pas que le régime ordinaire de détention provisoire s’applique automatiquement à l’écrou extraditionnel.

Le Barreau de Dijon constitue une autre voie pour demander comment trouver un avocat de la défense. Vérifiez les coordonnées à jour sur son site officiel et demandez expressément si une permanence couvre l’extradition ou un MAE ; ne présumez pas qu’un service prévu pour la garde à vue ordinaire couvre cette procédure distincte.

Exemple hypothétique : si une personne est arrêtée à Dijon à la demande d’un État hors UE et déclare au procureur général qu’elle ne consent pas à l’extradition, la famille doit noter la date de présentation, contacter sans délai un avocat local et vérifier le délai de comparution de 10 jours ouvrables prévu à l’article 696-15. Si la chambre ordonne ensuite un complément d’information, l’avocat doit conserver l’ordonnance, la date de retour et le procès-verbal de l’audience reprise. Le délai interne de 30 jours concerne l’arrestation provisoire avant réception des pièces formelles ; ce n’est pas un plafond universel de détention. Un traité applicable peut prévoir un autre délai.

Vérifiez la date du droit applicable avant d’utiliser un numéro d’article

Ce guide décrit le droit en vigueur au 28 octobre 2026. L’ordonnance n° 2025-1091 du 19 novembre 2025 prévoit une réécriture du Code de procédure pénale, dont le nouveau cadre doit prendre effet le 1er janvier 2029 ; les articles 696-8 et suivants actuels sont annoncés comme abrogés à cette date. Si le dossier doit se poursuivre en 2029, l’avocat doit vérifier les dispositions transitoires et le droit alors en vigueur, plutôt que de reprendre automatiquement les numéros d’articles et délais actuels.

Questions fréquentes des familles

Une adresse à Dijon rend-elle automatiquement les juridictions de Dijon compétentes ?

Non. Le lieu de l’arrestation, l’autorité qui prend en charge le dossier et la procédure applicable comptent. Vérifiez le tribunal indiqué dans les documents ; le seul domicile ne suffit pas.

La règle des 30 jours impose-t-elle une libération après 30 jours ?

Non. L’article 696-24 prévoit un délai interne de 30 jours pour l’arrestation provisoire si les pièces de l’article 696-8 ne sont pas reçues. Un traité applicable peut prévoir un autre délai, par exemple le maximum de 40 jours prévu à l’article 16(4) de la Convention européenne d’extradition de 1957. Si les pièces arrivent à temps, la procédure ordinaire peut continuer.

La famille peut-elle organiser directement une visite ?

Confirmez d’abord l’établissement et l’autorité qui délivre le permis pour ce statut procédural. L’autorité compétente varie selon la situation de détention ; l’avocat peut vérifier les modalités locales en vigueur.

Sources juridiques et locales

L’équipe de Lex Agency coordonne la défense transfrontalière avec un conseil local. Pour discuter d’un dossier, utilisez la page de demande.

Dernière mise à jour: 2026-10-28

Auteur: Razmik Khachatrian

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