Avocat en extradition à Nancy : juridiction, délais et détention
Pour un dossier d’extradition attribué à Nancy, la juridiction centrale est la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Nancy. Le parquet général intervient au premier stade. Il faut d’abord vérifier si les documents concernent une extradition de droit commun demandée par un État hors UE ou un mandat d’arrêt européen (MAE) : les délais ne sont pas les mêmes.
Une publication officielle de la cour d’appel de Nancy rattache la Meurthe-et-Moselle, la Meuse et les Vosges à son ressort et classe expressément la Moselle hors de ce ressort. L’aéroport commercialisé sous le nom « Metz–Nancy–Lorraine » se trouve à Goin, en Moselle, comme le confirme un décret de 2026. N’orientez pas un dossier vers Nancy au seul motif que le nom de l’aéroport contient « Nancy » : vérifiez le lieu exact de l’interpellation et le parquet auquel le dossier a été attribué. Le guide local de Metz est le point de départ pour cet aéroport.
Quelle juridiction à Nancy intervient en premier ?
Il n’existe pas de tribunal de première instance distinct appelé « tribunal d’extradition de Nancy ». Dans un dossier d’extradition de droit commun attribué à Nancy, le procureur général traite la phase initiale et la chambre de l’instruction tient l’audience puis rend un avis judiciaire. Après notification de la demande, si le procureur général ne laisse pas la personne en liberté, celle-ci est présentée au premier président de la cour d’appel ou à un magistrat du siège désigné, qui ordonne son placement sous écrou extraditionnel. Une éventuelle autorisation ultérieure du gouvernement constitue une étape distincte.
| Institution ou service | Rôle dans le dossier | Information locale |
|---|---|---|
| Cour d’appel de Nancy — chambre de l’instruction | Entend la personne et rend l’avis en extradition de droit commun ; statue sur la remise au titre du MAE selon une procédure distincte. | Les publications officielles rattachent la Meurthe-et-Moselle, la Meuse et les Vosges au ressort de Nancy. |
| Parquet général | Reçoit la personne, lui notifie la demande et recueille ses déclarations. | Pour l’extradition de droit commun, présentation dans les 48 heures suivant l’interpellation fondée sur une demande formelle (article 696-10). |
| Premier président ou magistrat désigné | Ordonne le placement sous écrou extraditionnel lorsque le procureur général ne laisse pas la personne en liberté. | L’article 696-11 vise la maison d’arrêt située au siège de la cour d’appel. |
| Maison d’arrêt de Nancy-Maxéville | Établissement local pertinent lorsqu’un placement en détention est ordonné pour un dossier attribué à Nancy. | Annuaire officiel : 300 rue de l’Abbé Haltebourg, 54320 Maxéville ; confirmez le lieu réel de détention. |
Après l’interpellation : plan pratique pour les 72 premières heures
La période de « 72 heures » ci-dessous est un plan d’action pratique, pas un délai légal autonome. Chaque délai commence à un événement précis. Le délai de 48 heures de l’article 696-10 concerne une personne appréhendée à la suite d’une demande d’extradition formelle ; une notice rouge ou un signalement d’arrestation provisoire ne prouve pas, à lui seul, qu’une telle demande a été reçue.
| Moment ou point de départ | Ce qui doit se passer localement | Ce que la personne ou sa famille doit faire |
|---|---|---|
| Immédiatement | Identifier l’autorité d’interpellation, le lieu et l’heure exacts, et vérifier si les documents mentionnent une extradition ou un MAE. | Conserver tous les documents ; demander un avocat et, si nécessaire, un interprète. Ne pas signer un consentement ni une renonciation à la règle de spécialité sans en comprendre les conséquences. |
| Dans les 48 heures — extradition de droit commun | L’article 696-10 impose la présentation au procureur général territorialement compétent. La demande et le droit à l’avocat sont expliqués dans une langue comprise ; l’avocat peut consulter immédiatement le dossier et communiquer librement avec la personne. | Transmettre à l’avocat l’identité, la nationalité, la langue, les coordonnées de la famille et toute référence de dossier ; confirmer le fondement juridique exact. |
| Avant la première comparution devant la chambre | La chambre vérifie l’identité et recueille les déclarations ; l’audience est publique sauf exception légale. | Préparer les pièces d’identité, le numéro de dossier étranger, une chronologie, les informations sur d’éventuelles remises antérieures et les urgences médicales. |
| Les jours suivants | Le calendrier dépend du consentement et de la procédure concernée. | Noter la date de présentation au procureur général et celle de la première comparution : ces dates déclenchent des délais différents. |
Quel cadre juridique s’applique à l’audience de Nancy ?
Pour une demande émanant d’un État hors UE, l’instrument applicable peut être la Convention européenne d’extradition de 1957, un traité bilatéral ou les dispositions du Code de procédure pénale relatives à l’extradition de droit commun. Il faut identifier l’instrument effectivement applicable entre la France et l’État requérant, y compris les protocoles et réserves pertinents ; ne présumez pas qu’un même régime conventionnel vaut pour toutes les demandes. Les motifs détaillés de refus et les preuves nécessaires relèvent de la page française sur les recours contre l’extradition. Un mandat d’arrêt européen (MAE) émis par un autre État membre de l’UE relève d’un régime distinct de remise prévu aux articles 695-11 et suivants. La même chambre locale peut intervenir, mais les délais et critères juridiques diffèrent.
Quels délais la chambre de Nancy applique-t-elle ?
Les délais d’extradition de droit commun dépendent du consentement et partent de la présentation au procureur général ou de la comparution devant la chambre, non tous de l’interpellation.
| Procédure et événement | Délai légal | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Extradition de droit commun : consentement déclaré au procureur général | Première comparution dans les 5 jours ouvrables suivant la présentation (article 696-13). | La chambre explique les conséquences avant de constater le consentement. |
| Extradition de droit commun : refus déclaré au procureur général | Première comparution dans les 10 jours ouvrables suivant la présentation (article 696-15). | L’avis motivé est normalement rendu dans le mois suivant la comparution, sauf supplément d’information. |
| Consentement confirmé devant la chambre | Constaté dans les 7 jours suivant la comparution si les conditions légales sont réunies, sauf supplément d’information (article 696-14). | L’arrêt n’est pas susceptible de recours ; consentir ne signifie pas seulement renoncer à une audience. |
| MAE : première comparution | Dans les 5 jours ouvrables suivant la présentation au procureur général (article 695-29). | Il s’agit d’une remise européenne, pas d’une extradition de droit commun. |
| MAE : consentement ou refus | En principe, 7 jours après la comparution si le consentement est maintenu, ou 20 jours après la comparution en cas de refus, sous réserve des exceptions légales (article 695-31). | Une décision de refus peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation ; le consentement au MAE est irrévocable. |
| MAE : demande de mise en liberté | Possible à tout moment ; décision au plus tard dans les 15 jours suivant la demande. Si la première comparution n’a pas encore eu lieu, le délai ne commence qu’après celle-ci (article 695-34). | Conservez les dates de dépôt et de comparution et maintenez à jour l’adresse déclarée. |
Les délais ci-dessus reflètent les dispositions consolidées vérifiées au 29 octobre 2026 ; vérifiez le texte en vigueur et l’instrument conventionnel applicable à la demande concrète.
Les numéros d’articles indiqués correspondent aux règles en vigueur vérifiées au 29 octobre 2026. L’ordonnance n° 2025-1091 du 19 novembre 2025 réécrit la partie législative du Code de procédure pénale à compter du 1er janvier 2029 ; pour toute procédure se poursuivant à partir de cette date, il faudra vérifier à nouveau les dispositions applicables, leur numérotation et les règles transitoires.
Où la personne peut-elle être détenue et comment la famille peut-elle aider ?
En vertu de l’article 696-11, lorsqu’une personne n’est pas laissée en liberté dans une procédure d’extradition de droit commun, elle peut être placée à la maison d’arrêt située au siège de la cour d’appel compétente. Pour un dossier attribué à Nancy, l’annuaire officiel mentionne la Maison d’arrêt de Nancy-Maxéville, 300 rue de l’Abbé Haltebourg, 54320 Maxéville, téléphone 03 83 93 72 20. Confirmez le lieu réel de détention avant d’envoyer des documents ou d’organiser une visite : toute interpellation dans la région ne conduit pas automatiquement à cet établissement.
Demandez à l’avocat de confirmer le lieu de détention et les règles d’autorisation de visite ; une visite ordinaire ne donne pas accès au dossier judiciaire. Envoyez des copies sauf demande expresse d’originaux. Les pièces utiles comprennent les documents d’identité et de résidence, les liens familiaux, les informations médicales urgentes et les documents provenant de l’État requérant. Conservez les originaux et signalez les traductions déjà disponibles.
Les informations doivent être communiquées dans une langue comprise par la personne, avec un interprète si nécessaire. L’avocat doit vérifier la qualité de l’interprétation et le procès-verbal. La nationalité ne prouve pas à elle seule que l’interprétation est adéquate ; un proche ne remplace pas automatiquement un interprète judiciaire.
Que montre la jurisprudence de la Cour de cassation pour un dossier de Nancy ?
Dans l’arrêt Cour de cassation, chambre criminelle, 7 août 2019, n° 18-84.182, la Cour a cassé un avis favorable rendu par la chambre de l’instruction de Nancy parce qu’elle n’avait pas vérifié si la prescription était acquise au regard du droit français à la date de la demande d’extradition. Cet arrêt ne fixe aucun délai de prescription universel : il faut vérifier, pour la demande concernée, le traité applicable, le droit pertinent et les actes susceptibles d’interrompre la prescription.
Dans une autre affaire d’extradition liée à Nancy, Cour de cassation, chambre criminelle, 11 octobre 2022, n° 22-80.654, la Cour a confirmé un avis favorable relatif à une demande américaine visant un ressortissant luxembourgeois. La France devait communiquer à l’État membre dont l’intéressé avait la nationalité suffisamment d’éléments de fait et de droit pour qu’il puisse envisager d’émettre un mandat d’arrêt européen, mais n’avait pas à attendre indéfiniment un refus formel après lui avoir accordé un délai raisonnable. La Cour a également confirmé qu’une objection fondée sur un risque de détention inhumaine exige des éléments objectifs, fiables, précis et actualisés sur les conditions probables de la personne ; des rapports généraux ou anciens ne suffisaient pas dans cette affaire. Cette décision dépend des faits et ne garantit ni l’autorisation ni le refus de l’extradition. Pour les motifs de refus et les preuves, voir la page française sur les recours contre l’extradition.
Dans un arrêt plus récent, Cour de cassation, chambre criminelle, 27 mai 2026, n° 25-84.904, la Cour a rejeté un grief relatif aux conditions de détention dans une affaire algérienne après que la chambre eut obtenu des informations complémentaires décrivant des salles collectives de 120 à 145 m², une liberté de circulation, au moins six heures à l’air libre et l’absence d’autres facteurs aggravants. Cette décision illustre une limite : une allégation générale ou une contestation abstraite de l’espace personnel peut ne pas suffire lorsque le dossier contient des informations concrètes et actuelles. La défense doit rechercher des éléments propres à la personne sur le nombre d’occupants, l’espace réellement disponible, le temps hors cellule et les risques supplémentaires ; l’arrêt ne signifie pas que les assurances de l’État requérant suffisent toujours.
Quelles décisions peuvent être contestées et devant quelle juridiction ?
En extradition de droit commun, la chambre de l’instruction rend un avis judiciaire distinct du décret ultérieur d’autorisation du Gouvernement. L’article 696-15 limite le pourvoi en cassation contre cet avis aux vices de forme portant atteinte aux conditions essentielles de sa légalité. Le décret gouvernemental relève d’une voie de contestation distincte devant le Conseil d’État. Pour un MAE, le refus de remise peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation au titre de l’article 695-31 ; une demande de mise en liberté est une démarche distincte relative à la détention, non un recours contre la remise. Les motifs de refus, les preuves et les délais détaillés relèvent de la page française sur les recours contre l’extradition ; la séquence nationale figure dans le guide français de l’extradition.
Que transmettre en premier à l’avocat ?
- Le lieu exact, la date et l’heure de l’interpellation ainsi que l’autorité qui l’a effectuée ; ne vous fiez pas au nom d’un aéroport ou à la ville la plus proche.
- Tous les documents disponibles : mandat, notice rouge, arrestation provisoire, demande formelle d’extradition ou MAE.
- Identité, nationalité, langue préférée et variantes du nom figurant au dossier étranger.
- Numéro du dossier étranger, juridiction ou parquet, chefs d’accusation, textes de peine, jugement et dates des faits allégués.
- Tout document relatif à une extradition antérieure, à un MAE, à une expulsion ou à un éloignement : ces procédures sont distinctes.
- Documents d’identité, de résidence, de santé et de situation familiale ; conservez les originaux et transmettez les scans de manière sécurisée.
- Coordonnées de l’avocat à l’étranger et tout délai ou date d’audience déjà notifié.
Exemple hypothétique : une personne est interpellée à Nancy à la suite d’une demande formelle d’extradition d’un État hors UE. La famille note l’heure et contacte un avocat. Celui-ci vérifie la présentation dans les 48 heures, demande l’accès au dossier et un interprète, puis consigne la date de départ du délai de 5 ou 10 jours ouvrables avant la première comparution. Si l’interpellation a eu lieu à l’aéroport de Lorraine, à Goin, il faut confirmer le parquet et la juridiction compétents puisque l’aéroport est en Moselle ; le guide de Metz peut aider. Si les seuls éléments sont une notice rouge ou un signalement d’arrestation provisoire, il faut d’abord confirmer si la procédure sur demande formelle a commencé.
Questions fréquentes des familles
Le tribunal de Nancy décide-t-il à lui seul si la personne sera finalement envoyée à l’étranger ?
Non, pas dans une extradition de droit commun. La chambre de l’instruction rend un avis judiciaire ; l’étape gouvernementale est distincte. Le MAE obéit à ses propres règles de remise.
La personne peut-elle parler à un avocat avant la première audience de la chambre ?
Pour l’extradition de droit commun, l’article 696-10 prévoit un avocat choisi ou commis d’office, un entretien immédiat et un accès immédiat au dossier au stade du procureur général. Demandez à l’avocat de confirmer la procédure applicable et le lieu réel de détention.
Une notice rouge d’INTERPOL équivaut-elle à un mandat d’extradition ?
Non. Une notice d’INTERPOL n’est ni une demande formelle d’extradition ni un MAE. Les documents de l’autorité ayant procédé à l’interpellation permettent d’identifier la procédure réellement engagée.
L’aéroport Metz–Nancy–Lorraine relève-t-il du ressort de Nancy ?
L’aéroport se trouve à Goin, en Moselle, en dehors des trois départements mentionnés dans la description publiée du ressort de la Cour d’appel de Nancy. Vérifiez l’attribution territoriale auprès de l’autorité chargée du dossier ; ne déduisez pas la compétence du nom commercial de l’aéroport.
Sources officielles et décisions de justice
- Code de procédure pénale, extradition de droit commun, notamment articles 696-10, 696-11, 696-13, 696-15 et 696-17.
- Code de procédure pénale, comparution, remise et mise en liberté au titre du MAE, articles 695-29 à 695-35.
- Ministère de la Justice / Service Public — fiche de la maison d’arrêt de Nancy-Maxéville.
- Cour d’appel de Nancy, publication officielle de 2019 indiquant son ressort et classant la Moselle hors ressort.
- Légifrance, décret n° 2026-839, article 2 — terminal de l’aéroport à Goin, en Moselle.
- INTERPOL — explication officielle des notices rouges.
- Cour de cassation, chambre criminelle, 7 août 2019, n° 18-84.182, ECLI:FR:CCASS:2019:CR01551.
- Cour de cassation, chambre criminelle, 11 octobre 2022, n° 22-80.654, ECLI:FR:CCASS:2022:CR01225.
- Cour de cassation, chambre criminelle, 27 mai 2026, n° 25-84.904 — appréciation actuelle des preuves relatives aux conditions de détention.
- Ordonnance n° 2025-1091 du 19 novembre 2025 réécrivant la partie législative du Code de procédure pénale à compter du 1er janvier 2029.
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