L’extradition par pays

Avocat en extradition à Versailles : juridiction compétente et procédure locale

Pour une demande d’extradition de droit commun attribuée au ressort judiciaire de Versailles, le contrôle juridictionnel relève de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles, en lien avec le parquet général. Après une arrestation aux fins d’extradition, la personne doit être conduite devant le procureur général territorialement compétent dans les 48 heures. Si elle s’oppose à l’extradition, sa première comparution devant la chambre doit avoir lieu dans les dix jours ouvrables suivant sa présentation au procureur général. La chambre rend un avis judiciaire ; le décret du Premier ministre constitue une décision distincte de l’exécutif.

Le ressort de la cour d’appel de Versailles couvre-t-il l’arrestation ?

La carte judiciaire officielle situe dans le ressort de la Cour d’appel de Versailles quatre départements : l’Eure-et-Loir, les Hauts-de-Seine, le Val-d’Oise et les Yvelines. Les quatre tribunaux judiciaires de ce ressort sont ceux de Chartres, Nanterre, Pontoise et Versailles. Toutefois, une demande d’extradition de droit commun attribuée à ce ressort est examinée par la chambre de l’instruction de la cour d’appel, et non par l’un de ces tribunaux de première instance.

Selon l’article 696-9 du Code de procédure pénale, après vérification, le ministre de la Justice transmet le dossier au procureur général territorialement compétent. Ne déduisez pas la compétence du seul domicile de la famille ou du lieu de travail de la personne recherchée. Notez la date, l’heure et le lieu exacts de l’arrestation et vérifiez le nom du procureur indiqué dans les documents de détention. Si le dossier semble avoir été attribué à une autre cour, l’avocat doit confirmer cette attribution avant d’adresser des observations urgentes. Pour une arrestation dans un aéroport de la région parisienne, notez le terminal exact, la commune et l’unité intervenante : le nom de l’aéroport ou la destination prévue ne suffit pas à identifier le parquet compétent.

Quel est le rôle de chaque institution locale ?

InstitutionRôle et point pratique
Cour d’appel de VersaillesSa chambre de l’instruction examine le volet judiciaire d’une demande d’extradition de droit commun attribuée au ressort. Vérifiez les modalités actuelles de dépôt avant de vous déplacer au tribunal.
Parquet généralLe procureur général reçoit la personne, lui explique la demande et les choix possibles, puis transmet le dossier à la chambre. L’article 696-10 fixe le délai de présentation à 48 heures après l’arrestation.
Maison d’arrêt de VersaillesL’article 696-11 prévoit le placement sous écrou extraditionnel à la maison d’arrêt du siège de la cour d’appel compétente. Le ministère de la Justice répertorie la Maison d’arrêt de Versailles au 28 avenue de Paris ; confirmez le lieu effectif de détention.

Selon l’article 696-11, si la personne n’est pas laissée en liberté, le procureur général la présente au premier président de la cour d’appel ou à un magistrat du siège désigné. Le magistrat peut ordonner l’écrou extraditionnel à la maison d’arrêt du siège. Si la représentation de la personne à tous les actes de la procédure est suffisamment garantie, il peut plutôt imposer un contrôle judiciaire ou une assignation à résidence sous surveillance électronique jusqu’à sa comparution devant la chambre. La chambre doit statuer dans les cinq jours sur un recours contre cette décision de mesure alternative.

La décision n° 2016-561/562 QPC du Conseil constitutionnel (9 septembre 2016) apporte des garanties décisives lors de cette première présentation à Versailles : le juge peut laisser la personne libre sans mesure de contrôle si les garanties de représentation sont suffisantes. Celle-ci peut être assistée d’un avocat et prendre, le cas échéant, connaissance des réquisitions du procureur général. Il n’existe pas de recours spécifique contre l’ordonnance initiale d’écrou ; son irrégularité peut être invoquée dans une demande de mise en liberté fondée sur l’article 696-19. Le délai de cinq jours cité plus haut concerne la décision sur le recours contre une mesure alternative, non contre l’écrou lui-même.

Les 72 premières heures : un plan pratique, pas un délai légal distinct

Les 72 heures constituent un plan d’action pratique, et non le délai légal de traitement de toute la procédure. Les délais légaux ci-dessous ont chacun leur propre point de départ.

MomentRègleAction immédiate
Dans les 48 heures suivant l’arrestationL’article 696-10 impose la présentation au procureur général compétent. La personne doit recevoir les informations dans une langue qu’elle comprend et peut s’entretenir immédiatement avec un avocat ; celui-ci peut consulter le dossier sur-le-champ.Notez l’heure de l’arrestation, demandez un interprète si nécessaire et contactez un avocat. La personne peut choisir son avocat ou demander une désignation d’office par le barreau.
Avant d’exprimer une positionLe procureur général explique le choix entre consentir à l’extradition et s’y opposer, ainsi que la possibilité distincte de renoncer à la règle de la spécialité.Ne confondez pas consentement à l’extradition et renonciation à la spécialité. Demandez à l’avocat d’expliquer les effets juridiques distincts avant toute déclaration formelle.
Si la personne consentLes articles 696-13 et 696-14 prévoient une comparution dans les cinq jours ouvrables suivant la présentation au procureur général et la constatation du consentement dans les sept jours suivant la comparution, sauf complément d’information.Le consentement est un acte juridique formel, pas une réponse anodine à la police. Prenez conseil avant de le confirmer.
Si l’extradition est contestéeL’article 696-15 prévoit une comparution dans les dix jours ouvrables suivant la présentation. Sauf complément d’information, la chambre rend son avis motivé dans le mois suivant la comparution.Préparez rapidement les observations, traductions, décisions étrangères et preuves de notification.

La personne est entendue avec un avocat et, si nécessaire, un interprète. L’audience est publique sauf si la publicité risque de nuire à la procédure, aux intérêts d’un tiers ou à la dignité de la personne. La chambre contrôle les conditions juridiques de l’extradition ; elle ne statue pas sur la culpabilité au regard de l’infraction étrangère.

Où la personne peut-elle être détenue et peut-elle demander sa mise en liberté ?

Pour un dossier de Versailles, le point de départ prévu par l’article 696-11 est la Maison d’arrêt de Versailles, située au siège de la cour d’appel. Le lieu réel de détention et tout transfert ultérieur doivent être confirmés auprès des autorités avant que la famille se déplace ou envoie des documents. L’annuaire public ne vaut pas autorisation de visite : confirmez les autorisations, réservations et règles actuelles de visite des avocats auprès de l’établissement. Le droit français ne fixe pas un plafond unique et simple pour toute détention extraditionnelle ; sa durée totale doit rester raisonnable et une mise en liberté peut être demandée à tout moment.

L’article 696-19 permet de demander la mise en liberté à la chambre de l’instruction à tout moment. Elle doit statuer au plus vite et au plus tard dans les 20 jours suivant la réception de la demande. Si celle-ci est déposée dans les 48 heures suivant le placement sous écrou extraditionnel, le délai de décision est ramené à 15 jours. Ces délais concernent la demande de mise en liberté, non la durée maximale de toute la procédure. Conservez la preuve du dépôt et la date de début de détention. Respectez les obligations du contrôle judiciaire ou du bracelet électronique ; si une obligation est impossible à respecter, demandez à l’avocat d’en solliciter légalement la modification.

Pour demander à la chambre de Versailles de modifier le contrôle judiciaire, il faut expliquer en quoi chaque obligation garantit la représentation. Dans l’arrêt n° 25-82.641 du 14 octobre 2025, la Cour de cassation a limité ces obligations à cet objectif et censuré une obligation de soins visant le risque de récidive. Cet arrêt ne crée pas un droit automatique à la liberté sans contrôle.

La demande de mise en liberté a aussi des limites. Le 25 mars 2025 (n° 25-80.290), la Cour de cassation a jugé qu’après une décision définitive d’extradition et lorsque le décret est exécutoire, la chambre saisie de la liberté ne peut pas réexaminer une dégradation des droits fondamentaux dans l’État requérant : le retrait éventuel du décret relève du Gouvernement. Elle doit toutefois contrôler la durée raisonnable de l’écrou et la diligence de la procédure. L’avocat doit distinguer ces questions et conserver la chronologie des actes accomplis.

Que montre la récente affaire d’extradition de Versailles ?

Le 28 janvier 2026, la Cour de cassation a examiné un avis rendu le 5 février 2025 par la chambre de l’instruction de Versailles dans une affaire demandée par la Türkiye (n° 25-81.433). Le pourvoi du procureur général a été accueilli partiellement : la Cour a cassé la partie de l’avis qui considérait une peine de 162 jours comme prescrite en retenant un mauvais point de départ du délai. En vertu du traité applicable et de l’article 696-4, 5°, la prescription s’apprécie en principe selon le droit de l’État requérant, sauf lorsque les juridictions françaises seraient compétentes pour l’infraction. Elle s’apprécie à la date de l’arrestation ; le jugement étranger, une décision de conversion ou d’exécution, la preuve de notification et les règles étrangères de prescription peuvent donc être déterminants.

Le même arrêt révèle un risque distinct de recevabilité : le pourvoi de la personne recherchée a été déclaré irrecevable parce que l’avocat au barreau de Paris n’exerçait pas près de la juridiction ayant rendu la décision et n’avait pas produit le pouvoir spécial exigé par l’article 576. Ne déduisez pas du succès du pourvoi du procureur général que la personne recherchée dispose d’un appel général sur le fond : l’article 696-15 limite ses moyens de cassation aux vices de forme privant l’avis des conditions essentielles de son existence légale.

Que peut-on contester après l’avis de la chambre ?

Le pourvoi en cassation contre l’avis de la chambre n’est pas un appel ordinaire de pleine juridiction. L’article 568 prévoit généralement dix jours francs à compter du lendemain du prononcé, sous réserve des exceptions où le délai court à partir de la notification ; l’article 696-15 limite les moyens recevables. Dans l’affaire de Versailles de 2026, le procureur général a obtenu une cassation partielle pour une erreur sur la prescription, tandis que le pourvoi de la personne a échoué en raison des formalités de l’article 576. L’avocat doit évaluer le moyen exact et respecter les formalités de dépôt.

Si un avis motivé définitif rejette l’extradition, l’article 696-17 interdit de l’accorder. Un avis favorable ne constitue pas lui-même la remise. Dans les autres cas, l’article 696-18 prévoit un décret du Premier ministre autorisant l’extradition. Le recours en annulation distinct relève du Conseil d’État, et non de la Cour d’appel de Versailles, et doit être formé dans un délai d’un mois à compter de la notification du décret à la personne ; vérifiez immédiatement la date et la preuve de notification. Une demande informelle de réexamen n’interrompt pas ce délai. Selon la décision du Conseil d’État n° 439436 du 31 décembre 2020, le décret ne peut être exécuté avant l’expiration du délai de recours et, si un recours juridictionnel est déposé à temps, avant que le Conseil d’État statue.

Les motifs de refus, notamment les arguments tirés de l’article 3 et de la vie familiale ou de l’intérêt des enfants, dépendent du traité et des faits ; dans la décision n° 500676 du 15 mai 2025, les liens familiaux n’ont pas invalidé le décret dans les circonstances de l’espèce. Pour les motifs et les preuves à réunir, consultez le guide national sur les recours contre l’extradition depuis la France.

Quel traité s’applique : extradition ou mandat d’arrêt européen ?

Pour une demande d’un État hors UE, vérifiez le traité applicable ainsi que le chapitre V du Code de procédure pénale. La France est partie à la Convention européenne d’extradition de 1957. Le Bureau des traités du Conseil de l’Europe recense des réserves françaises, notamment le refus lorsque la personne serait jugée par un tribunal ne garantissant pas les garanties procédurales fondamentales ou créé pour son cas, et la possibilité de refuser une remise aux conséquences exceptionnellement graves, notamment en raison de l’âge ou de l’état de santé. La France a également déclaré refuser l’extradition si la personne avait la nationalité française au moment des faits allégués. Vérifiez les réserves applicables à l’État requérant concerné.

Entre États membres de l’UE, le mandat d’arrêt européen (MAE) relève d’une procédure distincte de remise fondée sur le droit de l’UE. Ne traitez pas un MAE comme une extradition ordinaire. Si les documents mentionnent un MAE, consultez le guide du mandat d’arrêt européen et vérifiez les délais propres à cette procédure. Le processus national est expliqué dans le guide Extradition depuis la France ; cette page se limite au parcours local de Versailles.

Quels documents la famille ou l’avocat étranger doit-il préparer ?

  • La date, l’heure et le lieu exacts de l’arrestation, la référence de police ou du parquet et les copies des avis, mandats et décisions de détention.
  • L’identité complète, la date de naissance, la nationalité, les langues parlées et les coordonnées sécurisées de l’avocat.
  • Le jugement étranger, la preuve de notification, les décisions sur recours, les documents d’exécution ou de conversion de peine et les éléments relatifs à la prescription.
  • Le traité ou fondement juridique cité dans la demande, des traductions fiables et les originaux conservés.
  • Les preuves médicales urgentes ou de vulnérabilité, le cas échéant, ainsi qu’une demande d’interprète.
  • La confirmation de l’établissement de détention réel et des règles actuelles de visite et de transmission de documents.

Exemple hypothétique. Si une personne est arrêtée à Nanterre sur une demande d’un État hors UE attribuée à Versailles, elle doit être présentée au procureur général dans les 48 heures ; si elle s’oppose à l’extradition, la comparution devant la chambre doit intervenir dans les dix jours ouvrables suivant cette présentation. Il faut contacter un avocat, demander le dossier et un interprète si nécessaire, confirmer l’établissement de détention et préserver les preuves relatives à la prescription en droit étranger. Le procureur compétent, le traité et les dates doivent être vérifiés dans le dossier.

Ce guide reflète le droit vérifié au 25 octobre 2026. L’ordonnance n° 2025-1091 prévoit l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2029, de dispositions recodifiées du Code de procédure pénale, notamment en matière d’extradition ; les références devront être revérifiées pour les procédures postérieures. Pour organiser les documents et déterminer les questions à poser à un avocat local, utilisez la page de demande de consultation.

Questions fréquentes des familles

La famille peut-elle choisir la prison ?

Non. L’article 696-11 désigne la maison d’arrêt au siège de la cour d’appel compétente pour l’écrou extraditionnel, mais le lieu réel de détention ou un transfert doit être confirmé auprès des autorités. Les listes publiques ne prouvent pas où se trouve une personne donnée.

Un avis favorable de la chambre entraîne-t-il immédiatement la remise ?

Non. L’avis judiciaire et le décret d’autorisation du Premier ministre sont deux étapes distinctes. Le pourvoi contre l’avis et le recours devant le Conseil d’État contre le décret sont des voies différentes, avec des règles et délais distincts.

Sources officielles

Dernière mise à jour: 2026-10-25

Auteur: Razmik Khachatrian

Extradition internationale et services juridiques transfrontaliers · LEX EXTRADITION by Lex Agency LLC · Profil de l’auteur