L’extradition par pays

Extradition depuis la Bosnie-Herzégovine : procédure et avocat

En Bosnie-Herzégovine, la Cour de Bosnie-Herzégovine (Court of Bosnia and Herzegovina, juridiction étatique compétente) vérifie si les conditions légales de l’extradition sont réunies ; si elles le sont, le ministre de la Justice de Bosnie-Herzégovine prend la décision exécutive finale sur la remise. La procédure ordinaire est centralisée au niveau de l’État, et non tranchée séparément par les juridictions des entités ou des cantons. Si une personne est arrêtée avant l’arrivée de la demande formelle et des pièces justificatives, la détention provisoire est normalement limitée à 18 jours et peut être prolongée, sans dépasser 40 jours au total. Après réception d’une demande formelle, un régime distinct régit la détention extraditionnelle.

La procédure dépend de l’État requérant, des traités applicables, de la nationalité de la personne et du stade atteint. Le principal texte interne est la loi sur l’entraide judiciaire internationale en matière pénale (Law on Mutual Legal Assistance in Criminal Matters), publiée au Journal officiel de Bosnie-Herzégovine n° 53/09 et modifiée par le n° 58/13. Le texte anglais cité ci-dessous est une traduction : dans un dossier réel, il faut vérifier le texte officiel dans les langues locales et le traité applicable entre les deux États. Cette page fournit des informations générales, et non un avis juridique individuel. Pour une vue d’ensemble transfrontalière, consultez le guide général sur le déroulement de l’extradition.

Qui décide : la Cour de Bosnie-Herzégovine ou le ministre de la Justice ?

En vertu de l’article 36, le ministère de la Justice de Bosnie-Herzégovine (Ministry of Justice of Bosnia and Herzegovina) transmet rapidement la demande au parquet de Bosnie-Herzégovine (Prosecutor’s Office of Bosnia and Herzegovina). Le parquet vérifie sa conformité aux exigences légales. Si le dossier est incomplet, il demande au ministère d’obtenir les pièces manquantes ; si le dossier est complet, il le transmet rapidement à la Cour.

Le juge de la procédure préliminaire de la Cour traite la première comparution et les questions de détention. Après avoir entendu le procureur et la défense, il peut effectuer les actes d’instruction nécessaires puis transmettre le dossier à une formation de jugement. Celle-ci décide si les conditions légales de l’extradition sont remplies. Une décision positive n’ordonne pas à elle seule la remise : après les voies de réexamen prévues par la loi, le ministre de la Justice décide d’accorder ou non l’extradition. Les articles 43 à 46 distinguent donc l’appréciation judiciaire de la décision exécutive finale.

Un mandat d’arrêt international n’est pas le seul point de départ possible. Selon l’article 36(4), si la personne n’a pas été arrêtée sur la base d’un tel mandat, le parquet doit saisir la Cour d’une requête motivée afin qu’elle examine les conditions de l’extradition et solliciter une détention provisoire si les motifs légaux existent.

Quelle loi et quel accord international régissent la demande ?

InstrumentQuand s’applique-t-il ?Point pratique
Loi sur l’entraide judiciaire internationale en matière pénale, articles 32 à 56Cadre interne, sauf disposition contraire d’un accord international contraignant.Les articles 33 à 35 traitent des seuils et des pièces ; les articles 36 à 46 de la procédure principale ; les articles 48 à 52 de la spécialité, de la remise et de l’extradition simplifiée ; les articles 54 et 55 des pièces tardives et des changements de circonstances.
Convention européenne d’extradition (STE n° 024)Lorsqu’elle est en vigueur entre la Bosnie-Herzégovine et l’État requérant.Le Bureau des traités du Conseil de l’Europe indique une ratification le 25 avril 2005 et une entrée en vigueur pour la Bosnie-Herzégovine le 24 juillet 2005 ; son tableau ne mentionne aucune réserve ni déclaration de la Bosnie-Herzégovine pour cette Convention.
Protocoles additionnels STE n° 086 et 098, et troisième protocole additionnel STCE n° 209Uniquement lorsque le protocole concerné lie les deux États.La Bosnie-Herzégovine est partie à ces trois protocoles. Le troisième concerne notamment l’extradition simplifiée et le consentement ; vérifiez les relations conventionnelles et les déclarations.
Accords bilatéraux d’extradition sélectionnésLorsque la demande concerne la Bosnie-Herzégovine et un État lié par un accord.Le registre du ministère de la Justice recense des instruments avec la Croatie (en vigueur le 6 mars 2014), le Monténégro (30 juin 2015), la Macédoine du Nord (10 janvier 2007 ; modifié le 30 juillet 2014), la Serbie (2 décembre 2014) et la Slovénie (18 février 2006). L’article 40 autorise des exceptions conventionnelles à la règle générale sur la nationalité ; il faut vérifier le texte applicable, les infractions couvertes et les limites temporelles pour la paire concernée.
Traité bilatéral ou autre convention multilatérale applicableLorsque les deux États sont liés par un accord concernant l’infraction ou la procédure.Le traité peut modifier le canal de transmission, les pièces requises ou la procédure. Vérifiez la paire d’États et les déclarations applicables.

La Bosnie-Herzégovine n’est pas membre de l’Union européenne ; le mandat d’arrêt européen (MAE) n’est donc pas la procédure de remise vers ou depuis ce pays. Si la demande vient d’un pays de l’UE, il faut tout de même identifier le traité qui lie les deux États : le statut général d’une convention ou d’un protocole ne prouve pas qu’il s’applique à cette relation bilatérale précise.

Que se passe-t-il après le dépôt d’une demande étrangère ?

Le tableau décrit la procédure légale ordinaire. Un traité peut influer sur la transmission et les pièces ; il n’existe pas de délai universel pour l’ensemble du dossier. Il faut vérifier le point de départ de chaque délai.

ÉtapeAutoritéDélaiAction possible de la défense
1. Transmission de la demandeMinistère de la Justice de Bosnie-HerzégovineLes articles 32 à 56 ne fixent pas de délai global unique.Identifier l’État requérant et le traité probable ; demander par l’intermédiaire du conseil la demande et ses annexes.
2. Vérification de la complétudeParquet de Bosnie-HerzégovineL’article 36 exige une action rapide, mais ne fixe aucun nombre précis de jours.Vérifier l’identité, le mandat, l’acte d’accusation ou le jugement, les dispositions pénales et les traductions.
3. Première comparution et détention provisoirePolice compétente, puis juge de la procédure préliminaire de la CourArticle 38 : jusqu’à 18 jours, prolongeables jusqu’à 40 jours au total pendant l’attente des pièces.Noter le début de la détention et chaque ordonnance. Le juge doit expliquer sans délai les motifs et les éléments de la demande. La personne peut choisir un avocat ; la désignation d’office selon cette disposition dépend du caractère obligatoire de la défense pour l’infraction en droit bosnien.
4. Demande formelle et détention extraditionnelleJuge de la procédure préliminaire, sur requête du parquetArticle 39 : jusqu’à l’exécution, mais au maximum six mois à compter du placement en détention. La libération s’impose lorsque les motifs disparaissent.Vérifier les motifs : risque de fuite ou d’évitement de la remise, destruction ou dissimulation de preuves, ou influence sur les témoins et autres participants. La détention ne doit pas être ordonnée si la demande montre clairement que l’extradition n’est pas justifiée. D’autres mesures peuvent être prises dans des circonstances particulières ; la mise en liberté sous caution n’est pas automatique.
5. Examen judiciaireFormation de la Cour ; formation de la Division d’appel pour le réexamenArticle 44 : trois jours à compter de la réception pour faire appel d’une décision positive.Obtenir la décision écrite et calculer le délai à partir de sa réception. Une décision négative suit la procédure distincte de l’article 45 ; la Division d’appel peut la confirmer, l’annuler, renvoyer l’affaire ou la réformer, et prolonger la détention jusqu’à ce qu’elle devienne définitive.
6. Décision exécutive finaleMinistre de la JusticeAucun délai global unique n’est prévu par les dispositions citées.Vérifier le dossier complet, le traité et tout changement important. Une décision judiciaire positive ne contraint pas le ministre à accorder l’extradition.
7. RemiseMinistre de la Justice ; INTERPOL Sarajevo coordonne et la police des frontières assure le transfertArticle 51 : la remise doit avoir lieu dans les 30 jours suivant la décision du ministre. Si l’État requérant ne récupère pas la personne sans motif valable dans les cinq jours suivant la date convenue pour la remise, elle doit être libérée ; sur demande expresse et justifiée, ce délai peut être porté à 15 jours.Conserver la décision finale et la date prévue ; vérifier le transfert, les conditions conventionnelles et tout changement imposant une nouvelle procédure.

Deux précisions sont importantes. Si la personne était déjà détenue pour un autre motif, l’article 38(7) fait courir le délai de prolongation à compter de l’ordonnance de détention provisoire. Si les pièces n’arrivent pas dans le délai fixé par la Cour, la détention provisoire doit prendre fin, mais l’affaire ne s’arrête pas nécessairement : l’article 54 permet à la Cour de décider de poursuivre la procédure d’extradition malgré le dépassement du délai, et l’article 38(6) permet de nouvelles mesures si la demande arrive plus tard. Après une libération due à l’expiration de la détention provisoire, l’article 38(8) interdit une nouvelle détention provisoire ; une détention extraditionnelle peut toutefois être ordonnée sur demande formelle si les motifs de l’article 39 existent.

Que doit établir l’État requérant et quelles pièces faut-il vérifier ?

L’article 33 autorise l’extradition aux fins de poursuites ou d’exécution d’une peine d’emprisonnement définitive. Le fait doit être punissable dans les deux États : c’est la double incrimination. Pour les poursuites, l’infraction doit être passible d’au moins un an d’emprisonnement dans les deux systèmes ; pour l’exécution d’une peine, il doit rester au moins quatre mois de la peine définitive. Vérifiez aussi le traité applicable.

L’article 34 traite notamment de la nationalité, du statut d’asile au moment de la demande, des liens territoriaux avec la Bosnie-Herzégovine ou ses ressortissants, de la prescription, des procédures nationales antérieures, de l’identité et des preuves. Il couvre également les infractions politiques ou militaires, les poursuites ou sanctions discriminatoires et les infractions passibles de la peine de mort, sauf garantie qu’elle ne sera ni prononcée ni exécutée. Les motifs détaillés de refus relèvent du guide distinct sur l’arrêt de l’extradition.

Sauf disposition contraire du traité applicable, l’article 35 exige :

  • des éléments fiables d’identification : description précise, photographie ou empreintes, et informations sur la nationalité ;
  • les dispositions pertinentes du droit pénal de l’État requérant ;
  • pour des poursuites, l’original ou une copie authentifiée de l’acte d’accusation, du mandat d’arrêt ou d’un acte équivalent décrivant les faits et la personne et présentant les éléments justificatifs ;
  • pour l’exécution d’une peine, l’original ou une copie authentifiée du jugement et les informations sur la peine prononcée ou restant à purger ;
  • une traduction certifiée de la demande et des pièces dans l’une des langues officielles de Bosnie-Herzégovine, sauf disposition conventionnelle contraire.

Si le passeport et le mandat désignent des personnes différentes, signalez la divergence à l’avocat. Une simple traduction du nom de l’infraction ne suffit pas pour apprécier la double incrimination : les faits allégués et les dispositions pénales des deux États comptent.

Que se passe-t-il si la personne est citoyenne de Bosnie-Herzégovine ou possède une double nationalité ?

Les articles 34(a) et 40 interdisent en principe l’extradition d’un citoyen de Bosnie-Herzégovine, sauf si un traité autorise l’extradition de ses propres ressortissants. Lorsque la nationalité est établie, l’article 40 prévoit une notification par le canal INTERPOL de l’État requérant et au Secrétariat général d’INTERPOL ; l’État requérant peut être informé qu’il peut demander le transfert des poursuites aux autorités compétentes de Bosnie-Herzégovine.

Fournissez un certificat de nationalité, les pièces d’identité et les documents concernant tout changement ou rétablissement de nationalité. Un second passeport ne tranche pas la question : il faut vérifier le traité et ses exceptions. Si la Cour établit ultérieurement une nationalité bosnienne qui n’avait pas été identifiée auparavant, l’article 40(5) prévoit la libération immédiate lorsque les autorités locales ne peuvent reprendre les poursuites et qu’aucun autre fondement légal de transfert n’existe. Le MAE ne crée aucune exception automatique.

Cette exception a une portée pratique. Le registre des accords bilatéraux du ministère de la Justice recense des instruments d’extradition avec la Croatie (en vigueur depuis le 6 mars 2014), le Monténégro (30 juin 2015), la Macédoine du Nord (10 janvier 2007 ; modifié le 30 juillet 2014), la Serbie (2 décembre 2014) et la Slovénie (18 février 2006). L’article 40 prévoit expressément des exceptions conventionnelles à la règle sur la nationalité ; il faut donc identifier l’État requérant et le traité applicable avant de déterminer la portée de l’article 34(a) dans un cas concret. Vérifiez le texte, ses modifications, les infractions couvertes et son champ temporel : ni l’interdiction nationale ni l’exception conventionnelle ne doit être supposée applicable à toute infraction ou à toute date.

Une notice rouge d’INTERPOL signifie-t-elle que l’extradition est approuvée ?

Non. Un mandat international ou une notice INTERPOL peut déclencher une action policière, mais ne constitue ni la décision de la Cour sur les conditions légales ni la décision finale du ministre. Obtenez les détails de la notice et de l’arrestation et distinguez l’alerte de la demande formelle et des preuves. Consultez le guide pour vérifier une notice rouge INTERPOL et le guide sur les notices rouges, diffusions et demandes à la CCF.

Peut-on consentir à une extradition simplifiée ?

L’article 52 permet à la personne recherchée de consentir à la remise selon une procédure simplifiée, sans procédure complète d’extradition. Le juge de la procédure préliminaire doit expliquer cette option et ses effets. La Cour consigne le consentement et toute renonciation à la règle de spécialité ; le procès-verbal doit préciser que la personne n’est pas citoyenne de Bosnie-Herzégovine et être signé par elle. Selon l’article 52(4), le consentement et la renonciation sont irrévocables en droit interne. Le Bureau des traités ne répertorie aucune déclaration bosnienne au titre de l’article 4(5) du troisième protocole autorisant leur révocation. Lorsque ce protocole s’applique, le consentement doit aussi être libre et éclairé, avec droit à un avocat et à un interprète si nécessaire. Vérifiez le traité et les déclarations.

Dans cette voie, la demande formelle peut ne pas être nécessaire : la Cour transmet le procès-verbal au ministère, puis le ministre décide. L’article 52(6) applique les règles de détention extraditionnelle à la détention ultérieure ; le paragraphe (7) donne à la procédure simplifiée les mêmes effets et exigences que la procédure ordinaire. Le consentement à la remise et la renonciation à la spécialité sont deux choix distincts. La spécialité limite généralement les poursuites ultérieures aux faits pour lesquels la remise a été accordée. L’article 48 traite aussi des faits antérieurs, d’une peine plus lourde y compris la peine de mort, d’un nouveau procès après condamnation par défaut et d’une remise ultérieure à un État tiers. Comme l’article 52 permet une renonciation alors que l’article 48 énumère les conditions de la décision ministérielle, la portée de toute renonciation doit être vérifiée au regard du traité applicable et de la décision elle-même ; ne présumez pas qu’elle supprime toutes les restrictions. Demandez conseil avant de signer.

Que se passe-t-il si plusieurs États demandent la personne ou si la remise est différée ?

Les articles 47 et 49 sont importants si des poursuites ou une peine d’emprisonnement sont en cours en Bosnie-Herzégovine, ou si plusieurs États demandent la même personne. Le ministre peut différer la remise pendant les poursuites locales ou l’exécution d’une peine en Bosnie-Herzégovine. Une remise temporaire pour des actes urgents n’est possible que si elle ne nuit pas à la procédure nationale et si l’État requérant garantit le maintien en détention et le retour à la date fixée par le ministre sur proposition de la Cour. En cas de demandes concurrentes, le ministre tient compte de la gravité et du lieu des infractions, des dates des demandes, de la nationalité, des perspectives de réinsertion sociale et d’une éventuelle extradition ultérieure. Pour des infractions identiques ou similaires, l’extradition peut aussi être accordée pour des faits qui, pris isolément, n’atteignent pas les seuils de peine de l’article 33. Selon l’article 50, l’État requérant ne peut remettre la personne à un État tiers sans le consentement de la Bosnie-Herzégovine et la procédure légale requise. L’article 53 permet une nouvelle extradition si la personne revient en Bosnie-Herzégovine après avoir échappé aux poursuites ou à l’exécution de sa peine dans l’État requérant : une nouvelle demande est nécessaire, mais les pièces justificatives n’ont pas à être présentées de nouveau. Le transit par la Bosnie-Herzégovine est une question conventionnelle distincte : lorsque l’article 21 de la Convention européenne d’extradition s’applique entre les États concernés, vérifiez la demande de transit et les conditions du traité. L’autorisation de transit ne vaut pas décision d’extradition depuis la Bosnie-Herzégovine.

Que fait un avocat spécialisé en extradition à chaque étape ?

Au début, l’avocat identifie le traité, obtient les ordonnances de détention et les pièces disponibles, vérifie les données d’identité du mandat, organise les traductions et note les dates d’arrestation, d’audience et de décision. La légalité et la durée de la détention doivent être examinées séparément du fond de la demande.

Au stade judiciaire, l’avocat vérifie les pièces de l’article 35, la double incrimination et les seuils de l’article 33, la nationalité, le statut d’asile, les procédures connexes en Bosnie-Herzégovine et les conditions du traité. Les besoins d’interprétation et médicaux doivent être consignés ; la personne doit comprendre la différence entre la détention, l’examen judiciaire et la décision du ministre.

Avant la remise, l’avocat vérifie la décision du ministre, les conditions conventionnelles et le calendrier de l’article 51. Selon l’article 55, si une circonstance visée à l’article 34 change après la décision judiciaire définitive mais avant la décision du ministre, le dossier retourne à la Cour pour une nouvelle procédure. Si elle change après la décision du ministre mais avant la remise, le ministre doit annuler sa décision et renvoyer l’affaire à la Cour. Un nouveau document n’arrête pas automatiquement le transfert : sa portée juridique doit être évaluée.

Exemple hypothétique : un ressortissant étranger est arrêté à Sarajevo sur la base d’un mandat international, mais la demande complète n’est pas encore arrivée. L’avocat note la date de début de détention, obtient l’ordonnance et vérifie le délai fixé par la Cour pour recevoir la demande et les pièces, dans la limite de 40 jours de l’article 38. Si les pièces n’arrivent pas, la détention provisoire prend fin, mais l’avocat examine aussi l’article 54 et la possibilité d’une procédure ultérieure ou d’une nouvelle décision de détention. La libération provisoire ne tranche pas à elle seule les conditions légales de l’extradition.

Que préparer dès maintenant pour la personne et sa famille ?

  • Le procès-verbal d’arrestation, la décision de détention, les avis judiciaires et la date de réception de chaque pièce.
  • Tous les passeports, cartes d’identité, certificats de nationalité et documents expliquant les variantes d’orthographe du nom.
  • Tout mandat étranger, acte d’accusation, jugement, calcul de la peine restant à purger et traduction disponible.
  • La preuve de toute demande d’asile actuelle ou antérieure en Bosnie-Herzégovine, avec la date de dépôt et les décisions reçues.
  • Les informations sur une affaire, une enquête, une peine ou une décision définitive connexe en Bosnie-Herzégovine.
  • Les documents médicaux ou informations sur un traitement urgent pertinent pour la détention ou le transfert en sécurité.
  • Un contact familial fiable et les coordonnées de l’avocat déjà mandaté dans l’État requérant.

Contactez un avocat même si le dossier est incomplet. Transmettez les pièces disponibles, indiquez ce qui manque et conservez les originaux. Un avocat étranger peut coordonner la défense avec un conseil en Bosnie-Herzégovine, mais les démarches locales et les délais courts exigent une réaction rapide dans la procédure elle-même.

Quelle voie de recours ou de protection des droits peut exister après la décision de la Cour ?

Une décision judiciaire positive peut faire l’objet d’un recours prévu par la loi ; une décision négative est réexaminée séparément selon l’article 45. L’article 46(2) prévoit que la décision finale du ministre ne peut faire l’objet d’un appel ni d’un recours contentieux administratif. Un recours constitutionnel ou une requête devant la Cour européenne des droits de l’homme exige une analyse distincte de la recevabilité et de l’épuisement des voies internes ; il ne faut pas supposer qu’il suspend automatiquement la remise. Les motifs détaillés de refus, délais et mesures provisoires relèvent du guide distinct sur les recours. L’extradition est différente de l’éloignement ou de l’expulsion en droit des étrangers ; voir extradition et expulsion.

Combien de temps dure l’ensemble de la procédure ?

Les dispositions citées ne fixent pas de délai universel de bout en bout. La durée dépend de la demande, du traité, de la détention, du réexamen et de la décision du ministre. Les principaux délais sont jusqu’à 40 jours au total pour la détention provisoire, six mois au maximum pour la détention extraditionnelle selon l’article 39, trois jours à compter de la réception pour faire appel d’une décision positive, et les délais de remise de l’article 51. Conservez les ordonnances et notez leur date de réception.

Questions fréquentes

Une notice rouge remplace-t-elle la demande formelle d’extradition ?

Non. Elle peut entraîner une action policière ou une détention provisoire, mais la procédure formelle et les pièces requises restent importantes.

La libération est-elle automatique après 40 jours ?

La détention provisoire doit prendre fin si la demande et les pièces ne sont pas reçues dans le délai fixé par la Cour, qui ne peut dépasser 40 jours au total. Toutefois, l’article 54 permet à la Cour de poursuivre la procédure malgré le dépassement et l’article 38 n’exclut pas des mesures ultérieures. Après une libération due à l’expiration de ce délai, une nouvelle détention provisoire est interdite ; une détention extraditionnelle peut être ordonnée sur demande formelle si les motifs légaux existent. Il faut vérifier l’ordonnance et le stade précis.

Le ministre peut-il accorder l’extradition après une décision judiciaire définitive constatant que les conditions ne sont pas réunies ?

Non. Une décision négative suit la procédure de l’article 45 ; une fois le résultat négatif définitif, le ministère doit refuser l’extradition. Le ministre ne remplace pas l’appréciation judiciaire.

Une demande d’asile bloque-t-elle automatiquement toute extradition ?

L’article 34 prend en compte le statut d’asile au moment de la demande, mais les effets d’une demande précise et toute question de non-refoulement doivent être examinés au regard des règles nationales et internationales applicables.

Sources et documents officiels

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Dernière mise à jour: 2026-10-26

Auteur: Razmik Khachatrian

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