Avocat en extradition à Metz : Cour d’appel de Metz et procédure locale
Pour une extradition de droit commun en Moselle, le circuit judiciaire local passe par le parquet général et la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Metz. Une personne arrêtée à la suite d’une demande d’extradition de droit commun doit être présentée au procureur général territorialement compétent dans les 48 heures. Les délais suivants dépendent du consentement de la personne et diffèrent de ceux du mandat d’arrêt européen (MAE).
Quelle juridiction de Metz traite le dossier ?
La juridiction compétente n’est pas simplement le Tribunal judiciaire de Metz au seul motif que la personne a été arrêtée dans la ville. Les affaires d’extradition de droit commun et de MAE relèvent de la cour d’appel. Le ressort de la Cour d’appel de Metz couvre le département de la Moselle et ses trois tribunaux judiciaires : Metz, Thionville et Sarreguemines. Pour une arrestation en Meurthe-et-Moselle, consultez la page consacrée à la juridiction de Nancy.
Une exception légale est importante : en vertu de l’article 696-24-1, les demandes d’extradition concernant des actes de terrorisme relèvent également de la compétence concurrente du procureur général, du premier président, de la chambre de l’instruction et de son président à Paris. Si la demande porte sur des faits liés au terrorisme, l’avocat doit vérifier si la voie parisienne a été engagée ; il ne faut pas présumer que Metz est l’unique juridiction possible.
Arrestation à l’aéroport. L’exploitant indique l’adresse de l’aéroport Metz–Nancy–Lorraine : Route de Vigny, 57420 Goin, en Moselle. Cette localisation est un indice territorial, mais elle ne prouve ni le service qui a procédé à l’interpellation ni la procédure applicable. Consultez les documents actuels d’interpellation pour identifier le service, l’heure exacte et l’instrument juridique — extradition de droit commun, arrestation provisoire ou MAE — sans les déduire du seul nom de l’aéroport.
| Institution | Rôle dans une procédure d’extradition ou de remise | Point local à retenir |
|---|---|---|
| Cour d’appel de Metz — chambre de l’instruction | Entend la personne recherchée et rend la décision ou l’avis motivé prévu par la procédure applicable. | La chambre de la cour d’appel est la juridiction judiciaire centrale. |
| Parquet général près la Cour d’appel de Metz | Reçoit la personne au stade initial de l’extradition de droit commun et consigne sa position. | La première présentation doit intervenir dans les 48 heures suivant l’interpellation. |
| Tribunaux judiciaires de Metz, Thionville et Sarreguemines | Juridictions de première instance du même ressort ; elles ne remplacent pas la procédure d’extradition devant la cour d’appel. | Ne déposez pas par défaut un acte urgent auprès du tribunal de première instance le plus proche. |
| Centre pénitentiaire de Metz | Établissement pénitentiaire local pour lequel le réseau mosellan d’accès au droit répertorie un Point-Justice. | Vérifiez le lieu exact de détention et tout transfert ; ne présumez pas que la personne y est détenue. |
| Point-Justice au Tribunal judiciaire de Metz | Propose des services généraux d’accès au droit et des permanences d’avocats. | Les permanences d’avocats sont annoncées le lundi de 9 h à 12 h, sur rendez-vous préalable auprès du barreau de Metz ; ce service ne remplace pas un avocat d’urgence en extradition. |
Que se passe-t-il pendant les premières 48 heures ?
L’article 696-10 du Code de procédure pénale impose qu’une personne arrêtée à la suite d’une demande d’extradition de droit commun soit conduite devant le procureur général territorialement compétent dans les 48 heures. Le procureur doit expliquer la demande dans une langue comprise par la personne et l’informer de son droit de choisir un avocat ou, si nécessaire, de demander la désignation d’un avocat par le bâtonnier. L’avocat peut s’entretenir immédiatement avec elle, consulter le dossier sur-le-champ et communiquer librement avec elle. Le consentement à l’extradition et la renonciation à la règle de la spécialité sont deux déclarations distinctes qui ont des effets juridiques différents.
Après notification officielle de la demande, si le procureur général ne remet pas la personne en liberté, l’article 696-11 prévoit sa présentation au premier président de la cour d’appel ou au magistrat du siège désigné par celui-ci. Ce magistrat ordonne l’incarcération sous écrou extraditionnel à la maison d’arrêt du siège de la cour d’appel. S’il estime que la représentation de la personne à tous les actes de la procédure est suffisamment garantie, il peut appliquer, jusqu’à l’audience devant la chambre, un contrôle judiciaire ou une assignation à résidence sous surveillance électronique à la place de l’incarcération. Cette décision peut être contestée devant la chambre de l’instruction, qui doit statuer dans les cinq jours. Metz dispose d’un établissement pénitentiaire local, mais la famille doit confirmer le lieu réel de détention. Une notice rouge d’INTERPOL ne prouve pas, à elle seule, qu’une demande formelle d’extradition a été reçue.
Quel délai d’extradition de droit commun court après la présentation au procureur général ?
Il faut partir de la date et de l’heure de présentation de la personne au procureur général, et non du moment où sa famille a appris l’arrestation. Les délais de l’extradition de droit commun correspondent à des étapes distinctes :
| Étape de procédure | Délai légal | Point de départ et conséquence pratique |
|---|---|---|
| Première présentation au procureur général | Dans les 48 heures | À compter de l’interpellation dans le cadre d’une demande d’extradition de droit commun ; la personne doit être informée de la demande et de ses droits à l’assistance d’un avocat. |
| Première comparution devant la chambre de l’instruction après déclaration de consentement au procureur général | Dans les 5 jours ouvrables | À compter de la présentation au procureur général. Le consentement doit être éclairé. |
| Décision de la chambre constatant le consentement | Dans les 7 jours | À compter de la comparution, si les conditions légales sont remplies ; le délai peut être affecté par un supplément d’information. Cette décision n’est pas susceptible de recours. |
| Première comparution après déclaration de refus au procureur général | Dans les 10 jours ouvrables | À compter de la présentation au procureur général ; la chambre examine la demande et rend un avis motivé. |
| Avis motivé après la comparution d’une personne qui refuse l’extradition | Dans un délai d’un mois | À compter de la comparution, sauf si la chambre ordonne un supplément d’information. |
| Arrestation provisoire dans l’attente des pièces formelles d’extradition | 30 jours | En vertu de l’article 696-24, la personne doit être libérée si le Gouvernement français n’a pas reçu un document visé à l’article 696-8 dans les 30 jours suivant une arrestation demandée par les autorités étrangères. Si les pièces arrivent ultérieurement, la procédure peut reprendre. |
| Remise après le décret du Premier ministre | 1 mois | À compter de la notification du décret à l’État requérant ; si les agents de cet État n’ont pas reçu la personne à l’expiration du délai, elle est libérée sauf force majeure et ne peut plus être réclamée pour la même cause. |
Ces délais légaux correspondent à des étapes précises ; ils ne garantissent pas que toute l’affaire sera terminée en un mois. Le traité applicable, la complétude du dossier, une demande d’informations complémentaires et la phase exécutive ultérieure peuvent avoir une incidence. La France est partie à la Convention européenne d’extradition de 1957, sous réserve des réserves et déclarations enregistrées. Lorsqu’un MAE ou un autre instrument spécial de remise s’applique, il ne faut pas utiliser le calendrier de l’extradition de droit commun. Consultez également le guide sur l’extradition depuis la France.
En quoi le mandat d’arrêt européen est-il différent ?
Le MAE est un instrument judiciaire de remise entre États participants, et non une demande d’extradition de droit commun. La France le met en œuvre au moyen de dispositions distinctes du Code de procédure pénale, notamment l’article 695-31. La chambre de la Cour d’appel de Metz statue en principe dans les sept jours suivant la comparution si la personne consent à la remise, et dans les 20 jours suivant la comparution si elle refuse. Il s’agit des délais de décision de la chambre, et non d’une promesse de transfert physique dans ce délai. Un supplément d’information peut modifier le calendrier ; si un privilège ou une immunité en France doit être levé, ou si le consentement d’un autre État est requis, le délai ne commence qu’à compter du moment où la chambre est informée de cet événement. La décision rendue après consentement n’est pas susceptible de recours ; en cas de refus, un pourvoi en cassation spécifique est possible.
Une notice rouge d’INTERPOL est une alerte internationale et une demande de coopération, pas un mandat d’arrêt international ni la décision finale de remise. Demandez à l’avocat d’identifier l’instrument effectivement appliqué : extradition de droit commun, arrestation provisoire, MAE ou demande fondée sur un accord distinct. Le document et les dates des actes de procédure déterminent les délais applicables.
Que doivent faire la famille ou l’avocat étranger maintenant ?
La Cour d’appel de Metz et le Tribunal judiciaire de Metz occupent le même Palais de Justice, au 3 rue Haute Pierre. Le ressort comprend aussi Thionville et Sarreguemines : une arrestation dans l’une de ces villes ne fait donc pas, à elle seule, basculer l’affaire dans un autre ressort de cour d’appel. L’annuaire mosellan de l’accès au droit indique des permanences d’avocats au tribunal judiciaire de Metz le lundi de 9 h à 12 h, sur rendez-vous auprès du barreau de Metz (03 87 76 16 00), ainsi qu’un contact pour les permanences d’avocats au Centre pénitentiaire de Metz. À Sarreguemines, les permanences d’avocats au tribunal sont annoncées les premier et troisième jeudis du mois, de 8 h 30 à 11 h 30, sauf en juillet et août, sur rendez-vous au 03 87 95 48 23. À Thionville, elles sont annoncées les premier et troisième vendredis, de 9 h à 12 h hors vacances scolaires, sur rendez-vous auprès de la MJD du Val de Fensch (03 82 51 98 62). Il s’agit de services généraux d’accès au droit, et non de guichets d’urgence pour déposer des actes d’extradition.
- Notez l’heure et le lieu exacts de l’interpellation, le service de police, le numéro de référence et l’autorité ayant décidé la mesure.
- Transmettez à l’avocat le procès-verbal d’interpellation, la notification des droits, le mandat ou la demande et les traductions, ainsi qu’une chronologie datée, les pièces d’identité/de résidence et les coordonnées de l’avocat ou du tribunal étranger. Conservez les originaux.
- Demandez à l’avocat de confirmer par écrit l’instrument juridique, la juridiction et la chambre, le statut de détention, le lieu exact de détention et les transferts, la prochaine audience et le point de départ de chaque délai.
- Si aucun avocat n’intervient, demandez immédiatement la désignation par le bâtonnier et un interprète. Les proches à l’étranger devraient désigner un seul interlocuteur.
Les premières 72 heures : un plan d’action pratique, pas un délai légal distinct
Le délai légal initial en extradition de droit commun est la présentation au procureur général dans les 48 heures. La liste suivante sur trois jours constitue un plan pratique, et non un délai supplémentaire prévu par le Code :
- Immédiatement : identifiez l’instrument juridique à partir des documents d’interpellation et contactez un avocat français ; demandez un interprète si nécessaire.
- Avant la première comparution : l’avocat doit vérifier la décision de détention ou la mesure alternative et expliquer les conséquences du consentement ; ne consentez pas sans conseil.
- Une fois l’audience fixée : confirmez le point de départ du prochain délai et conservez les preuves d’envoi et de réception.
Que peut-on contester, et devant quelle juridiction ?
Les motifs détaillés de refus et la stratégie nationale des recours sont traités sur la page consacrée aux recours contre l’extradition depuis la France. À Metz, l’avocat peut contester la décision prise au titre de l’article 696-11 sur l’écrou extraditionnel ou une mesure alternative (la chambre de l’instruction doit statuer dans les cinq jours ; c’est le délai de décision, non un délai de dépôt) et demander une mise en liberté à tout moment au titre de l’article 696-19 (décision sous 20 jours, ou 15 jours si la demande est formée dans les 48 heures suivant l’écrou extraditionnel). Distinguez les voies ultérieures : l’article 696-15 limite le pourvoi contre l’avis de la chambre à certains vices de procédure ; le recours distinct contre le décret du Premier ministre doit être formé devant le Conseil d’État dans un mois, délai qu’un recours gracieux n’interrompt pas. Le Conseil d’État ne réexamine pas les vices de procédure de l’avis de la chambre ; selon l’article R. 421-5 CJA, le délai légal d’un mois n’est en principe opposable que si la notification indique les voies et délais de recours ; à défaut, un délai raisonnable peut néanmoins s’appliquer. Une demande d’asile seule ne bloque pas automatiquement l’exécution. Conservez les décisions et notifications et demandez rapidement conseil sur la voie et les preuves nécessaires.
Exemple hypothétique : arrestation après un déplacement par le Luxembourg
Supposons qu’une personne soit arrêtée à Thionville après avoir voyagé depuis le Luxembourg et que les policiers évoquent une alerte internationale. La famille doit obtenir les documents d’arrestation, organiser l’assistance d’un avocat et vérifier s’il s’agit d’une extradition de droit commun ou d’un MAE ; l’audience n’aura pas nécessairement lieu au Tribunal judiciaire de Thionville. En extradition de droit commun, la personne doit être présentée au procureur général compétent dans les 48 heures, puis comparaître devant la chambre de la cour d’appel à Metz. Le délai de première comparution de cinq ou dix jours ouvrables court à partir de cette présentation ; si la personne consent, le délai distinct de décision de la chambre est de sept jours à compter de la comparution. Transmettez les documents étrangers avec leur source, leur date et une traduction certifiée si elle existe.
Sources officielles utiles
- Code de procédure pénale : extradition de droit commun, articles 696-8 à 696-24-1.
- Code de procédure pénale, article 696-18 : recours contre le décret et délai de remise après celui-ci.
- Code de procédure pénale : article 695-31 sur le mandat d’arrêt européen.
- Code de justice administrative : article R. 421-5 sur la notification des voies et délais de recours.
- Cour d’appel de Metz : présentation officielle du ressort territorial.
- Cour d’appel de Metz : mentions légales et adresse officielle.
- Site officiel de l’exploitant de Lorraine Aéroport : adresse à Route de Vigny, 57420 Goin.
- CDAD de la Moselle : lieux Point-Justice, horaires et contacts des permanences d’avocats.
- Bureau des traités du Conseil de l’Europe : réserves et déclarations de la France à la Convention européenne d’extradition.
- Conseil d’État, 26 février 2026, n° 509261.
- Conseil d’État, 11 mai 2026, n° 509042.
- INTERPOL : ce qu’est une notice rouge et ce qu’elle n’est pas.
- Conseil d’État, 16 octobre 2024, n° 476331 : délai raisonnable en l’absence d’indication des voies et délais de recours.
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